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BFMTV épinglée pour un reportage (très) élogieux sur Gabriel Attal

« Remarquable sujet fayoteur sur un remarquable fayot. Fayotage au carré. » Voilà comment le journaliste Daniel Schneidermann, spécialisé dans la critique des médias, résume ce reportage de BFMTV sur le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse, Gabriel Attal, diffusé le 13 août. En effet, à le regarder, on pourrait croire qu’il s’agit d’un clip de promotion du gouvernement. Attal y apparaît détendu et très actif : « Le secrétaire d’Etat tient à montrer qu’il est sur le pont pendant l’été. » Il va donc « au contact, sur le terrain », comme le dit la voix off, dans le Finistère en l’occurrence. Quelques prises de vue en contre-plongée achèvent le travail. 

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Brosse à reluire

Et Gabriel Attal en profite pour sortir la brosse à reluire concernant Emmanuel Macron : « On a un président de la République exigeant en terme de travail. Il nous a demandé à la fois de prendre des forces, parce que c’est important de savoir aussi se reposer, et en même temps de rester mobilisés sur nos dossiers et nos sujets. » Le reportage a été abondamment raillé sur Twitter, par des internautes estimant qu’il manquait sensiblement de recul…

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A Paris, l’errance des familles de migrants à la recherche d’un endroit où dormir

18h00, près de la porte d’Aubervilliers, dans le 19e arrondissement de Paris, nous sommes le 17 juillet. Comme tous les soirs, une dizaine de familles s’installent en face du centre social du quartier Rosa-Parks. L’association Utopia 56 entretient un réseau de contacts solidaires prêts à ouvrir leurs portes pour une ou plusieurs nuits à des familles de réfugiés démunies. Une solution d’urgence pour remédier au manque de prise en charge de ces personnes par la mairie de Paris ou le Samu social.

Les mamans s’assoient sur les marches en béton, devant un alignement de poussettes. Deux d’entre elles sont enceintes. Elles discutent et surveillent du coin de l’œil leurs enfants qui jouent sur les pavés brûlants. « On est désemparés. On est venus en France pour demander l’asile et être protégés. On se retrouve dehors et sans papiers », expose l’une d’entre elles. « On ne veut plus dormir dehors », poursuit-elle. L’épuisement se lit sur les visages.

Des familles abandonnées à leur sort

Mme Soulé* s’avance vers nous avec ses deux enfants. Près d’elle, l’aîné a cinq ans. Le nourrisson qu’elle porte dans son dos n’a que huit mois. En France depuis trois ans, les époux Soulé, originaires de Côte d’Ivoire, sont sortis du dispositif de demande d’asile qui les hébergeait le 7 juin dernier au terme d’une interminable attente. « On nous a fait espérer et puis on nous a déboutés », regrette Mme Soulé. Trois longues années d’instruction pour finalement se retrouver à la rue.

Billie*, une Sénégalaise de 31 ans, s’inquiète pour son enfant : « Mon fils a un mois. On arrive à être hébergé une nuit par ci, une nuit par là. Des fois, je vais dans la salle d’attente d’un hôpital et on me donne un petit lit pour mon fils. Moi, je ne dors pas. Sinon, on dort dans le métro », explique la maman arrivée en France en 2014. Les membres éloignés de sa famille, chez qui elle habitait, ont refusé de continuer à l’héberger quand son enfant est né.

Nada* enchaîne les nuits dans les couloirs du métro avec son mari et son fils de 6 mois sans trouver d’alternatives. « Je ne comprends pas et je ne sais pas quoi faire. Mon récépissé [de demande d’asile, NDLR] va se périmer demain », se désole-t-elle. La mère est d’autant plus désemparée que sa famille tombe sous le coup de la procédure Dublin qui désigne le premier pays où les empreintes d’un réfugié ont été recueillies comme responsable de sa demande d’asile. Si la police met la main sur cette famille, elle sera transférée en Italie. « Mon petit doit aller à l’école », insiste Nada, désabusée et impuissante.

Certains parents baissent les bras

Autour de la porte d’Aubervilliers, entre 1500 et 2000 personnes dorment dehors, selon l’association Utopia 56. La préfecture de Paris assure elle n’en dénombrer que 1200 sur l’ensemble du territoire parisien.

Jeudi 25 juillet, la chaleur estivale n’épargne pas la capitale. La température atteint un seuil historique et s’approche de 43°. Sur la bordure intérieure du boulevard périphérique, des hommes patientent au milieu des gaz d’échappement sous un soleil de plomb. Ils cherchent l’ombre ou restent allongés sur des bouts de cartons entre les tentes et un amoncellement de bouteilles d’eau vides. Les petits abris de toiles s’alignent en rang serré dans la direction de la porte de la Chapelle. De l’autre côté de la rocade s’étend un campement similaire où règne la même atmosphère lourde et suffocante. Deux univers quasiment symétriques. Trois familles vivent avec leurs enfants sur le premier campement et quatre sur le second. Quelques tentes ont été plantées sur le terre-plein central de la porte d’Aubervilliers. Une famille avec deux enfants occupe l’une d’entre elles. Plus loin, d’autres familles de réfugiés subsistent avec leurs bambins dans des cabanes, érigées sous les arbres en direction de la Porte de la Villette.

En pleine canicule, au moins une dizaine de familles de migrants sans abri et leurs enfants ont donc rejoint ces camps. En cause, une situation incertaine qui s’éternise. À tel point que certains parents baissent les bras et cessent de demander chaque jour de l’aide aux associations. Ils préfèrent encore s’installer dans des abris de fortune.

L’incertitude est le quotidien des mamans isolées

Angela*, 26 ans, est une opposante politique guinéenne qui a fui la répression du président Alpha Condé. Elle doit se débrouiller seule dans les rues de la capitale française avec sa fille de 16 mois que son père a abandonnée. « On est livré à nous-même », résume-t-elle. Ce soir-là, l’association Utopia 56 lui a trouvé un hébergement pour la nuit.

Angela traverse Paris en poussant péniblement sa fille devant elle. La poussette est remplie. Dans le panier situé sous le siège, quelques couches, deux biberons, un peu de lait et de nourriture. Suspendues au guidon, deux sacoches contiennent les affaires de sa fille. Angela porte les siennes dans son sac à dos. Après un long trajet et une douche, il est 23h quand la mère et sa fille dehors depuis 8h, s’endorment enfin. « Demain, c’est un autre jour », murmure Angela qui tente de savourer le dénouement de la soirée.

>>Lire aussi : Au Mesnil-Amelot, les associatifs se retirent d’un centre de rétention pour migrants au bord de l’implosion

Le rituel de l’appel du 115

Il est 9h le lendemain quand Angela et sa fille doivent quitter le logement. Elle compose fébrilement le 115 qui met l’appel en attente. Un rituel qu’elle renouvelle chaque matin depuis trois mois et demi. Au bout d’une bonne heure, un opérateur décroche. Sa demande est relancée. Angela essaie ensuite de joindre au téléphone les autres mamans dispersées dans la capitale et surtout son amie, Mme Soulé. Direction, l’un des accueils de jour pour familles sans abri de la ville situé à proximité.

Ouverts aux familles entre 11h et 13h, les accueils de jour offrent aux parents quelques instants de répit dans leur journée et l’occasion de laver un peu de linge. Passé ces deux courtes heures, les familles se rendent dans les parcs parisiens pour supporter les chaudes après-midi d’été. Les enfants s’occupent comme ils peuvent. Angela ne garde que le strict nécessaire et sa fille ne possède ni jouet ni peluche. La perspective de dormir dehors hante les parents toute la journée. À 18h, les époux Soulé, Billie, Nada, Angela et leurs enfants sont de retour au bord du boulevard Mac-Donald, sur les escaliers où ils se sont quittés la veille.

Un campement pour rendre visible la situation

En juin, une trentaine de personnes sollicitent chaque jour l’association Utopia 56. Mais depuis le début du mois de juillet, plus de 70 personnes dont une trentaine d’enfants se pressent chaque soir auprès de l’association dans l’espoir d’être hébergées. Le pansement que constituent les associatifs craque. Le 9 juillet, Utopia 56 et des familles de migrants choisissent de poser un campement devant le centre social de Rosa Parks pour rendre visible cette situation et exiger « une réelle proposition de mise à l’abri, totale pérenne et inconditionnelle ». En quelques jours, environs 140 personnes rejoignent le campement dont une cinquantaine d’enfants.

La réaction des pouvoirs publics ne se fait pas attendre. Le jour s’est à peine levé le vendredi 12 juillet quand les fonctionnaires de la préfecture de région et de la mairie interviennent. « Il y avait la police et les gens de la mairie de Paris. Ils nous ont fait monter dans un grand bus », rapporte une maman présente ce jour-là. La majorité des personnes évacuées par les équipes de la mairie sont placées dans des centres d’hébergement situés en banlieue, à Ivry (94), Malakoff (92) et Sarcelles (95).

« Ils ont trié les gens », s’émeut Angela qui a assisté à la scène. « Certains sont allés dans des centres, mais les irréguliers, les déboutés et les sans-papiers sont allés dans un LIMA », poursuit-elle. « On ne les trie pas. C’est fou d’entendre ça », s’agace le service de communication de la préfecture de Paris interrogé par Les Inrocks. La préfecture explique que les personnes sont orientées selon leur situation administrative.

« Ils nous ont juste camouflés »

Douze familles, dont des mères isolées avec leurs enfants, sont prises en charge dans le lieu de mise à l’abri du 14e arrondissement (LIMA 14), une solution mise en place et financée par la mairie de Paris. Mais dès le lundi matin, le dispositif municipal les met à la porte. « On m’a promis un hébergement, mais je n’ai eu que trois jours. Lundi matin, j’étais dehors », se lamente Mme Soulé. Parmi les personnes remises à la rue, treize enfants auraient moins de trois ans d’après l’association Utopia 56 qui les retrouve Porte d’Aubervillier. Ils viennent s’ajouter aux quatre familles qui n’ont pas été prises en charge durant le week-end, trois mères seules et un couple avec des enfants en bas âge.

« Ils nous ont juste camouflés pour enlever les tentes », lâche Angela, amère. Pour elle, les personnes placées dans le LIMA du 14e arrondissement n’auraient été hébergées que le temps de faire disparaître le campement qui symbolisait la situation qu’elles tentaient de dénoncer. En l’espace d’un week-end, les familles de migrants sont évacuées, séparées puis dispersées. Elles ne seront pas toutes mises à l’abri de façon durable.

La mairie de Paris et la préfecture se renvoient la patate chaude

Comment ces trente personnes vulnérables se sont-elles retrouvées à la rue au bout de seulement trois jours ? Interrogée par Les Inrocks, la préfecture assure avoir pris en charge toutes les personnes dont elle est responsable. Restent les femmes enceintes et les mères isolées avec des enfants de moins de trois ans. Selon la préfecture, leur prise en charge incombe à la Mairie de Paris. « Les personnes qui ont été orientées lors de cette opération de mise à l’abri sont des familles migrantes. C’est la compétence de l’Etat et du ministère de l’Intérieur d’accueillir les familles migrantes et de les mettre à l’abri », rétorque Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée de la solidarité, de la lutte contre l’exclusion, de l’accueil des réfugiés et de la protection de l’enfance.

Que dit réellement la loi ? Les articles L. 345-2 et L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles (CASF) stipulent qu’il appartient à l’État de mettre en œuvre le droit à l’hébergement d’urgence de toute personne sans abri. Mais l’article L. 222-5 du CASF stipule que l’aide sociale à l’enfance (ASE), qui dépend du département, prend en charge « les femmes enceintes et les mères isolées avec leurs enfants de moins de trois ans ». II appartient donc à la Mairie de Paris, en tant que conseil départemental, de prendre en charge une partie de ces familles. Ce qu’elle n’a pas fait. Sur les trois mères isolées avec des enfants de moins de trois ans, une seule a été placée à l’hôtel à l’issue de son séjour au LIMA. Les deux autres ont été remises dehors avec leurs quatre enfants et contraintes d’appeler le 115.

>>Lire aussi : Un « Bal des migrant.e.s » pour faire danser ensemble Franciliens et sans-papiers

Et pour les autres familles constituées de couples ? Le 13 juillet 2016, le Conseil d’État avait souhaité clarifier la répartition des compétences en termes d’hébergement d’urgence entre l’État et les départements. En cas de carence de l’État, le département peut loger un enfant et sa famille grâce à une aide financière prévue dans le cadre la protection de l’enfance. Le département de Paris avait donc juridiquement la possibilité de prendre en charge toutes les familles présentes dans le LIMA en attendant que l’État prenne le relais – ce qui n’a pas été fait.

Plus d’un mois après l’évacuation du campement, Angela n’a toujours pas été prise en charge. « On nous a dit qu’elle ne s’était jamais présentée au rendez-vous qui lui avait été donné à l’accueil de jour de Bonne Nouvelle », finit par répondre la Mairie de Paris après de nombreuses sollicitations. Angela dit pour sa part ne jamais avoir été informée d’un tel rendez-vous. Sa fille de 16 mois est tombée malade et ses appels renouvelés chaque jour au 115 restent son seul moyen de sortir de cette situation dramatique.

*Les prénoms suivis d’un astérisque ont été modifiés

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Vous avez déjà peut-être consommé une glace aux insectes sans le savoir

Même dans les glaces à l’eau, vous n’êtes pas à l’abri de trouver des ingrédients d’origine animale. Utilisés pour leur capacité à colorer ou à faire briller les produits, les insectes font parfois partie de composition des glaces commercialisées par des géants de l’agroalimentaire. Un ingrédient surprise que révèle une campagne de l’ONG spécialisée dans l’alimentation Foodwatch.

La glace à l’eau et… aux petites bestioles

Sur la liste des produits épinglés par l’ONG : Pirulo Happy, une glace à l’eau multicolore commercialisée par la marque Nestlé. « Pour obtenir cette couleur vive (le rouge, ndlr), un colorant (le E120) est utilisé. Il est fabriqué à partir d’insectes broyés, les cochenilles. Cela est bien indiqué dans la composition, mais très peu de gens savent qu’il s’agit de petits animaux », relève au Parisien Camille Dorioz, responsable des campagnes de l’association.

Les cochenilles entrent dans la composition d’autres produits du géant de l’agroalimentaire. Sur la liste des ingrédients des cornets Extrême saveur café, par exemple, on peut lire « shellac » dans les agents d’enrobage « qui n’est autre que de la sécrétion de cochenilles asiatiques ! Elle donne aux produits un aspect brillant. Nestlé avait fait une campagne de pub sur le mode : Savourez l’inattendu. On peut dire qu’avec des sécrétions d’insectes, ils ont atteint un niveau très élevé d’inattendu ! », poursuit Camille Dorioz. 

Surprenant mais pas illégal. Ce qui choque la responsable de l’ONG, ce sont les techniques de marketing utilisées par les fabricants pour « détourner l’attention du client et l’induire en erreur ». Elle souligne par ailleurs auprès du Parisien l’aspect controversé de cet additif animal qui a un « fort potentiel allergène » et pour lequel il existe des alternatives comme la betterave, qui permet elle aussi d’obtenir une couleur rouge vive. Foodwatch insiste sur la nécessité de mettre à la disposition des consommateurs des étiquettes plus lisibles qui porteraient par exemple la mention « produit d’origine animale »

De la gélatine de bœuf dans les yaourts Yoplait 

Le quotidien rappelle par ailleurs que les yaourts Panier de Yoplait 0%, eux aussi commercialisés par Nestlé, contenaient de la gélatine de boeuf. Epinglée par une autre campagne de Foodwatch, la marque avait fait savoir au mois d’avril qu’elle supprimait l’ingrédient de la recette de ces yaourts, assurant que cette décision avait été prise indépendamment de la campagne menée par l’ONG. « La décision était prise avant. La gélatine n’est pas illégale, mais nous avons décidé de la retirer pour proposer des recettes de plus en plus naturelles », avait déclaré Nestlé auprès du Parisien.

Si nombre de produits Nestlé contiennent des résidus d’animaux, la marque n’est pas la seule avec cette pratique. L’Orangina rouge et les pommes Fuji ont également été pointés du doigt par Foodwatch. 

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Comprendre la crise à Hong Kong en cinq moments-clés

Le petit territoire semi-autonome chinois de Hong Kong vit une crise d’une ampleur inédite, depuis bientôt trois mois. Parti d’une opposition au projet de loi qui permettrait l’extradition de résidents de Hong Kong vers la Chine continentale pour y être jugés, le mouvement s’est étendu pour réclamer le maintien de la démocratie.

>> A lire aussi : La grève générale à Hong Kong en 10 images

• 6 juin : un projet de loi contesté met le feu aux poudres

Tout a commencé fin avril dernier, lorsque le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong révèle son projet d’autoriser les extraditions de la région administrative spéciale (RAS) vers la Chine. Les manifestants qui défilent dans les rues de la ville (ex-colonie britannique rétrocédée à Pékin en 1997, et qui bénéficie d’un régime spécifique) craignent une utilisation politique de la justice. Et pour cause : cette loi permettrait à la Chine de transférer vers elle n’importe quelle personne considérée par Pékin comme « fugitive ».

Dès le 6 juin, 3 000 avocats vêtus de noir descendent dans les rues à Hong Kong, contre cette loi qui « met en péril l’Etat de droit et les valeurs que nous chérissons », selon leurs termes, cités par La Croix. Journalistes, ONG, travailleurs sociaux, hommes d’affaires, prêtres ou pasteurs peuvent en effet rapidement être considérés par la Chine comme participant à une activité criminelle.

• 9 juin : une manifestation historique en défense des libertés

Le 9 juin, le mouvement fait boule de neige. Plus d’un million de personnes (soit un Hongkongais sur sept), selon l’un des organisateurs, défilent dans le territoire contre le projet de loi controversé qui autorisera les extraditions vers la Chine continentale, et en défense des libertés. C’est l’une des marches les plus importantes depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine en 1997.

Le défilé a duré plus de sept heures. Certains manifestants entreprennent alors un premier sit-in devant le Parlement. Les premiers heurts avec la police ont lieu.

• 1er juillet : le parlement local envahi, des affrontements violents commencent

Comme leurs prédécesseurs du mouvement des parapluies (qui avait eu gain de cause en 2014), les manifestants hongkongais comptent bien utiliser le pouvoir de la rue pour faire plier le gouvernement. Le 1er juillet, jour du 22e anniversaire de la rétrocession de Hongkong à la Chine, ils envahissent le parlement local. La police intervient et fait usage de gaz lacrymogènes.

Dès lors, des affrontements violents ont lieu à plusieurs reprises. Le 21 juillet, des hommes vêtus de t-shirts blancs, armés de battes et de bâtons, passent à tabac des manifestants antigouvernement rentrant chez eux à Yuen Long. Ce jour-là, la mobilisation avait visé le Bureau de liaison du gouvernement chinois avec des jets d’œufs et des graffitis.

• 11 août : les violences policières dans le collimateur des manifestants

La cheffe du gouvernement Carrie Lam est contestée par des pans de plus en plus larges de la population. D’autant plus que sa gestion du maintien de l’ordre est calamiteuse. Des violences policières émaillent les manifestations. Déjà le 12 juin, la vidéo d’un photographe s’opposant verbalement aux policiers qui tiraient des gaz lacrymogènes sur les journalistes est devenue virale.

Par la suite, des journalistes perturbent une conférence de presse de la police, l’accusant de faire obstruction à la liberté de la presse.

Le 11 août, une infirmière est éborgnée lors d’une manifestation, à la suite d’un tir de la police.

Le slogan « Œil pour œil » est brandi le lendemain par des manifestants qui décident d’occuper l’aéroport international de Hong Kong en se cachant un œil pour protester contre les violences policières.

• 13 août : des véhicules militaires chinois se rassemblent à Shenzen

Ce 13 août, après dix semaines de protestation, la Chine montre ses muscles. Des camions militaires et des tanks défilent à Shenzen, ville située à la frontière avec Hong Kong, en signe d’avertissement. Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux en témoignent. Selon le tabloïd d’Etat chinois Global Times, ils se rassemblent « en prévision d’exercices à grande échelle ». Parmi les blindés, on repère des véhicules de la Police armée du peuple chinois, une force paramilitaire responsable du contrôle des émeutes et de la lutte contre le terrorisme.

Le 12 août, suite au blocage de l’aéroport international de Hong Kong pour la deuxième journée consécutive, le porte-parole du Bureau des affaires de Hong kong et Macao, Yang Guang, a d’ailleurs estimé que les méthodes des manifestants relèvent des « premiers signes de terrorisme ».

S’il n’est pas dit que la Chine fera usage de la force, elle s’est clairement engagée dans une démarche de dissuasion et d’intimidation. Bluff ou pas ? En tout cas, les manifestants ne semblent pas se laisser intimider. « Plus ils vont taper, plus on va se rebeller », assure une manifestante à Libération. « Voilà pourquoi nous ne céderons jamais”, lançait également le manifestant hongkongais Joshua Wong en postant une vidéo virale de manifestants occupant l’aéroport. Ils y chantent la version anglaise d’A la volonté du peuple, interprétée originellement par Michel Sardou en 1980, devenue l’hymne du mouvement.

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Les tristes images d’une baleine de 13 mètres échouée sur une plage du Finistère

Un rorqual commun de 13 mètres a été retrouvé mort, échoué sur une plage de Penmarc’h, dans le Finistère, le 13 août.

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Le rorqual commun est le deuxième plus grand mammifère de la planète, pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres (Fred TANNEAU / AFP)

L’animal, le deuxième plus grand mammifère de la planète après la baleine bleue, s’est échoué en mer selon l’Observatoire Pelagis, comme le relate Le Parisien.

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Une autopsie doit être réalisée

Une autopsie devait être réalisée ce mercredi 14 août pour déterminer les causes exactes de la mort de l’animal. Il pourrait s’agir soit d’une collision avec un navire, soit d’une mort naturelle. Environ six échouages de cette espèce ont lieu chaque année sur les côtes métropolitaines.

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Parler climat avec Trump ? “Une perte de temps” pour Greta Thunberg

Greta Thunberg l’a dit clairement : pendant son voyage aux Etats-Unis, elle ne discutera pas réchauffement climatique avec Donald Trump. Ce mercredi 14 août, l’activiste part pour un voyage en voilier qui la mènera jusque sur la côte est américaine, en route vers le sommet sur le climat des Nations Unies, à New York, prévu le 23 septembre.

Rendra-t-elle visite à Donald Trump à la Maison Blanche durant son séjour américain ? Peu probable. Interrogée par CBS News sur l’éventualité d’un tel rendez-vous, la jeune militante écologiste s’est montrée très claire : « Pourquoi est-ce que je perdrais du temps à parler avec lui alors qu’évidemment il ne va pas m’écouter ? » Avant d’ajouter auprès de l’AFP : « Je ne peux rien dire qu’il n’a pas déjà entendu. »

>> A lire aussi : Greta Thunberg se rendra au sommet mondial sur le climat de New York en voilier

Il faut dire que le président des Etats-Unis se place plutôt du côté des climatosceptiques que des défenseurs de l’environnement. Dès son accession au pouvoir, Trump s’est illustré en se retirant de l’accord de Paris, dans lequel les pays s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Il serait a priori peu enclin à recevoir le discours de la jeune écologiste qui alerte sur la situation climatique.

Un bateau sans émissions de gaz à effet de serre

L’arrivée du voilier zéro carbone de Greta Thunberg aux Etats-Unis est prévue dans deux semaines. La jeune femme est accompagnée de son père Svante Thunberg et du réalisateur Nathan Grossman pour ce voyage. Le voilier est skippé par l’Allemand Boris Herrmann et le fondateur monégasque de l’équipe Malizia. Pensé pour ne produire aucune émission de gaz à effet de serre, le bateau se déplace grâce à des panneaux solaires et des turbines électriques sous-marines mais dispose le confort à bord est plutôt sommaire : pas de douche, ni frigo et encore moins de climatisation.

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(« ‘Je risque d’avoir un peu le mal de mer, ça risque de ne pas être très confortable’ La militante écologiste Greta Thunberg passera deux semaines sur un bateau qui traversera l’Atlantique pour assister à une conférence d’importance cruciale sur le changement climatique à New York. »)

S’assurer “que la crise climatique est prise au sérieux”

Après ce sommet aux Nations unies, Greta Thunberg a prévu de voyager au Canada et au Mexique, avant de se rendre à la COP 25 au Chili en décembre. Avec pour objectif de s’assurer « que la crise climatique est prise au sérieux et que les gens commencent vraiment à comprendre », comme elle l’explique à l’AFP, et ainsi « créer un mouvement d’opinion mondial, pour que les gens se rassemblent et fassent pression sur les dirigeants ».

>> A lire aussi : Haine anti-Greta Thunberg : “Les gardiens du système climaticide ne trouvent plus d’arguments”

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Crise politique en Italie : “Pour Salvini, c’est l’opportunité d’affirmer sa suprématie”

Le ministre de l’intérieur italien, vice-président du Conseil, et leader de la formation d’extrême droite la Ligue, a mis fin ce jeudi 8 août à la coalition gouvernementale formée entre son parti et le Mouvement 5 Etoiles, plongeant l’Italie dans une crise politique. En position de force depuis les élections européennes, Matteo Salvini souhaite que des élections anticipées soient organisées en Italie d’ici la fin octobre. Marc Lazar, professeur en histoire et en sociologie politique à Sciences Po, et directeur d’un groupe de recherches pluridisciplinaires sur l’Italie contemporaine, explique aux Inrocks ce qui se joue en ce moment en Italie.

Pourquoi Matteo Salvini a-t-il décidé de faire imploser la coalition gouvernementale maintenant ?

Marc Lazar – Le ver était dans le fruit depuis le début dans ce gouvernement. On savait que c’était une coalition improbable et impossible. le Mouvement 5 Etoiles (M5S) et la Ligue ont des points communs mais ils concevaient des politiques différentes, sans parler de la compétition qui existe entre eux et leurs leaders. Plusieurs facteurs expliquent que ça implose maintenant. Les résultats des élections européennes ont inversé le rapport de force entre le M5S et la Ligue. Pour Salvini c’est l’opportunité d’affirmer sa suprématie, d’autant que les sondages lui sont très favorables : pour la Ligue seule, ils sont autour de 35 à 40 % et si on ajoute d’autres partis d’extrême droite comme Frères d’Italie qui est entre 5 et 7 % des intentions de votes, cela fait presque un Italien sur deux. Il y avait aussi une exaspération au sein de sa formation à propos de l’alliance avec le M5S, que certains jugent incompatible avec leur identité. Il y a aussi un facteur technique qui entre en jeu. Normalement la Chambre des députés et le Sénat devaient prendre la décision le 9 septembre de réduire le nombre de parlementaires. C’est une proposition du M5S, à laquelle la Ligue n’est pas hostile dans l’idée, mais qui repousserait la possibilité d’organiser des élections anticipées de plusieurs mois parce que ça changerait la constitution ce qui nécessite un référendum de confirmation. Le dernier point, c’est la situation économique de l’Italie, qui doit élaborer sa loi budgétaire. Si cette coalition se maintenait, les deux formations devraient arriver à un compromis alors que Salvini semble décidé à vouloir élaborer cette loi budgétaire seul. Il n’est pas sûr qu’il obtienne ces élections anticipées, ni qu’il les remporte. Si jamais il y parvenait, l’un des aspects serait la confrontation avec l’Europe sur les questions budgétaires, sans compter le fait qu’il veut avoir le plus de pouvoirs possible. Il a dit lui-même dans une déclaration : « je demande aux Italiens de me donner les pleins pouvoirs », ce qui choque beaucoup dans une démocratie parlementaire.

En demandant les pleins pouvoirs, Matteo Salvini cherche-t-il à faire écho au passé dictatorial de l’Italie ?

Cette idée selon laquelle Salvini est fasciste et qu’il faut chausser les lunettes du passé pour comprendre le présent, même si Salvini comporte un danger incontestable pour la démocratie, est une erreur d’analyse. Il fait des appels subliminaux explicites à une partie ultra-minoritaire de l’électorat italien qui a des nostalgies fascistes. Mais en s’affirmant ainsi, il veut apparaître comme l’homme fort, l’homme d’autorité. Est-ce que ça peut basculer dans l’autoritarisme ? C’est une question à se poser. Il se présente comme « il Decisionismo », l’homme qui décide et qui se passe de toutes les délibérations parlementaires. C’est ce qu’il veut et c’est aussi ce que soutiennent les 35 à 40 % d’Italiens qui lui sont favorables. Dans l’Histoire italienne lorsqu’il y a des moments de crise – et l’Italie vit en ce moment une crise économique, sociale, culturelle, identitaire et politique profonde – il y a une recherche de l’homme providentiel, c’est ce qu’incarne en ce moment Salvini, et c’est ce sur quoi il joue. Mais je ne crois pas qu’il y ait un retour de la menace fasciste : ce sont des formules faciles qui ne permettent pas de comprendre les vrais changements et les vrais risques. Salvini n’est pas pour un Etat fort, n’a pas une idéologie totalitaire, n’utilise pas la violence, n’a pas un projet belliciste – historiquement c’est ce qu’est le fascisme. Mais si jamais il gagnait les élections, il aurait le contrôle des deux assemblées, du gouvernement et pourrait, à la fin du mandat du président de la république en 2022, nommer un président proche de la Ligue. Voir tous les pouvoirs dans les mains d’une seule formation, ça c’est inquiétant. L’horizon de cette concentration des pouvoirs pourrait être une forme de démocratie illibérale en Italie comme il y en a en Pologne ou en Hongrie, mais ce n’est pas atteignable dans l’immédiat. Le fascisme, c’est un parti unique et la violence contre les opposants. On n’en est pas là en Italie, mais il peut y avoir ce risque de dérive.

Comment expliquer ce succès de plus en plus important des partis d’extrême droite en Italie ?

Une partie notable des Italiens, environ un sur deux d’après les données de sondages que l’on a, est favorable à ces idées. C’est extraordinairement important, mais ça veut quand même dire que 50 % des Italiens sont contre. C‘est à l’heure actuelle un pays polarisé, clivé, et plusieurs raisons l’expliquent. D’abord une situation économique et sociale très difficile qu’on sous-estiment beaucoup de personnes en Europe. C’est un pays qui a beaucoup pâti de la crise de 2008, il y a une très faible croissance, le chômage est élevé, les inégalités se sont creusées profondément, on compte aujourd’hui plus de 5 millions de pauvres, ce sont des proportions que le pays n’avait pas connues depuis très longtemps. C’est une Italie en grande souffrance et qui rend responsables les forces de droite et de gauche qui se sont succédées de cette situation. Le paradoxe, c’est que Matteo Salvini est un vieil homme politique. Il est relativement jeune mais il est en politique depuis 1991, et il a réussi le tour de force d’apparaître comme un homme neuf, comme l’homme providentiel qui pourrait sortir l’Italie de cette situation.

La question des migrants est aussi primordiale et ces formations populistes l’ont énormément exploitée. A partir de 2014 des centaines de milliers de migrants sont arrivés dans des conditions absolument dramatiques en Italie et avec eux, le sentiment légitime qu’ont eu les Italiens d’être complètement abandonnés par les pays de l’Union Européenne et en particulier par la France. Les populistes ont amalgamé plusieurs réalités et en ont fait leur fonds de commerce : celle de l’immigration clandestine qui est visible dans les rues et qui exaspère certains Italiens et la présence d’une immigration régulière qui est nouvelle dans l’histoire de l’Italie. On compte aujourd’hui 5 millions d’immigrés en Italie : c’est quatre fois plus qu’en 2001. Ça a été un choc pour ce pays qui n’est pas habitué à une immigration massive. Et les Italiens ont une perception amplifiée de cette présence immigrée. Une enquête d’Eurobaromètre d’il y a un an montrait que les Italiens sont persuadés qu’il y a trois fois plus d’immigrés sur leur sol que ce qu’il y en a réellement. Ça explique en partie les réactions xénophobes et ouvertement racistes qui arrivent en ce moment. Tous ces facteurs ont été exploités et amplifiés par des formations comme la Ligue et Frères d’Italie.

Beppe Grillo – fondateur du M5S – propose un front républicain pour contrer les élections anticipées voulues par Salvini. Est-ce que c’est une option envisageable ?

C’est une hypothèse très surprenante. Grillo a fait toute sa carrière politique en dénonçant les partis avec lesquels il propose de s’allier aujourd’hui contre Salvini. Ça impliquerait un gouvernement avec des membres du Mouvement 5 Etoiles, du Parti Démocrate, de liberté et égalité qui est une formation plus à gauche que le Parti Démocrate et en plus, peut être, des personnalités indépendantes du parlement et quelques députés de Forza Italia de Berlusconi ce qui apparaissait invraisemblable jusqu’ici parce que M5S a toujours critiqué ces partis. Maintenant, il pourrait y avoir un gouvernement de ce type pour éviter des élections anticipées qui seraient désastreuses pour le M5S. D’une part parce que les députés et les sénateurs risquent de perdre leur poste alors ils préfèrent créer des alliances pour maintenir un gouvernement plutôt que de prendre le risque élevé de voir la Ligue triompher. D’autre part, ces formations pensent que, politiquement, Salvini représente un danger pour l’Italie. Ils savent que si la Ligue remportait ces élections elle aurait un pouvoir considérable, Salvini serait président du conseil, ce qui ferait aussi peser une menace sur l’Europe. La Ligue seule ou avec Frères d’Italie c’est un vrai danger pour l’Union Européenne.

Si Salvini arrive au pouvoir seul ou au sein d’une coalition d’extrême droite, est-ce qu’un Brexit Italien pourrait arriver ?

Dans la rhétorique, oui. Même si le gouvernement ne dit pas clairement « on va sortir de l’Union », il proposerait sûrement à la Commission Européenne de bénéficier d’une loi de finance qui permette de creuser le déficit public puisqu’une des grandes revendications de Salvini c’est la réduction des impôts, ce qui accroîtrait obligatoirement le déficit. Là c’est une épreuve de force qui s’engagerait avec la Commission Européenne qui n’accepterait sûrement pas que le déficit soit creusé. Jusqu’où ce bras de fer peut aller, c’est la grande question à laquelle on ne peut pas répondre pour le moment. L’Italexit c’est le projet d’un certain nombre d’économistes proches de Salvini, ça a aussi été son projet jusqu’en 2017-2018. Depuis il n’en a pas clairement reparlé mais ce serait très risqué pour lui parce qu’une majorité d’Italiens est contre actuellement.

Propos recueillis par Adeline Malnis

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