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Quand Pôle Emploi s’inspire de “The Voice” pour placer des chômeurs

Incroyable, mais vrai. StreetPress révèle, dans un article publié le 17 octobre, que plusieurs agences de Pôle Emploi font passer des entretiens d’embauche à des chômeurs, sur le modèle de l’émission de télé-crochet The Voice. Autrement dit, des demandeurs d’emploi sont conduits à répondre à des questions devant trois recruteurs qui leur tournent le dos, jusqu’à ce que l’un d’entre eux daigne se retourner pour montrer son intérêt. Alerté par un salarié de Pôle emploi dans les Hauts-de-France, qui a découvert l’existence de ces entretiens dans l’intranet de l’établissement public, StreetPress donne des détails alarmants.

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A la clé, des postes d’ouvrier en abattoir, électronicien, soudeur…

Ainsi, le cas de cette agence n’est pas isolé. Huit agences de Pôle Emploi au moins, dans plusieurs départements, ont recours à cette procédure étrange, qui fait passer la recherche d’emploi pour un jeu ultra-compétitif. Des documents internes expliquent sans complexes le principe : les « DE » (demandeurs d’emplois) doivent “se présenter à des recruteurs d’agences d’intérim, jusqu’à ce qu’ils se retournent pour signifier qu’ils retiennent le profil ! À la manière d’un célèbre télé-crochet.” D’ailleurs, la charte graphique de The Voice est même reprise par Pôle Emploi, sous le titre : “The Job”. A la clé, des postes d’ouvrier en abattoir, électronicien, soudeur, agent de fabrication, manutentionnaire, maçon, etc.

>> A lire aussi : « Cher Pôle emploi » : les lettres bouleversantes de chômeurs face à la bureaucratie

Un autre agent, qui a été informé de ces procédés, s’indigne : “Les candidats de The Voice font le choix de participer à l’émission. Là, on parle de personnes qui sont au chômage, parfois depuis longtemps. Trouver un travail c’est une nécessité. Pas un jeu.” 

Pôle Emploi suspend l’opération

Le tollé suscité en interne par ces entretiens est remonté jusqu’aux instances parisiennes de Pôle Emploi. Mais, s’il a été demandé de ne plus utiliser la charte graphique de l’émission pour ne pas recevoir de réclamations du producteur, leur principe n’a dans un premier temps pas été remis en cause. Cependant, ce 18 octobre, à la suite d’un article de France Inter, Pôle Emploi a fait son mea culpa.

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Il s’agissait d’une initiative locale maladroite, mais bienveillante, explique-t-on à France Inter. L’idée était d’expérimenter des démarches pour dépasser le CV, valoriser les compétences et lutter contre la discrimination.” Désormais, “The Job” ne devrait plus exister.

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Manuel Valls est le moins apprécié des candidats à la mairie de Barcelone

Le pari de Manuel Valls de devenir le nouveau maire de Barcelone est loin d’être gagné. L’ancien Premier ministre, candidat à la municipalité de la capitale catalane, est en effet le plus mal engagé pour remporter l’élection, d’après un sondage publié par El Periodico, jeudi 18 octobre et relevé par Le Figaro.

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3/10 pour Manuel Valls

L’enquête d’opinion a été réalisée entre le 2 et le 4 octobre auprès de 802 personnes. Trois candidats ont ainsi été notés. Le favori du scrutin, le candidat du parti indépendantiste Ernest Maragall récolte la note de 5,5/10. La maire sortante, Ada Codau se situe juste sous la moyenne avec 4,8/10. Quant à Manuel Valls, qui concourt pour le compte du parti de centre droit Ciudadanos, il est relégué loin derrière avec, seulement, 3/10. Cette mauvaise note ne semble pas être mise au crédit de son éventuel déficit de popularité : l’ancien maire d’Évry est « parfaitement identifié » pour 82,3 % des sondés.

Il reste désormais quelques mois à Manuel Valls pour tenter de renverser l’opinion, l’élection aura lieu le 26 mai 2019.

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380 sportifs adressent une lettre ouverte à Emmanuel Macron

Teddy Riner, Martin Fourcade, Renaud Lavillenie, ou encore Nikola Karabatic… Tous font partie des trois cent quatre-vingts sportifs français qui ont signé une lettre ouverte au président Emmanuel Macron pour demander « le maintien » des moyens et « d’un encadrement public » dans le sport. « La famille du sport est en danger ! », interpellent-ils. Un texte publié dans Le Parisien ce jeudi 18 octobre qui intervient au beau milieu du débat sur le budget à l’Assemblée nationale.

« L’annonce de la suppression de 1 600 cadres techniques d’État d’ici 2022 et la réduction du budget sport pour 2019 sont contradictoires avec l’objectif des performances attendues et désastreuses pour l’héritage qu’on laissera aux nouvelles générations », martèlent les sportifs.

« Le maintien d’un encadrement public »

Comme le rappelle Le Monde, fin juillet, la révélation d’une lettre de cadrage dans laquelle le premier ministre, Édouard Philippe, demandait à la ministre des Sports la suppression de 1 600 équivalents temps plein (ETP) avait déjà remonté le monde du sport.

« Nous souhaitons toutes et tous le maintien d’un encadrement public au sein de nos disciplines sportives afin de garantir la réussite de demain lors des prochaines échéances sportives internationales et olympiques pour la France », insistent-ils. La semaine dernière, des agents du ministère avaient déclenché une grève afin de protester contre cette baisse du personnel.

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Reworld : les journalistes de « Grazia », « Sciences & Vie » et « Télé Star » sur le pied de guerre

« Rien à brander, rien à brader », « Grazia – Reworld media, No grazie », « Magazines en danger de mort »… Journalistes, photographes, secrétaires de rédactions, comptables, et délégués syndicaux des magazines du groupe Mondadori France (Télé Star, Sciences & Vie, Auto Plus, Grazia, Closer) étaient réunis sur la place du Palais Royal, à Paris. Juste en face du Ministère de la Culture. Plus de 200 personnes étaient présentes pour demander aux pouvoirs publics d’intervenir sur la gestion du dossier épineux du rachat du groupe par Reworld Media. Et dont les missions effraient la plupart des salariés : « Un moteur, l’innovation média. Une solution globale intégrée, Branding et Performance. Un objectif, la conversion pour les annonceurs », décrit le site internet du groupe au chiffre d’affaires de 185 millions d’euros.

Le 27 septembre dernier, Reworld Media et le groupe italien éditeur de presse ont entamé des négociations exclusives pour la vente de ces titres. Si elles aboutissent, Reworld se hissera alors au premier rang des groupes détenteurs de la presse magazine. Et mettra en péril la situation de 700 salariés du groupe. Et pour cause, la stratégie du groupe vise avant tout à se débarrasser des journalistes pour les remplacer par des pigistes avec le statut d’auto-entrepreneurs qui ne produisent pas des « articles », mais de « contenus ». Comprendre : des petits textes publicitaires payés au préalable par des annonceurs. C’est ce que l’on appelle aujourd’hui le « brand content », ou « articles sponsorisés ». C’est notamment ce qui s’est passé pour Marie Claire, ou encore Be et Pariscope, tous rachetés par Reworld Media. Six titres du groupe Lagardère ont été rachetés en 2014 par ce géant, qui a fait passer le nombre de journalistes de 90 à 5.

« Cauchemar milanais »

« C’est un peu comme si la ville de Châteauroux voulait racheter le PSG », se désole un journaliste de Grazia, sa pancarte « Rien à brander, rien à brader » à la main. « On a vraiment peur d’être vendu à un groupe totalement anti-journalistique qui vire tous les détenteurs d’une carte de presse », poursuit-il. Il dénonce une logique « où rien ne peut être publié tant que cela n’est pas vendu à l’avance par une marque ». Salarié chez Grazia depuis bientôt 10 ans, il reconnaît que la presse publicitaire existe dans certaines rubriques, « mais l’ADN du magazine c’est aussi des rubriques culture, news et lifestyle totalement hermétiques à la pub », insiste-t-il encore en soulignant « une entreprise rentable ».

Philippe Leruth, président de la fédération internationale des journalistes insiste lui sur le « danger de la marchandisation de l’information ». Le chef de fil du PCF, Pierre Laurent, venu en soutien fustige « une grande menace pour la démocratie ». Les manifestants insistent aussi sur « un système entier qui risque de s’effondrer » : la fabrication, la distribution, les kiosques… C’est d’ailleurs ce qu’ont plaidé en fin de matinée les délégués syndicaux lors d’un rendez-vous avec le ministère de la Culture.

« Les mots ‘presse’ et ‘journalisme’ semblent absents de vos déclarations »

Fin septembre, Reworld Media expliquait dans un communiqué que cet éventuel rachat visait avant tout « à développer un groupe média international majeur, détenteur de solutions média et de marques média qualitatives à fort potentiel, ainsi qu’à associer des compétences complémentaires, des capacités et savoir-faire, afin de faire face aux défis du nouvel environnement de marché ». Une déclaration qui n’a pas pour autant convaincu les salariés de Mondadori France. Dans une lettre ouverte, publiée ce jeudi, la rédaction de Grazia s’est adressée au président de Reworld, Pascal Chevalier : « Vos méthodes et la raison d’être de votre entreprise, décrites dans tous les articles qui vous sont consacrés depuis peu, sont aux antipodes des nôtres et de ce que nous sommes. Les simples mots ‘presse’ et ‘journalisme’ semblent absents de vos sites comme de vos déclarations. »

Alors que la foule commence à se disperser au son de « Tous ensemble, tous semble hé ! », l’affiche de la dernière exposition du Louvre flotte dans l’air, « Rêve d’Italie ». « Nous on est plutôt dans le cauchemar milanais », grince un journaliste…

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Des preuves de torture sur le journaliste saoudien Jamal Khashoggi

Jamal Khashoggi, correspondant saoudien du Washington Post, a disparu le 2 octobre. Entré au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul pour des démarches administratives, il n’a plus jamais été vu depuis. L’hypothèse d’un assassinat politique a rapidement été envisagée par de nombreux médias, diplomates et associations internationales. Khashoggi était manifestement tombé en disgrâce auprès du régime à cause d’une position critique vis à vis de son fonctionnement autocratique. Il était aussi proche des Frères musulmans, confrérie abhorrée par la monarchie sunnite. Cette relation dégradée avait été renforcée par la désignation du jeune prince Mohammed ben Slamane comme prince héritier en juin 2017, ce qui avait entraîné son exil aux Etats-Unis.

Torturé et décapité

L’existence d’un enregistrement audio attestant de la mort par torture du journaliste était avancée depuis plusieurs jours. Le Washington Post, qui avait révélé l’affaire de la disparition du journaliste, attestait le premier de l’existence de documents audio et vidéo qui confirmaient son assassinat par une escouade de miliciens saoudiens. Le 17 octobre, le quotidien turc Yeni Safak avançait avoir eu directement accès à ces preuves révélant que Jamal Khashoggi avait été torturé et décapité. Enfin, le site d’informations anglais Middle East Eye a invoqué une nouvelle source qui aurait écouté les enregistrements, et qui rapporte que l’assassinat aurait duré sept minutes. Elle cite en outre les propos froids d’un des commanditaires, Salah al-Tubaigy. L’homme, médecin légiste, aurait affirmé : “Quand je fais ce travail, j’écoute de la musique. Vous devriez faire la même chose.

Donald Trump, après un entretien téléphonique avec le prince saoudien la semaine dernière, avait d’abord évoqué à ce stade de l’enquête des “tueurs hors de contrôle”, exemptant le pouvoir de toute responsabilité et invoquant la volonté commune des deux régimes de lever le voile sur cette “disparition”. Le président américain s’est montré prudent du fait de la relation privilégiée de Washington avec l’Arabie Saoudite. Ce n’est pas le cas des associations internationales qui ont dénoncé avec véhémence ce qui s’apparente à un crime politique. Effectivement, si le régime saoudien a dans un premier temps nié toute implication, il s’apprêterait dans les prochains jours à faire l’annonce d’un “interrogatoire qui aurait mal tourné”, selon CNN.

« Régime-voyou »

Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch a directement mis en cause le régime saoudien : “Si l’Arabie saoudite est responsable de la disparition de Khashoggi et peut-être de son assassinat, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Union européenne et d’autres alliés de ce pays doivent réviser fondamentalement leurs relations avec des autorités dont le comportement ressemble à celui d’un régime-voyou.” Interrogé par Le Temps, le secrétaire général de Reporters sans frontières Christophe Deloire a aussi dénoncé un “crime d’Etat d’un autre âge” : “On pensait cet âge presque révolu mais avec l’affaiblissement des démocraties, les régimes autocratiques se sentent de plus en plus légitimés, même dans leurs actes les plus vils.”

Directement concerné par la disparition de Jamal Khashoggi, le Washington Post publiait cette nuit le dernier papier rédigé par le journaliste, dont le titre résonne avec les événements dont il a été victime : “Ce dont le monde arabe a le plus besoin, c’est la liberté d’expression”.

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Les Chief Happiness Officer améliorent-ils vraiment le bien être au travail ?

Le 20 septembre, l’émission L’info du vrai sur Canal + a consacré un reportage sur un métier qui a le vent en poupe depuis une petite quinzaine d’années outre-Atlantique et qui a récemment débarqué en France, le Chief Happiness Officer ou CHO. On y suit Lesly qui occupe le poste depuis deux ans dans une agence d’événementiel. Ce matin-là, elle court de bureau en bureau pour prévenir qu’un petit-déjeuner détox attend le personnel. « Carole, c’est bio et sans gluten », ajoute-t-elle comme pour souligner sa connaissance presque intime de chacun des salariés de l’entreprise. Si l’ambiance est détendue autour des croissants et chouquettes, l’objectif d’un tel événement est surtout de « remotiver les troupes ». Pour cela, la CHO galvanise ses ouailles en train de descendre un smoothie. Extraits : « Je pense que dans la vie, je vous le dis juste comme ça, la chance n’existe pas, c’est dans la tête… On a pas de la chance, on est de la chance ! » Vague d’applaudissements dans la salle, sans qu’on détermine les niveaux de sarcasme ou de sincérité.

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La profession est parfois tournée en dérision pour son côté « pansement sur une jambe de bois », ou « réduite à un job de GO du Club Med, à mi-chemin entre la com’ interne et les ressources humaines », résumé Isabelle Rey-Millet, directrice générale d’Ethikonsulting, une boîte spécialisée dans l’accompagnement des entreprises. Pourtant, sa côte de popularité ne cesse de progresser. D’après le site de recrutement qapa.fr, le nombre d’offres pour ce poste a bondi de 967 % entre 2014 et 2016, et de 15 % supplémentaire l’année dernière et, sur le réseau social Linkedin, les offres d’emploi pullulent. Pourtant, depuis son apparition il y a une dizaine d’années dans les start-ups de la Silicon Valley, les CHO génèrent un flot d’interrogations : améliorent-ils vraiment le bien-être au travail ? Et dans quel but ?

Le CHO “va plus loin que les massages et les barbecues”

Le 9 octobre dernier à Paris, ont eu lieu les premiers Awards du bien-être au travail. A cette occasion, Laurence Vanhée, ancienne CHO au ministère de la sécurité sociale belge et auteure de Happy RH: le bonheur au travail, rentable et durable a notamment déclaré : « La recrudescence de burn-out, de bore-out et de brown-out montre qu’après 30 ans passés à optimiser leurs processus, avec un leadership descendant, les entreprises ont fini par oublier l’humain. » Pour elle, il s’agit bien de « réinventer notre façon de travailler et remettre l’humain au centre des préoccupations ». Mais attention, elle met en garde : la fonction de CHO “va plus loin que les massages et les barbecues”.

Thomas* travaille depuis cinq ans comme développeur sénior dans une start-up de covoiturage en ligne où il n’y a pas de CHO, mais un « office manager ». Pour lui, la différence entre les deux jobs est de taille : « C’est un poste très bien vu chez nous mais qui porte essentiellement sur le recrutement et l’organisation d’événements pour améliorer l’image de la boîte à l’extérieur », explique-t-il au téléphone. Comme plusieurs salariés interrogés, un « office manager » améliore nettement l’ambiance dans les entreprises de type start-up, où tout va souvent très vite et où l’on demande beaucoup au personnel. « Son champ d’action peut aller de la gestion du mobilier à l’agencement du bureau, avec parfois quelques activités extérieures, mais rien à voir avec le cliché habituel du CHO », confie Stella*, qui bosse dans la communication d’une start-up parisienne.

En poussant un peu la discussion, Thomas ne cache cependant pas que des événements de « team building » sont régulièrement organisés en interne ; un moyen « vraiment utile pour faire connaissance avec ses collègues ». Au menu des réjouissances : « des courses de drones, du karting, du surf ou des dégustations de bières, il y en a pour tous les goûts ». Or, sous un vernis cool, ces activités poursuivent des objectifs corporatistes : « On a des équipes qui tournent régulièrement et quand on en recompose une sur un nouveau projet, c’est bien de connaître un peu mieux le niveau d’engagement des gens avec qui on va travailler, hors contexte de travail. »

6 % d’employés « engagés » en France

L’engagement, le mot est lâché et incarnerait la nouvelle valeur cardinale du monde du travail au XXIe siècle. L’idée est sans conteste à la mode si l’on se réfère à l’organisation Gallup, une entreprise américaine spécialisée dans la gestion de management et des ressources humaines. Selon son enquête publiée en 2017, la France occuperait la place de lanterne rouge de l’Europe de l’Ouest avec seulement 6 % d’employés « engagés », c’est-à-dire « qui contribuent fortement aux performances de l’entreprise, qui innovent, créent de la valeur et portent la croissance. » Conséquence directe, avec 94 % d’employés « désengagés », le marché français ressemblerait donc à un eldorado pour les CHO pour qui la mission devient limpide : rendre les employés heureux pour qu’ils s’engagent plus intensément pour leur boîte.

Faire en sorte que les employés n’aillent plus à reculons au bureau le matin, c’est le job de Charlotte Delamare, qui officie depuis deux ans et demi au siège monde de Sodexo. « Happiness manager, feel good manager ou community manager… Il y a de nombreuses dénominations possibles à mon métier. Mais en gros, je suis chargée d’amener de la convivialité dans l’immeuble », nous décrit-elle. Pour cela, elle ne manque pas d’idées : « J’organise une quinzaine d’événements internes et animations chaque mois autour de quatre thématiques. Il y a le ‘bien-être’ avec des cours de yoga du rire, de Pilates ou des cabinets éphémères d’ostéopathie. Puis les ’boutiques éphémères’, l’équivalent d’une vente au collaborateur mais le nom est moins sympa. Attention, on n’y vend pas la bouillotte de mamie hein, tout est moderne, précise-t-elle avant de poursuivre son inventaire. Il y a aussi les ‘ateliers de groupe’ comme l’initiation au tricot ou la chorale d’entreprise. Enfin, il y a les ‘tournois sportifs d’entreprise’ qui ont aussi beaucoup de succès. » Des animations qui peuvent faire sourire mais que défend Charlotte Delamare : « Dans le fait d’apporter du bien-être, il y la notion de faciliter le quotidien des employés. » Pour autant, son analyse sur la réelle portée de ce type d’initiatives reste lucide : « Attention, je ne m’inscris pas du tout dans une politique de ressources humaines. On est surtout là comme un ‘bonus’. Et si quelqu’un n’est pas heureux dans son travail, ce n’est pas un stand de manucure ou de team-building qui va changer quoi que ce soit. »

« Vous n’allez pas nous faire la tête quand même »

« Les CHO sont le symptôme de tout ce qui va mal dans l’entreprise », pourfend pour sa part la sociologue du travail Danièle Linhart, directrice de recherche au CNRS et professeure à l’université de Paris X. Elle fustige « l’idée qu’il faille aider les salariés face aux conditions de travail de plus en plus exigeantes mais aussi les défis, réaménagements, accélérations et intensifications auxquels sont soumis les employés. Pour pouvoir obtenir plus d’eux, les managers proposent maintenant de s’occuper de problématiques qui ne sont plus strictement professionnelles mais aussi personnelles… » L’employé entrerait alors dans une sorte de cercle vicieux : « Une étrange idéologie qui déclarerait : ‘L’entreprise est là pour vous’. On vous permet de vous faire les ongles par exemple. Or, si quelqu’un veut se faire les ongles au bureau, il les fera sans qu’on lui en donne la possibilité. L’autoriser à le faire n’est qu’une mise en scène de la soi-disant bienveillance de la direction à l’égard des salariés. » La sociologue balaye dès lors toute volonté de mansuétude de la part des managers dans cette quête du bonheur et du bien-être : « Tout cela renforce le message de l’employeur : ‘Regardez comme on est gentil avec vous. Mais, si on a besoin que vous restiez plus longtemps au boulots, vous n’allez pas nous faire la tête quand même…’« 

Cette dernière idée est partagée par Alice*, commerciale dans une start-up parisienne. « On nous a proposé des fringues ou des mugs à l’effigie de la boîte dernièrement. Et, comment dire… J’aime bien ma boîte mais pas au point de porter un sweat pour l’afficher dans la rue », commente cette trentenaire qui va atteindre les dix ans d’ancienneté. Selon elle, « la perception de l’impact d’un office manager ou d’un chief happiness manager dépend aussi des employés. Contrairement aux plus jeunes, qui sont toujours tentés d’en faire plus que les autres, quitte à y jouer leur santé, j’arrive à faire la part des choses entre ce qui concerne le travail et la vie personnelle. » Un état d’esprit confirmé par Antoine*, en charge d’une équipe de commerciaux dans une jeune start-up qui vient de fêter ses trois ans : « La pression et le culte de l’objectif sont inhérents à la culture de la start-up, il ne faut pas se raconter d’histoire. Entre nous on résume souvent ce qu’est une start-up par la phrase : ‘l’exploitation des jeunes par les jeunes.’« 

La sociologue du travail Danièle Linhart conclut en rappelant un principe fondamental : « Cette nouvelle perméabilité entre le privé et le professionnel peut avoir des effets négatifs. On le voit déjà avec ces SMS ou ces mails qu’on reçoit et qu’on lit à n’importe quelle heure. Il ne faut jamais perdre de vue le lien de subordination entre un salarié et sa hiérarchie. Cette dépendance ne sera, elle, jamais remise en question dans notre modèle actuel. Vous pouvez vous faire les ongles ou vous servir à volonté dans le frigo, ça ne changera rien à vos missions et à vos évaluations qui détermineront votre avancement ou votre risque de vous faire licencier. »

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[Vidéo] « Quelqu’un a une question formulée en français ? » : Mélenchon se moque de l’accent d’une journaliste

Ce mercredi, au lendemain d’un Facebook Live rocambolesque en direct de son appartement où se déroulait une perquisition, Jean-Luc Mélenchon s’est retrouvé acculé par les questions des journalistes à l’Assemblée nationale. Et pour s’en sortir, le chef des députés de la France insoumise a choisi la moquerie. Quand Véronique Gaurel, journaliste à France 3, l’interroge dans la meute, le député de Marseille va ridiculiser son accent… du Sud.

« Quelqu’un a une question formulée en français ? »

« Et alors ? Quesseu-que ça veut direuh ? », lance d’abord Jean-Luc Mélenchon, alors que la journaliste le confrontait à des propos qu’il avait tenus lors de l’affaire Fillon. Et le député d’ajouter : « Quelqu’un a une question formulée en français ? Et à peu près compréhensible parce que votre niveau me dépasse, je ne comprends pas ».

Dans la foulée, le SNJ, principal syndicat de journalistes, a déploré cette énième attaque de l’homme fort de la gauche française envers une consœur. « Le SNJ condamne fermement les propos de Jean-Luc Mélenchon qui, hélas, n’en est pas à son coup d’essai, indique le syndicat dans son communiqué. C’est déjà lui qui affirmait en février que ‘la haine des médias et ceux qui les animent est juste et saine’ ! »

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