Archives du mot-clé Les Inrocks – Actualité

Marine Le Pen va devoir rembourser 300 000 euros au Parlement européen

Marine Le Pen doit rembourser au Parlement européen la somme de 300 000 euros en raison de l’emploi douteux d’une assistante parlementaire quand elle était eurodéputée, a confirmé la justice européenne mardi 19 juin. Lorsque la présidente du Rassemblement National était eurodéputée, elle aurait employé Catherine Griset en tant qu’assistante parlementaire de la fin 2010 au début de 2016. Mais elle “n’a pas été en mesure de démontrer que son assistante assurait des tâches effectives pour elle” et “n’a pas fourni de preuve d’une activité quelconque” [de cette dernière] “au titre de l’assistance parlementaire, ce qu’elle a d’ailleurs reconnu lors de l’audience”, précise le tribunal de l’Union Européenne dans son arrêt.

L’ancienne présidente du Front National a tout suite remis en cause la décision de justice :

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Elle dispose désormais de deux mois pour demander un pourvoi devant la Cour de Justice de l’Union Européenne.

Des sanctions contre Marine Le Pen dès 2016

Depuis 2017, les indemnités parlementaires et de séjour de Marine Le Pen ont été amputées de moitié. L’Office européen de lutte antifraude (OLAF) a demandé dès juin 2016 à Marine Le Pen et à cinq autres eurodéputés frontistes de rembourser le salaire de leurs « assistants ».

Les retenus sur son salaire ont cessé en 2017 lorsque Marine Le Pen a quitté le Parlement européen. D’après une source parlementaire contactée par l’AFP, elles auraient permis au Parlement de récupérer environ 60 000 euros. Une somme pas assez suffisante pour rembourser la fraude que lui reproche le tribunal de l’Union Européenne.

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Comment l’Etat ignore la souffrance psychique des exilés

« Il fait froid, je dors dehors, je n’ai pas d’avenir.[…] Je ne sais pas  pourquoi je suis là, pourquoi je vis, je me dis que si je meurs ce sera pareil ». Tels sont les mots de Senghor*, 16 ans, relatés dans le rapport de Médecins du Monde et du Centre Primo Levi. Après avoir fui la Guinée avec sa tante (qui s’est noyée lors de la traversée de la Méditerranée), Senghor est finalement arrivé en France. Mais il n’est pas protégé par l’Aide sociale à l’enfance, qui ne reconnaît pas sa minorité. Recueilli par le collectif “Hébergeurs solidaires”, il n’entre dans aucune catégorie, n’étant considéré ni comme mineur, ni comme majeur. Et ne peut parler à aucun professionnel de sa détresse psychique.

Des cas comme Senghor, la France en compte malheureusement beaucoup, beaucoup trop. Alors que les parcours d’exil sont extrêmement violents et traumatisants, la France manque tragiquement d’offres de soins en santé mentale, dont la majorité des exilés ont besoin. « La santé mentale, et plus largement la souffrance psychique, se situe dans l’exact angle mort des politiques publiques concernant les personnes exilées », dénonce le rapport.

“Si la santé est censée être en France un droit inconditionnel, force est de constater que celle des personnes exilées demeure trop souvent un enjeu de polémique politicienne avant d’être considérée pour ce qu’elle est : un enjeu de santé publique.”

Les cicatrices invisibles de l’exil 

A cause de la violence et de la longueur du parcours d’exil, les migrants arrivant en France souffrent à la fois de problèmes de santé physique et psychologique. Si les sévices et les tortures laissent une marque sur le corps, les cicatrices psychiques de l’exil sont elles invisibles, mais bien réelles. « La santé mentale des exilés n’est pas un sujet accessoire des parcours migratoires, mais un sujet matriciel », a certifié Antoine Ricard, président du Centre Primo Levi, lors d’une conférence de presse organisée ce mardi à l’occasion de la sortie du rapport.

Mais impossible d’évaluer précisément le nombre de migrants souffrant de troubles psychiques, faute d’étude nationale réalisée à ce sujet. Médecins du Monde et le centre Primo Levi recommandent ainsi la réalisation d’une étude nationale sur la souffrance psychique des réfugiés.

Les seuls chiffres dont nous disposons aujourd’hui sont alarmants. D’après le rapport du comité pour la santé des exilés (Comede), 16 % des patients pris en charge au Comede entre 2012 et 2016 souffrent de troubles psychiques graves – dont 60% avec des syndromes psychotraumatiques. « Ces chiffres sont sous-évalués, a prévenu Joséphine Vuillard, responsable de la communication au Centre Primo Levi. La souffrance psychique est sous-estimée, les migrants consultent moins pour des angoisses et des cauchemars, mais davantage pour des problèmes physiques. » 

“Pendant tout le parcours d’exil, la mort rôde partout”

Omniprésentes dans le parcours d’exil, les violences commencent très tôt, et sont souvent la cause de l’émigration. « Les premières violences sont subies dans le pays d’accueil », a affirmé Daniel Bréhier, psychiatre à Médecins du Monde.

“Les exilés ont déjà été rejetés dans leur propre pays, et la plupart y ressentent la nécessité impérieuse de partir, a expliqué le psychiatre. Ils partent souvent sans savoir où aller. Quel que soit leur parcours, ils sont confrontés à la violence. En Libye, ils sont mis en prison et tabassés, obligés par les réseaux criminels de demander de l’argent à leur famille. Une fois arrivés sur le territoire libyen, les migrants n’ont pas de possibilité de retour en arrière. Et quand ils sont face à la Méditerranée, les passeurs les forcent à monter dans l’embarcation de fortune, sinon ils sont tués. Pendant cette route d’exil, la mort rôde partout.”

Dans ce parcours du combattant, « les réfugiés et migrants qui sont passés par la Libye ont subi des traitements inhumains et ont presque tous été torturés », rappelait Médecins du Monde.

La France, ou le “choc de la désillusion”

A leur arrivée en France, pas d’eldorado à l’horizon, mais la désillusion. « La première expérience des exilés dans l’Hexagone, c’est celle de la rue et de la très grande précarité », a regretté Daniel Bréhier. Après avoir fait face à la violence du départ de leur propre pays, puis celle du parcours d’exil, les migrants affrontent en France une troisième violence, la violence policière et administrative. Dans ces conditions, les plus vulnérables sont les femmes seules et les mineurs non accompagnés.

Les premières fuient souvent leur pays après avoir refusé un mariage forcé, étant reniées par leur propre famille. Quant aux mineurs isolés, ils doivent prouver leur minorité, n’étant pas présumés d’office mineurs. Leur parole est alors mise en doute par les autorités, « alors qu’ils ont déjà vécu des traitements inhumainsC’est d’une violence inouïe, s’est offusqué Daniel Bréhier. Cela aggrave les troubles psychiques ». Certains mineurs isolés ne sont ainsi reconnus ni comme mineurs ni comme majeurs, piégés dans « un flou administratif terrible » et « remis à la rue », a déploré le psychiatre.

Mais « ces enfants vont grandir avec les nôtres et devenir les piliers de notre pays, a affirmé le psychologue clinicien Omar Guerrero. C’est notre devoir de leur transmettre des repères clairs ». Médecins du Monde et le Centre Primo Levi demandent donc une « mise à l’abri immédiate et inconditionnelle » des mineurs non accompagnés.

Une indignation globale, 11 recommandations ambitieuses

Indignés par les conditions d’accueil des exilés, Médecins du Monde et le centre Primo Levi ont formulé en tout onze recommandations. Pour mieux pouvoir accompagner les exilés souffrant de syndrome psychotraumatique, ils proposent de former tous les professionnels accueillant les migrants sur le psycho-trauma, un trouble encore peu connu des soignants. Sinon, face à la prise en charge défaillante des exilés en matière de santé mentale, les centres de soins associatifs sont « à peu près seuls face à une demande croissante, à laquelle ils ne peuvent plus répondre », s’inquiète le rapport.

Trop souvent, les migrants non francophones ne bénéficient pas non plus d’un interprète professionnel lors des consultations médicales. On leur demande de venir avec un membre de leur famille, un enfant, pour faire office de traducteur. Mais comment se confier sur ses traumatismes dans ces conditions ? Le rapport enjoint à faire appel systématiquement à des interprètes professionnels et formés.

Pas de “problème migratoire”, mais une crise de l’accueil

Si la France n’avait pas une politique migratoire uniquement coercitive, ces recommandations seraient obsolètes. Dénonçant « l’irresponsabilité » du gouvernement actuel, le président de Médecins du Monde Philippe de Botton a tenu à préciser une point : « il n’y a pas de ‘problème migratoire’ en Europe. Il y a plutôt une crise des structures d’accueil et de solidarité ». Depuis quarante ans, le solde migratoire français n’a d’ailleurs pas changé. « Le nombre relatif de migrants par rapport à la population mondiale stagne à 3 % et est le même qu’au début du XXe siècle »ont même remarqué les chercheuses Karen Akoka et Camille Scholl, dans une tribune à Libération.

Les inquiétudes de Médecins du Monde et du Centre Primo Levi ont été ravivées par le projet de loi Asile et Immigration, examiné actuellement au Sénat. Ce texte prévoit de systématiser l’expulsion des déboutés du droit d’asile, alors que seulement 32 % des demandes d’asile ont été acceptées en 2017. S’ils sont renvoyés dans leurs pays, les réfugiés risquent pourtant la torture. Une enquête publiée en avril 2018 par le New York Times a prouvé que « des demandeurs d’asile soudanais renvoyés par la France, l’Italie et la Belgique, ont été torturés à leur retour dans leur pays », rapporte L’Obs.

Fin avril, un député La République en marche s’est élevé contre le projet de loi Asile et Immigration, dans une tribune à France Info. « Nous sommes engagés dans une spirale tragique, a-t-il déclaré. Qu’est-ce que la France d’aujourd’hui ? »

* Dans le rapport, le prénom des personnes exilées a été modifié.

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[Vidéo] François Ruffin félicite ironiquement Emmanuel Macron pour son achat de vaisselle

Le jour même où une vidéo montrait Emmanuel Macron répétant un discours dans lequel il déclarait que les aides sociales coûtent “un pognon dingue”, Le Canard enchaîné révélait que l’Elysée avait commandé pour 500 000 euros de vaisselle, pour renouveler le service. Forcément, cela fait mauvais effet. Et, même si la directrice générale de la Cité de la céramique Sèvres et Limoges assure que cette nouvelle vaisselle ne coûtera « que » 50 000 euros, cela n’a pas échappé à François Ruffin.

“Des démagogues s’en sont émus”

Le député de la France insoumise (LFI) s’est en effet adressé au gouvernement avec force ironie ce 19 juin, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous :

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“Pour leur palais, Brigitte et Emmanuel Macron vont acheter 900 assiettes de présentation et 300 assiettes à pain ‘correspondant à l’idée du changement porté par la présidence’. Je m’en, félicite, même si j’ignore à quoi ressemblent des assiettes à pain et des assiettes de présentation, lance-t-il. Ce ne sont pas à coup sûr de vulgaires écuelles, il en coûterait en effet plus de 500 000 euros. Des démagogues s’en sont émus. De mon côté je le dis tout net : ce n’est rien un demi-million d’euro ! Peu importe le prix, pourvu que nos majestés de l’Elysée se restaurent en toute dignité. Le même jour le chef de l’Etat pestait [contre les aides sociales qui coûtent un ‘pognon de dingue’, ndlr]: il ne songeait pas à sa vaisselle, ni aux 93 milliards de bénéfices du CAC 40, ni aux 47 milliards versés aux actionnaires. Il évoquait les mères célibataires, les accidentés de l’emploi, et c’est vrai, les pauvres coûtent trop cher”.

“Quand on donne aux pauvres, c’est du gâchis ; quand on donne aux riches, c’est de l’investissement !”

A la manière de Jonathan Swift dans sa Modeste proposition, François Ruffin appelle ainsi les députés à faire comprendre aux Français la pensée complexe du gouvernement : “Quand on donne aux pauvres, c’est du gâchis ; quand on donne aux riches, c’est de l’investissement !” Et de conclure par une question évidemment mordante : “Quelle nouvelle mesure allez-vous prendre pour que nos amis fortunés puissent changer leur faïencerie ?”

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Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a répondu à cette intervention en ciblant le député réalisateur de Merci patron ! : “Vous avez du mal ici à ne pas faire votre cinéma”. Et a fait valoir qu’il fallait pouvoir “recevoir à la hauteur des personnalités qui défilent à l’Elysée”, d’autant plus que ce type de commande “n’a pas été fait depuis René Coty”.

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Anasse Kazib, portrait d’un gréviste incontrôlé

Une douce mélancolie flotte sur le piquet de grève de la Gare du Nord, à Paris, ce matin de début juin. Au bout du quai 36, où une cinquantaine de cheminots sont rassemblés, la voix nasillarde d’Orelsan s’échappe d’une enceinte portative : “Tout va bien, petit, tout va bien.” L’inquiétude et la fatigue se lisent pourtant sur les mines blafardes. Demain, le Sénat adoptera la réforme prévoyan…

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C’est officiel, la musique rend plus intelligent

On connaissait ses effets bénéfiques sur la santé, la douleur et bien sûr les mœurs, mais la science nous apprend que faire de la musique et même simplement en écouter améliore le fonctionnement du cerveau. Dès l’Antiquité, Platon l’affirmait :  “La musique donne une âme à nos cœurs, des ailes à la pensée, un essor à l’imagination.” Aujourdhui, Emmanuel Bigand, directeur du Laboratoire d’étude de l’apprentissage et du développement (LEAD, CNRS) à l’université de Bourgogne et coordinateur de l’ouvrage Les Bienfaits de la musique sur le cerveau, le confirme : “Nous sommes convaincus en tant que scientifiques que l’activité musicale est au cœur de la sphère cognitive.”

Ces bienfaits touchent tous les âges de la vie, des bébés aux adultes jusqu’aux seniors, puisque, nous apprend Le Monde, “même lorsque les capacités cognitives sont altérées, la musique ­parvient à réveiller la mémoire et les émotions”. Elle peut sortir des patients du coma et permettre de sortir de l’aphasie des malades atteints d’Alzheimer.

Les bébés chantent déjà

Ces effets commencent dès avant la naissance, puisque des bébés qui ont entendu des musiques in utero peuvent les reconnaître un an après la naissance. Emmanuel Bigand, qui coordonne une étude financée par la Fondation de France, en collaboration avec la Philharmonie de Paris, l’explique : “Les bébés ne parlent pas encore, mais ils chantent déjà.” “La musique met en place des schémas mentaux (macro-stimulus) qui permettent une meilleure appréhension du langage, de la lecture, et plus tard des facilités au cours préparatoire, on parle d’effets socio-cognitifs », poursuit-il.

Isabelle Peretz, auteure du livre Apprendre la musique (Odile Jacob, 160 p., 14,90 €) a fondé au Canada le Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (Brams). Elle affirme l’importance de la pratique musicale qu’elle voudrait voir plus présente dans les écoles. “L’apprentissage de la musique sculpte le cerveau par différents mécanismes physiologiques, en termes de densité de neurones et de connexion entre eux, via les axones.”

La musique modifie les processus biochimiques du cerveau en renforçant la plasticité cérébrale et un plus grand nombre de synapses. Selon Daniele Schon, directeur de recherche à l’Institut de neurosciences des systèmes (Inserm). ”La musique serait aussi capable d’optimiser la synchronisation entre populations neuronales, c’est-à-dire l’aspect rythmique de l’activité cérébrale, et permettre ainsi une meilleure communication et anticipation du flux d’information.”

Au Canada, les travaux de Glenn Schellenberg, professeur de psychologie à l’université de Toronto, montrent que la pratique de la musique par de jeunes enfants permettrait de développer plus ­rapidement leur quotient intellectuel (QI). Elle aurait également un effet sur le tendance à la coopération : “Des bébés de 18 mois qui pratiquent la musique vont être plus enclins à aider leurs parents (à ramasser un objet par exemple) et ont une meilleure motricité.”

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Les écœurants enregistrements des enfants séparés de leurs parents à la frontière américaine

Des enfants qui hurlent, gémissent, appellent leurs parents au secours, voici ce qu’on peut entendre au sein d’un dispositif de douane et de protection des frontières américaines. L’organisme sans but lucratif Propublica s’est procuré un enregistrement déchirant d’enfants d’Amérique centrale séparés de leurs parents depuis la semaine dernière.

La première minute de sanglots incessants passée, et alors que les enfants peinent à retrouver leur souffle, un agent des services frontaliers déclare : « Nous avons un véritable orchestre ici. Il ne manque plus qu’un chef d’orchestre. »

Les enfants interrogés par les représentants consulaires disent venir du Salvador, du Honduras et du Guatemala. Peu après dans l’enregistrement, on entend une petite fille désemparée répéter en boucle qu’elle veut « appeler (s)a tante« . La petite salvadorienne de six ans a appris le numéro de sa tante par cœur. Elle demande avec espoir : « Pouvez-vous appeler ma tante pour qu’elle vienne me chercher quand j’aurais fini de manger? »

Des centaines de familles déchirées

Depuis le mois d’avril et le lancement de la politique d’immigration « tolérance zéro » de l’administration Trump, plus de 2 300 enfants ont été séparés de leurs parents. En effet, cette politique veut que toute personne entrée illégalement aux Etats-Unis se voit poursuivie et éloignée des enfants qu’elle a pu emmener avec elle. D’après Propublica, plus de cent enfants concernés auraient moins de quatre ans. Ils seraient placés dans des entrepôts, des tentes, et même des grandes surfaces.

Depuis la Maison Blanche, le président américain a affirmé lundi : « Les Etats-Unis ne seront pas un camp de migrants, ni un centre d’accueil pour réfugiés. Regardez ce qui se passe en Europe et ailleurs, on ne peut pas laisser une telle chose se produire. Pas sous ma gouverne. »

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Aussi, Trump continue de rejeter la faute sur les démocrates: selon lui, son administration ne fait qu’appliquer des lois déjà existantes. Cependant, ces pratiques ont bel et bien été établies par l’administration de Trump…

L’atrocité dénoncée

Cette accablante situation a suscité de nombreuses réactions. Les conservateurs religieux et les activistes pour les droits des immigrants s’unissent et qualifie cette politique « d’humanité zéro ».

L’American Academy of Pediatrics (Académie américaine de pédiatrie) explique quant à elle que « les expériences extrêmement stressantes, notamment l’éclatement de la famille, peuvent causer des dommages irréparables au développement de l’enfant en perturbant l’architecture du cerveau. »

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Jacquie et Michel: une jeune femme fait supprimer des vidéos grâce au « droit à l’oubli »

Instauré en 2014 par une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, le « droit à l’oubli » demeure une mesure assez peu utilisée. Chloé*, 25 ans, y a eu recours récemment après des années de calvaire, comme le rapporte Midi Libre. « Je vis un cauchemar, je ne me rendais pas compte de l’impact que ça allait avoir sur ma vie… Aujourd’hui, je veux faire effacer ces vidéos, ce n’est plus possible de subir ça », confie-t-elle au quotidien.

Merci qui ?

En 2014, Chloé réalise trois scènes pour la plateforme de porno amateur Jacquie et Michel pour des besoins financiers. « C’était une période assez noire de ma vie : j’étais fâchée avec mes parents et je me suis retrouvée à la rue. J’allais à des soirées pour rencontrer des gens qui accepteraient de m’héberger », explique la jeune femme.

Mais la désillusion va arriver dès le premier tournage. Les conditions sont « très stressantes », et viennent s’ajouter à une déconvenue majeure: alors qu’on lui avait promis 1 800 euros pour quatre scènes, le réalisateur ne lui en fait tourner que deux, pour un total de 400 euros. Mais ce n’est que le début.

Harcèlement, agression, difficultés professionnelles…

Une première vidéo est publiée sur le site fin 2014, avec le nom de la ville (de moins de 35 000 habitants) de Chloé, alors qu’on lui avait fait la promesse de ne pas l’afficher. Très vite, la jeune femme est reconnue dans la rue, harcelée, insultée. Quand elle ne reçoit pas des « nudes » indésirés, Chloé est victime d’agression physique.

« Jamais je n’aurais pensé qu’il y aurait de telles répercussions », admet-elle avec le recul. Ses relations professionnelles en pâtissent également: son contrat auprès d’une chaîne de fast-food n’a pas été reconduit, les remarques de ses collègues au cours de différents petits boulots sont incessantes. Puis, Chloé se retrouve dans une impasse: impossible de trouver du travail.

« Mon cauchemar a recommencé »

C’est alors qu’elle accepte de tourner une dernière vidéo pour la plateforme pornographique. Même si celle-ci n’a pas joui d’un succès similaire aux deux premières, le harcèlement quotidien se poursuit. La jeune femme décide alors de « changer de vie ». Elle passe un concours pour devenir fonctionnaire et déménage à 400 kilomètres de sa ville. Si l’anonymat a duré quelques semaines, Chloé est tout de même reconnue par un passant. « Mon cauchemar a recommencé. »

Usée par la situation, Chloé s’adresse alors aux réalisateurs avec qui elle a travaillé. Mais ces derniers lui rétorquent qu’il faut payer pour obtenir le retrait des vidéos où elle apparaît. « Ils évoquaient des sommes différentes à chaque fois : l’un me parlait de 2 000 euros, l’autre plutôt de 4 000 euros ».

Contacté par franceinfo, un responsable presse pour Jacquie et Michel évoque des « montants ubuesques » et se défend: « On n’a reçu aucune demande de sa part, elle aurait dû tenter de nous contacter directement. (…) C’est assez rare de recevoir ce type de demandes. C’est plutôt le cas pour des vidéos faites il y a de nombreuses années. En 2018, les gens savent ce qu’ils font. »

« Le public ne voit pas la misère humaine qu’il y a derrière »

Suite à une mise en demeure envoyée par l’avocat de Chloé, les vidéos ont été retirées gratuitement par le site. Un moyen d’échapper à une procédure en justice pour le célèbre site. Car en plus des conditions de tournage déplorables, les irrégularités sont nombreuses. « Elle n’a reçu aucune fiche de paye et n’a jamais été déclarée : à chaque fois, elle a été payée en liquide, explique son avocat. Il y a des millions de clics pour chaque vidéo, il faut imaginer ce qu’elles génèrent pour cette entreprise qui compte plus d’une dizaine de salariés. »

Une histoire que la jeune femme a tenu à partager pour qu’elle « dissuade d’autres filles paumées » de prendre part à des tournages pornographiques. « Le public ne voit pas la misère humaine qu’il y a derrière. Peut-être que mon témoignage les fera réfléchir », explique-t-elle.

*Le prénom utilisé par Midi Libre

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