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« A-t-on encore la force d’être unis ? »: récit de la manifestation contre les violences homophobes

On ne peut pas compter uniquement sur le travail des associations pour éradiquer l’homophobie”. Présent ce dimanche 21 octobre à la manifestation contre les violences homophobes, le président de SOS Homophobie, Joël Deumier a tenu à interpeller les pouvoirs publics. Elles et ils étaient environ 3 000 personnes à manifester place de la République, à Paris, cet après-midi. À l’origine de la mobilisation, la recrudescence de ces agressions depuis plusieurs semaines : de l’assassinat de la travailleuse du sexe Vanessa Campos fin août à l’agression d’un couple homosexuel par un chauffeur de taxi parisien dans la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs victimes ont récemment publié sur les réseaux sociaux des photos de leurs visages tuméfiés. C’est le cas Guillaume Mélanie, président d’Urgences Homophobie, une association qui vient en aide aux étrangers LGBT en danger dans leur pays, frappé à la sortie d’un restaurant. En France, Il y a une agression physique homophobe tous les trois jours.

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Sans ces truies, il y aurait moins d’homophobie
Alors que les manifestants affluent, l’écho de la voix au micro s’interrompt un instant pour effectuer une minute de silence en hommage à Vanessa Campos. Sur la place de la République, des pancartes d’Act Up rappellent les souffrances endurées par les homosexuels en Tchétchénie. À la défense des victimes s’ajoute la dénonciation de toutes celles et ceux qui permettent les agressions contre les LGBT. Des manifestants entonnent en boucle “Assez, assez de cette société, qui ne respecte pas les trans, les gouines, et les pédés”. Une pancarte “Sans ces truies, il y aurait moins d’homophobie” traverse la foule : le “T” est une croix catholique, et sous le texte sont disposées les photos de plusieurs visages, dont celui de Frigide Barjot ou Christine Boutin.

De l’émotion donc, mais aussi de la colère. Certains sont dans la quête d’un pacifisme plus actif, refusant d’accueillir la haine de l’autre. C’est le cas d’Awen, 23 ans, travailleur du sexe militant, nomade et de passage à Paris : “J’ai hésité à venir… Dans le métro, je tremblais. Je me demandais : ‘a-t-on encore la force d’être unis ?’” Déplorant pêle-mêle les positions des “abolos” (abolitionnistes : ceux qui veulent interdire la prostitution), des médias, des intolérants de tous bords, il résume son désaccord par ces mots : “Je suis toujours très positif, mais là j’ai vraiment du mal avec tous ces gens qui pensent avec leur tête, et jamais avec leur cœur”.

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Une nécessaire condamnation des pouvoirs publics

Ceux qui circulent place de la République semblent bien penser avec leur tête, et mener de front des combats politiques à travers leur engagement sociétal. Accrochés aux vêtements on trouve pêle-mêle : des badges d’Europe Écologie Les Verts, de Génération.s, du PS ou de LREM. Le nouveau ministre de la culture Franck Riester est venu afficher son soutien. En 2011, il était l’une des premières personnalités du monde politique français à révéler son homosexualité, et l’un des rares députés UMP à s’engager pour le mariage pour tous deux ans plus tard. Un autre membre du gouvernement, Mounir Mahjoubi, était présent. Côté PS, Anne Hidalgo slalomait aussi parmi les manifestants.

Rapidement, l’allocution de Joël Deumier au micro prend une connotation politique : “Toute absence de condamnation des pouvoirs publics est une complicité avec ces actes homophobes”. Le rôle de l’Église et de personnalités comme Eric Zemmour ou Marcel Campion appelle selon lui à une réponse pénale de la part de l’Etat. En plus d’être clairement énoncée, la condamnation doit désormais se traduire par les actes, “maintenant et concrètement”, au-delà de cette unique manifestation.

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De Carla Bruni à l’affaire Benalla : les milles vies de Mimi Marchand, la papesse des paparazzis

Sur la photo, elle fait le “V” de la victoire avec ses deux mains, mais pas sûr que ce cliché lui ait été très profitable. Nous sommes en mai 2018, et cette image prise en juin 2017 de Michèle “Mimi” Marchand, debout derrière le bureau du président Macron, est publiée dans la presse. Patatras, la voilà petit à petit écartée de l’Elysée… Alors même que, jusqu’ici, la patronne de la puissante agence Bestimages était chaleureusement conviée tous les jeudis matins aux réunions de cabinet de Brigitte Macron.

Dans Mimi, une enquête publiée chez Grasset, les journalistes Jean-Michel Décugis (Le Parisien), Marc Leplongeon (Le Point) mais aussi la romancière Pauline Guéna retracent la vie fantasque et somme toute assez inattendue de celle qui connaît le Tout-Paris, côtoie à la fois peoples et politiques – pléonasme de nos jours, et elle ne serait pas étrangère à ce phénomène – et aime à occuper des positions de pouvoir.

Un climat de paranoïa autour de la rédaction du livre

Car Mimi a tout à la fois été pigiste, informatrice, amie de policiers et compagnes de voyous, tenancière de boîtes de nuit et garagiste, férue de maths et parfois peu scrupuleuse sur sa comptabilité, riche et désargentée, en zonzon ou dans de beaux appartements haussmanniens, souvent à l’origine de la sur-exposition des uns mais toujours attentive à elle-même rester dans l’ombre. Celle qui est devenue la reine de la presse people a ainsi accompagné – impulsé – les évolutions de ce milieu : d’abord avides de publier des scoops, Closer, Voici & co ont progressivement commencé à travailler en collaboration avec les stars représentées dans leurs pages. Après tout, tout le monde à y gagner : un meilleur contrôle de leur image, des exclusivités pour Mimi, toujours très bien informée – le livre, auquel ni elle ni l’Elysée n’étaient d’ailleurs favorables, révèle comment elle a accès aux listings de compagnies aériennes, lui permettant ainsi de mandater des photographes pour des paparazzades.

Qu’apprend-on par ailleurs dans ces pages restées sous embargo pour la presse jusqu’au jour de sa publication – les auteurs de l’ouvrage racontent comment un “climat léger de paranoïa” a entouré sa rédaction, à base de tentative de cambriolage d’un des journalistes, de SMS de mise en garde de la part de sources (“Vous ne savez pas où vous mettez les pieds”) et de portes se fermant selon le bon vouloir de celle décrite tour à tour comme étant chaleureuse, fidèle, sans scrupules, voire “dangereuse, aussi, peut-être” ? Le plus intéressant est sans doute l’analyse de notre époque que livrent les auteurs à l’aune de l’étude de la personnalité et du parcours de Mimi : une ère où les fausses rumeurs et la manipulation des images vont bon train, une ère de jeux d’égos et de pouvoir, une ère caractérisée par un basculement progressif de la politique vers la peopolisation – selon François Hollande, interrogé dans l’ouvrage, Michèle Marchand serait à l’origine de cette évolution, qu’il regrette.

Gestion de crise de l’affaire Benalla

On se souvient du storytelling autour de Nicolas et Carla Sarkozy, on connaît la suite : les photos faussement spontanées des Macron en vacances, ou encore leur visite privée et intimiste – hum – du Taj Mahal, en Inde, souvent immortalisées par… l’agence Bestimages. Mais, au final, et contrairement à ce que l’on aurait pu penser, peu de pages sont consacrées au couple présidentiel ou encore aux liens entre Mimi et Alexandre Benalla, la première ayant été présente lors de l’entretien du second par des journalistes du Monde, dans la foulée de l’affaire portant son nom.

A présent, que fait-elle ? “En même temps qu’elle assure la gestion de crise de l’affaire Benalla – ou ne l’assure pas mais y fait de la figuration par le plus grands des hasards – Mimi est sur le pont jour et nuit et continue de gérer en grande professionnelle son petit business : elle est retournée à ses amours de l’ancien monde et a fait la une de Paris Match, avec le couple Sarkozy-Bruni.” Et de conclure ironiquement, après avoir rappelé la gueulante de Carla Bruni contre Mimi, quand celle-ci avait préféré miser sur les Macron plutôt que sur son ex-chef de l’Etat de mari lors de la campagne présidentielle : “Chez les people, les rancunes s’oublient vite.”


Jean-Michel Décugis, Pauline Guéna, Marc Leplongeon,
Mimi, éd Grasset, 208 pages, 19 €.

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Pourquoi les femmes incarcérées sont les grandes oubliées de #MeToo

Tant que les femmes ne seront pas soutenues par un personnel qualifié capable de prendre en considération le contexte social qui les a conduites devant le juge, « beaucoup trop d’entre-elles continueront de souffrir derrière des barbelés et ne seront pas aidées par le mouvement #MeToo. » C’est le cri de détresse d’un aumônier de prison américain dans une lettre publiée par le New York Times le 8 octobre dernier.

Un manque de moyen humain et matériel qui réapparaît dans le paysage français. Moins nombreuses que leurs homologues masculins, les femmes emprisonnées sont le plus souvent incarcérées loin de leur domicile ou enclavées dans des prisons pour hommes. Une situation qui rend l’accès aux soins et aux activités pénitentiaires complexe et se répercute sur le travail de réinsertion. De fait, dans un univers sexuellement normé, la minorité féminine devient-elle encore plus marginalisée ?

Les femmes beaucoup plus victimes de « discrimination géographique »

Si les femmes ne représentent que 3,7 % de la population carcérale au 1er janvier 2018 selon les chiffres de l’Observatoire international des prisons (OIP), soit un peu moins de 3000 détenues, ce faible taux d’emprisonnement a pour contrepartie une absence d’infrastructures adaptées. Seuls six établissements en France sont prévus pour accueillir des femmes condamnées à de longues peines. Cinq d’entre eux se situent dans la moitié nord de la France. Une situation taxée de « discrimination géographique » par François Bes, coordinateur du pôle enquête de l’OIP.

En majorité, elles sont ainsi confinées dans des « quartiers pour femmes » au sein de prisons initialement prévues pour des hommes. L’accès au service médical s’en trouve nécessairement impacté. Souvent situé dans la partie réservée aux hommes, l’accès n’ y est possible, pour les détenues, qu’en fin de journée, après la fermeture des locaux, sauf en cas d’urgence. Dans ces zones où la mixité est proscrite, il faudrait, en effet, vider les coursives pour laisser passer les malades ce qui reviendrait à  » paralyser la prison et est très difficile à mettre en place », précise François Bes.

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Par ailleurs, si les maisons d’arrêt pâtissent d’un déficit global de médecins spécialistes, le suivi gynécologique des détenues s’avère d’autant plus difficile à réaliser. Dans le cas où aucun gynécologue ne serait affecté à l’établissement, les soins préventifs doivent être réalisés dans un hôpital de proximité où la prisonnière est conduite sous escorte policière.

Manque de personnels

Ce manque de personnel réapparaît à chaque niveau de la vie carcérale. D’une part, les activités proposées sont moins nombreuses, notamment dans les petits établissements dont certains s’en tiennent à une vision extrêmement genrée, selon François Bes :

« On a encore des prisons où cela ressemble un peu au XIXe siècle : couture, cuisine puis maquillage pour la restauration de l’image de soi. »

Un constat qui tend doucement à s’améliorer dans les centres plus importants, tels que la maison d’arrêt pour femmes de Fleury-Mérogis où elles sont plus de 200 détenues.

Cette situation entrave a fortiori le déroulement de la réinsertion. Moins formées durant leur détention, les femmes sont par ailleurs confrontées à un problème d’hébergement à leur sortie : dans les structures associatives qui peuvent accueillir des sortants de prison, les places réservées aux femmes se font rares. D’autant plus pour les détenues étrangères ou en situation irrégulière qui trouvent déjà peu d’aide du fait d’une présence moins importante des associations au sein des centres pénitenciers.

Une condamnation morale

Mais au-delà de ces aspects structurels, c’est une pression d’ordre moral qui pèse sur les détenues. Pour des faits similaires, François Bes admet une certaine « tolérance » à l’égard des femmes avec des peines moins sévères. Derrière cette apparente empathie, se dissimule une plus grande dureté pour les femmes avec enfants lors des aménagements de peine : « On leur ‘fait payer’ de manière plus ou moins consciente que bien qu’elles aient des enfants, elle ont commis des délits, […] qu’elles ne soient pas des ‘bonnes mères’ « , précise-t-il.

Une culpabilisation qui selon la sociologue Myriam Joël, auteure de La sexualité en prison des femmes (2017), est plus encore « intériorisée » par les condamnées qui demandent finalement peu d’aménagement de peine : « elles s’autorisent moins de plaisir que les hommes parce qu’elles ont elles-mêmes l’idée qu’en prison on expie véritablement sa faute et il est vrai qu’elles sont peu soutenues dans ces démarches. »

Par ailleurs, certaines d’entre elles seraient « mises à l’écart par leur famille sous prétexte que ce n’est pas normal qu’une femme soit en prison et ce même si leur frère purge lui aussi une peine », poursuit la chercheuse. Ce faisant, dans son étude sur la sexualité, la maternité apparaît comme un premier barrage idéologique :

« On reste bloqué sur l’image de la femme obsédée par ses enfants au point qu’elle n’éprouverait aucun intérêt pour le sexe en prison […] leur sexualité est considérée comme un ‘non objet’. « 

Si Myriam Joël constate que la majorité des femmes qu’elle a pu interroger a vécu des rapports douloureux avec les hommes (attouchement, viol, prostitution…) avant leur incarcération, la prison devient paradoxalement pour certaines un lieu de liberté ou du moins de tranquillité : un espace où elles s’émancipent de l’emprise masculine.

Raconter l’ordinaire

Bien que les règles puissent paraître très « infantilisantes » pour les détenues, la séparation avec le conjoint ou le cercle familial, le suivi psychologique ou simplement le dialogue avec les codétenues favorisent une certaine « autonomisation », « une nouvelle confiance en soi » et enfin « la capacité à dire ‘non’ lors des visites au parloir. »

Une affirmation qui n’en reste pas moins contradictoire : « On les enjoint à se réapproprier leur corps et pourtant on ne met pas du tout à disposition les moyens pour le faire que ce soit par la surveillance des cellules, la proximité avec les autres détenues, l’accès aux préservatifs dans les parloirs… donc elles sont à la fois empêchées et protégées », décrit la sociologue.

Malgré cette protection relative, la prise de conscience de l’emprise des hommes sur leur corps reste difficile à admettre pour certaines détenues qui normalisent la violence conjugale. Peut-on libérer la parole de celles qui pensent n’avoir rien à dire ?

« Il y a une banalisation de la violence, quelque chose qu’elles considèrent comme étant de l’ordre de l’ordinaire mais qu’elles finissent par exprimer en se rendant compte de ce qu’elles ont finalement enduré, […] on s’aperçoit au fil du temps que leur discours change beaucoup », explique Myriam Joël. Par ailleurs, lorsque le conjoint est en liberté, le fait d’assumer la charge parentale produit « une inversion des rôles de genre » qui peut également amener « une prise de conscience » .

L’homophobie, les violences sexuelles ne sont pas absentes des prisons pour femmes

Cependant, selon la chercheuse, « il est regrettable que le travail fait avec les femmes sur les violences conjugales, souvent au cœur de leur biographie, ne soit pas nécessairement réalisé avec leur conjoint, lorsque celui-ci est lui-même en prison ». Un manque qui ne permet pas « de travailler en ‘synergie’ vers un rapport plus égalitaire. »

L’inversion du pouvoir que permet la prison reste par conséquent limité à un espace et un temps donné. Comme le rappelle, François Bes, le personnel de surveillance étant exclusivement féminin dans les prisons pour femmes, « ce côté extrêmement genré crée aussi des problèmes et des difficultés car ce n’est pas une ‘vie normale’ que de côtoyer seulement des femmes […] ce qui conduit aussi à une forme de désocialisation. »

Bien que de nombreuses détenues semblent vivre cette absence de mixité comme un soulagement, l’absence d’homme n’exclut cependant pas la violence en tant que telle. L’homophobie, les violences sexuelles ne sont pas absentes des prisons pour femmes malgré le fait « qu’on n’en parle peu et que les femmes sont moins facilement assimilées à des agresseurs sexuels dans la conscience collective », nuance Myriam Joël.

Ce faisant si l’absence de mixité n’est pas exempt de toute violence et permet une émancipation, mais dans un espace clos, en marge de la société, l’avenir des détenues engendre pour la sociologue une interrogation supplémentaire  : « Qu’est qui se passe à l’extérieur ? Est-ce que cette prise de position initiée en prison perdure à la sortie lorsqu’elles retrouvent leur milieu social ? »

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Mediapart révèle « la relation extra-professionnelle » entre Jean-Luc Mélenchon et Sophia Chikirou

« Une dimension d’intérêt général. » Mediapart a eu accès aux « premières découvertes des perquisitions Mélenchon ». Quand les policiers sont arrivés mardi matin au domicile du leader de la France insoumise, ils ont trouvé Sophia Chikirou, sa conseillère en communication et présidente de la société Mediascop. Cette agence aurait facturé près de 1,2 million d’euros de prestations, selon Radio France. Autrement, dit, elle représente à elle seule 11% du budget total de la campagne présidentielle.

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« Le patron de La France insoumise et la communicante entretiennent en réalité de longue date, selon nos informations, une relation extra-professionnelle », indique Mediapart qui ajoute : « Celle-ci pourrait relever de la seule vie privée des deux intéressés mais prend désormais, à la lueur des investigations judiciaires, une dimension d’intérêt général ».

« Je suis célibataire »

Et les journalistes d’investigation soulignent : « Si l’enquête devait confirmer le soupçon qui a présidé à son ouverture, cela signifierait que les sommes incriminées perçues par madame Chikirou l’auraient été à l’occasion d’une campagne présidentielle dirigée par un homme politique avec lequel elle partage une relation intime régulière. »

De son côté, Jean-Luc Mélenchon a réagit sur son compte Facebook en dénonçant un système « Macronie-parquet-médias » : « Je m’attendais à quelque chose de ce type. Des ‘fuites’ qui confirment ce que nous savons sur le coup monté qu’est cette opération contre la France Insoumise et contre moi personnellement. » Le leader de la France insoumise rappelle qu’il a déjà été interrogé lors d’une conférence de presse vendredi après-midi sur son éventuelle relation avec Sophia Chikirou et il déclare simplement : « En toute hypothèse, à l’état civil et aux impôts je suis célibataire. Et jusqu’à cet article, je me croyais seul auteur de ma vie privée. »

« Mediapart prétend avoir violé le secret de l’instruction et disposer d’une information concernant la présence chez moi de quelqu’un. Bravo Mediapart ! Quelle enquête, quelle investigation ! Mais quel rapport avec le dossier ? », interpelle-t-il encore.

Des prix anormalement élevés

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a lui répondu via Twitter : « En 10 ans de révélations d’intérêt public, Media part a subi les campagnes de dénigrement des soutiens de Sarkozy, Valls, Cahuzac, Fillon, Le Pen, Hollande, Macron et maintenant Mélenchon. »

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La société Mediascop aurait facturé des services à des prix anormalement élevés, selon Radio France qui met en lumière la « double-casquette » de Sophia Chikirou : elle est « à la fois donneuse d’ordre en tant que directrice de la communication et prestataire majeure de la campagne de Jean-Luc Mélenchon », en tant que directrice de la société Mediascop. Avec l’accord de la direction de la campagne, elle pouvait ainsi fixer elle-même les prix des prestations qu’elle fournissait…

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[Vidéo] Alexis Corbière sur les perquisitions : “Jean-Luc fait une erreur de communication”

Invité dans le cadre de l’émission “N’ayons pas peur des mots”, sur LCP ce vendredi 19 octobre à 20h30, le député de la France insoumise (LFI) Alexis Corbière est revenu sur les perquisitions mouvementées du mouvement populiste de gauche cette semaine. Pour rappel, le leader de LFI, Jean-Luc Mélenchon, dénonce dans cette procédure une “opération de police politique”, qui vise à criminaliser son mouvement. Il avait ainsi forcé l’entrée du QG de LFI à Paris, en reprochant très vivement à un fonctionnaire de police sa présence. Le parquet de Paris a ouvert à ce titre une procédure pour “menaces ou actes d’intimidation contre l’autorité judiciaire et violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique”. Il avait aussi affirmé, dans une Facebook live : “Ma personne est sacrée [en tant que parlementaire]”.

“C’est un vocabulaire désuet”

Cette attitude sème le trouble au sein même de LFI. Le Monde cite ainsi une figure du mouvement, sous anonymat : “C’est catastrophique pour nous, ce n’est pas une attitude responsableTout le monde risque de couler… C’est évident qu’il y a un effet sur la question de sa stature présidentielle”. 

Fidèle parmi les fidèles de Jean-Luc Mélenchon, le député de LFI Alexis Corbière admet lui aussi quelques maladresses. “Jean-Luc [Mélenchon], je pense qu’il fait une erreur de communication, quand il dit ‘je suis sacré’, parce que c’est un vocabulaire désuet […] Parce que Jean-Luc est un homme d’Histoire, et il dit l’inviolabilité des représentants de la Nation, ce n’est pas un petit débat. […] Un homme politique tout de même, nécessairement pour protéger les idées qu’il représente et ce qu’il représente, il ne peut pas être traité de la même façon”.

“Il vaut mieux toujours être calme qu’être énervé”

A propos des débordements de M. Mélenchon, très en colère lors de la perquisition du local de LFI, où il avait appelé ses camardes à « enfoncer » la porte, il déclare aussi : “Je peux comprendre, normalement, franchement dans la vie, il vaut mieux toujours être calme qu’être énervé. Ce n’est pas bien. Et moi je respecte la police, et je n’en veux pas à ce fonctionnaire de police, si je pouvais lui dire, je m’excuse […] Il fait son boulot. Maintenant la question c’est qu’on peut aussi comprendre que j’ai aussi l’habitude de manifestations, ça pousse etc., et que je ne veux pas que les gens commencent à se mettre des coups de poing, d’un côté comme de l’autre.” 

Cette interview est diffusée sur LCP ce 19 octobre 2018 à 20h30

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Quand la nouvelle secrétaire d’Etat à l’Ecologie faisait l’éloge de l’huile de palme et des OGM

Mardi dernier, la présidence de la République dévoilait un gouvernement remanié dans lequel entraient huit personnalités. Il n’aura pas fallu dix jours avant que des propos controversés de la nouvelle secrétaire d’État à l’Écologie, Emmanuelle Wargon, soient exhumés, et que les critiques pleuvent. En cause : une conférence dans le cadre de sa fonction précédente en tant que “personne chargée de la représentation d’intérêts” du groupe Danone. Ce parcours avait déjà entraîné des dénonciations franches de la part de l’opposition politique et de la société civile.

“L’huile de palme est le meilleur ingrédient pour le lait infantile”

L’apparition sur Twitter d’une intervention d’Emmanuelle Wargon aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence en juillet 2018 a définitivement mis le feu aux poudres. Publié par Nicolas Cori, ancien journaliste de Libération et co-fondateur du site Les Jours, l’extrait vidéo accable la nouvelle recrue du gouvernement : celle-ci y refuse de condamner l’huile de palme utilisée par Danone dans la composition du lait infantile, ainsi que les OGM. Cette huile végétale est favorisée par les industriels en raison de son faible coût, mais entraîne des dégâts immenses sur l’environnement et la biodiversité, précarise l’habitat des populations là où elle est récoltée, et est également un produit à risques pour la santé. La nouvelle secrétaire d’Etat à l’Écologie, reconnaissant qu’elle “dénaturalise”, a néanmoins affirmé qu’elle était “le meilleur ingrédient pour le lait infantile” et a conclu : “on en a besoin et on est tous capables d’expliquer pourquoi”.

L’archive attise la polémique autour de cette nomination après la démission de Nicolas Hulot, ancien ministre en charge de l’Ecologie, qui réprouvait le rôle des lobbies au sein des discussions publiques.

Un parcours problématique

Nommée secrétaire d’Etat à l’Écologie, Emmanuelle Wargon a un parcours qui avait fait bondir ceux qui attendent des avancées réelles en matière d’environnement. Ancienne d’HEC, de l’ENA et camarade de promotion d’Édouard Philippe à Sciences po, elle a passé de nombreuses années à travailler aux réformes du gouvernement, dans le cabinet de Bernard Kouchner à la santé, aux affaires sociales sous Sarkozy, mettant en place le RSA en 2008. Elle a ensuite intégré le groupe Danone en 2015. Sa fonction de responsable de la communication, des affaires publiques et de la responsabilité sociale et environnementale l’a amenée à discuter avec des personnalités publiques pour assurer les intérêts de la firme. Celle-ci est compromise par plusieurs scandales, notamment… le commerce d’un lait infantile dangereux en Asie du Sud-Est au mépris des populations, révélé par Cash Investigation en 2015.

Devant l’ampleur de la polémique suscitée par ses propos sur l’huile de palme, la nouvelle secrétaire d’État à l’Écologie s’est justifiée dans une interview à Libération ce 18 octobre. Elle y met en cause une “vidéo tronquée”, et essaie d’enterrer son passé professionnel lorsqu’elle énonce : “Je serai d’une vigilance absolue sur la question des conflits d’intérêt. Je me déporterai si jamais je suis en situation de conflit”.

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Les étranges pratiques de Sophia Chikirou pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon

Dans une longue enquête publiée ce vendredi 19 octobre, Radio France révèle comment la société de la communicante de Jean-Luc Mélenchon a facturé des prix anormalement élevés pendant la campagne présidentielle. Trois jours à peine après la turbulente perquisition à son domicile, ces révélations sont quelque peu embarrassantes pour le leader de la France insoumise. L’enquête s’intéresse particulièrement à la société Mediascop, présidée par Sophia Chikirou, la communicante de Jean-Luc Mélenchon himself. Cette agence aurait alors facturé près de 1,2 million d’euros de prestations, indique Radio France. Autrement dit, elle représente à elle seule 11% du budget total de la présidentielle.

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Et l’enquête montre plusieurs tarifs « anormalement élevés ». Sophia Chikirou a elle-même facturé ses services de communicantes à 80 000 heures hors taxes pour les huit mois de campagne, soit environ 10 000 euros par mois. Et  c’est sans compter toutes ses autres interventions sur des émissions et productions qui alourdissent la facture de ses propres prestations à 120 000 euros (environ 15 000 euros par mois). Radio France met en lumière la « double-casquette » de Sophia Chikirou, « à la fois donneuse d’ordre en tant que directrice de la communication et prestataire majeure de la campagne de Jean-Luc Mélenchon » en tant que directrice de la société Mediascop. Avec l’accord de la direction de la campagne, elle pouvait ainsi fixer elle-même les prix des prestations qu’elle fournissait.

« Combien a-t-elle gagné ? »

« Sophia Chikirou aurait valorisé son travail personnel à près de 15 000 euros hors taxes sur ses factures, mais combien a-t-elle gagné en tant que présidente de Mediascop grâce aux campagnes présidentielle et législatives de la France insoumise ? », interroge Radio France qui souligne que Mediascop ayant été transformée en société par actions simplifiées en mars 2017, ses comptes n’ont pas été publiés. En 2016, la société a en tout cas réalisé un bénéfice net de 76 600 euros, « soit 47% de marge nette », note Radio France qui parle d’un « ratio exceptionnel ».

En février dernier, la Commission nationale des comptes des campagnes avait déjà relevé des prestations de l’agence de Sophia Chikirou présentant « des écarts significatifs avec la grille (tarifaire) de cette entreprise ».

« On était payé au lance-pierre… » 

Mais surtout, des services intriguent les enquêteurs : la publication des discours du candidat sur une plateforme audio à 250 euros, une opération qui « prend 5 à 10 minutes », explique Radio France qui indique que 19 discours ont été mis en ligne et facturés à chaque fois (pour une prestation de 4 750 euros au total). Ou encore, le sous-titrage d’une vidéo d’une minute à 200 euros.

Radio France quelques anciens salariés de Mediascop durant la campagne. L’un d’entre eux s’est dit « surpris en constant à quel tarif son travail avait été facturé ». Pire encore, un autre raconte : « Elle [Sophie Chikirou] nous demandait régulièrement d’en faire un peu plus gracieusement, on a été payé au lance-pierre… » Il affirme également ne pas avoir payé pour certaines missions, pourtant bien facturées par Mediascop à Jean-Luc Mélenchon.

Dans un courrier du mois de septembre, le procureur de Paris François Molins expliquait à l’association de lutte contre la corruption Anticor que « les surfacturations dénoncées [par la CNCCFP, ndlr] tendent à faire sérieusement suspecter l’existence de manœuvres délibérées destinées à tromper l’organe de contrôle aux fins d’obtenir des remboursements sans cause ». Et indique avoir « diligenté une enquête préliminaire qui est toujours en cours ». D’où les perquisitions de mercredi au domicile de Jean-Luc Mélenchon et au siège de la France insoumise…

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