2022 : tous les œufs que vous mangerez viendront de poules élevées en plein air @thi_loup

Le ministre de l’Agriculture a confirmé l’interdiction des élevages en batterie pour les oeufs-coquilles avant la fin du quinquennat.

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“Les suicides sont en baisse depuis 30 ans et personne n’en parle”

C’est une statistique étonnante et (plutôt) une bonne nouvelle : on se suicide de moins en moins. En France, on dénombrait 8 885 décès par suicide en 2014, soit environ un par heure. Un nombre en baisse de 26% en une décennie, selon le récent rapport de l’Observatoire national du suicide (qui rappelle quand même que nous sommes au 10e rang sur 32 des pays européens connaissant un taux de suicide élevé).

Mieux, la baisse du nombre de personnes se donnant la mort s’est amorcée dès 1985. “Au cours des trente dernières années, le taux de suicide est passé du niveau maximum au niveau minimum”, s’étonnent les sociologues Christian Baudelot et Roger Establet dans Suicide, l’envers de notre monde (Seuil, 2018). Comment analyser ce phénomène “spectaculaire” et “inattendu” ? Éléments de réponse avec Christian Baudelot, professeur de sociologie à l’Ecole normale supérieure (Paris).

Pourquoi le taux de suicide est-il si bas aujourd’hui ?

Christian Baudelot – Cette baisse n’est pas du tout intuitive. On comprend très bien pourquoi le taux de suicide augmente, notamment dans les années 1970 au moment des chocs pétroliers et de l’arrivée du chômage de masse. À l’inverse, il n’y a aucune certitude sur les raisons de la baisse qu’on observe depuis 1985. Nous avons émis l’hypothèse que l’inversion de la courbe du suicide coïncide avec l’arrivée du Prozac. Au milieu des années 1980, en Europe de l’Ouest, les médecins généralistes ont été autorisés à prescrire cet antidépresseur d’un nouveau genre. Dans les pays du bloc de l’Est (Lituanie, Russie, Hongrie..), qui détenaient des taux record, ces médicaments sont arrivés plus tard, et avec eux la baisse du nombre de suicide. Aujourd’hui, les professionnels de santé sont quasiment tous d’accord pour considérer ces médicaments sont bénéfiques à la lutte contre le suicide.

“Nous avons émis l’hypothèse que l’inversion de la courbe du suicide coïncide avec l’arrivée du Prozac”

La baisse s’expliquerai donc par cette découverte médicale ?

Pas seulement. L’arrivée des antidépresseurs s’est accompagnée d’une transformation structurelle dans l’accès aux soins psychologiques. Dans les années 1960, la France a mis en place un système de sectorisation de la psychiatrie. Concrètement, nous avons de plus en plus de psys, présents dans une grande partie du territoire. J’ai plutôt l’impression que cette action des antidépresseurs correspond à une évolution de la prise en charge médicale des maladies mentales et de la perception sociale du suicide.

Comment expliquer, alors, qu’instinctivement on a plutôt l’impression que le suicide est en hausse ?

Parce qu’on ne parle pas de cette baisse ! Ca dure depuis 30 ans, et nous sommes pratiquement les premiers à en parler dans notre livre. Le taux de suicide n’est pas un indicateur aussi surveillé que le nombre de morts sur la route, par exemple. C’est aussi un problème d’opinion publique. La presse a tendance à rendre compte du suicide sous un angle dramatique. De plus, il y a une dissymétrie entre le phénomène réel et ce dont les médias se font l’écho : on entend parler des types de suicides les plus improbables (ceux des femmes, des jeunes…) Mais c’est pareil dans la littérature ! La suicidée la plus célèbre est Madame Bovary [personnage du roman éponyme de Gustave Flaubert, NDLR]. Or c’est un suicide « paradoxal ». Tout protégeait ce personnage du suicide : c’était une femme (statistiquement, elles se suicident moins que les hommes), elle avait un enfant et habitait en ville.

À ce propos, vous soulignez dans votre ouvrage que la baisse du suicide concerne toutes les catégories de population…

Oui, elle n’a pas modifié la structure socio-démographique du suicide (les hommes se suicident plus que les femmes, les vieux plus que les jeunes, les ruraux plus que les urbains). L’usage des antidépresseurs est un phénomène massif qui concerne toute la population.

Est-ce que tous les pays sont concernés par ce déclin ?

Dans les pays riches, il y a quelques exceptions : la Corée du Sud, où le suicide a augmenté, et les Etats-Unis où il stagne. Au cours de la même période, on a observé dans les pays pauvres, surtout en Afrique, une montée sensible du taux de suicide – dont les niveaux restent inférieurs aux pays riches. Ces pays ont connu un développement économique et une élévation du niveau de vie. Or, qui dit croissance, dit bouleversement des structures traditionnelles de la société. La modification en profondeur d’un société désorganise les milieux sociaux et se traduit donc toujours par une phase d’élévation du taux de suicide. Dans la plupart des pays développés, le passage, au XIXe siècle, d’une société rurale et artisanale à une société industrielle, capitaliste et urbaine s’est caractérisé par une forte montée du suicide.

“La modification en profondeur d’un société désorganise les milieux sociaux et se traduit donc toujours par une phase d’élévation du taux de suicide”

Pourquoi la crise économique de 2008, qui a elle aussi entraîné des profondes modifications de la société, n’a-t-elle pas eu un effet similaire sur le taux de suicide ?

C’est bien pour ça que cette baisse est un mystère ! Après 1985, le chômage reste fort, le travail continue à s’intensifier et l’emploi à se précariser. Et pourtant, les suicides diminuent… On a donc dû chercher une cause extérieure aux variables économiques et sociales : d’où notre conclusion que la baisse s’explique plutôt par les soins et la prescription des antidépresseurs.

Ce n’est donc pas forcément signe que la société va mieux en terme économique mais plutôt qu’elle sait mieux prévenir cette fatalité ?

Le suicide n’est qu’un indicateur parmi d’autres de la santé d’une société. Moins de gens qui se suicident, c’est forcément une bonne nouvelle mais de nouveaux modes de souffrance font place aux anciens. En particulier les maladies mentales : la dépression augmente fortement, on le sait. Il y a un autre élément intéressant à souligner : sur cette même période, l’homicide diminue aussi sensiblement.

“C’est forcément une bonne nouvelle mais de nouveaux modes de souffrance font place aux anciens”

La baisse du suicide participerait donc d’un mouvement généralisé de recul de la violence ?

Oui, on peut lier ces deux baisses. Mais en l’état actuel des choses, il reste encore difficile d’expliquer ces deux phénomènes. Il faudrait travailler avec des psychologues, des économistes…

Dans votre préface, vous vous opposez à la « dramatisation » du monde contemporain et à l’idée selon laquelle les réseaux sociaux renforcent la solitude.

Quand je me ballade dans le métro ou dans la rue et que je vois tous ces gens sur leur portable… Je me dis que c’est un parfait instrument anti-suicide ! On sait que le meilleur moyen de prévention reste le lien social. Plus les gens sont insérés dans des cercles sociaux, moins ils ont tendance à se suicider. Les portables engendrent des nouvelles formes de sociabilité, qui, aussi imparfaites soient-elles, en sont. Je suis convaincu que ça a un effet sur le suicide, même si ça reste compliqué à quantifier. Cela mériterait une enquête. Par exemple, chercher à savoir si les habitants en « zone blanche » se suicident plus.

“On sait que le meilleur moyen de prévention reste le lien social”

Au printemps dernier, la série 13 Reasons Why a été accusée d’inciter au suicide en étant trop réaliste. Partagez-vous cet avis ?

Je me souviens de la sortie du livre Suicide, mode d’emploi [de Claude Guillon et Yves Le Bonniec, éd. Alain Moreau, 1982, NDLR]. Ce manuel décrivait par le menu les différentes techniques pour se suicider et il avait été interdit pour les mêmes raisons : on lui reprochait de pousser au suicide. Mais nous avons repris les statistiques de l’époque et nous n’avons constaté absolument aucun effet.

Propos recueillis par Elise Koutnouyan

Suicide, l’envers de notre monde, de Christian Baudelot et Roger Establet, éd. Seuil, 2018

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Le premier ministre polonais provoque un tollé en parlant d’“auteurs juifs” de la Shoah

Au détour d’une réponse à un journaliste israélien, alors qu’il était en déplacement en Allemagne samedi 17 février, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a déclenché un scandale. La Pologne a récemment fait passer une loi controversée, prévoyant de sanctionner par des amendes ou des peines allant jusqu’à trois ans de prison toute personne qui associerait l’État polonais aux crimes commis par les nazis dans le pays pendant la Seconde Guerre mondial. Le journaliste israélien Ronen Bergman l’interroge à ce sujet, pour savoir s’il serait lui-même puni s’il racontait en Pologne l’histoire de membres de sa famille déportés après avoir été dénoncés à la Gestapo par leurs voisins polonais durant la Seconde Guerre mondiale. Sa question a été très applaudie (voir la vidéo ci-dessous) :

“Il y avait des auteurs polonais, tout comme il y avait des auteurs juifs”

Réponse du premier ministre : “Ce ne sera pas puni, ce ne sera pas considéré comme criminel que de dire qu’il y avait des auteurs polonais (du génocide juif), tout comme il y avait des auteurs juifs, des auteurs ukrainiens ou allemands”. Il a ajouté : “Bien sûr qu’il n’y aura pas de poursuites contre les gens qui disent qu’il y avait des auteurs polonais, car il y en avait. Mais nous ne pouvons mélanger auteurs et victimes car ce serait une insulte envers tous les Juifs et tous les Polonais qui ont tant souffert pendant la Seconde Guerre mondiale”.

La salle est restée silencieuse après ces propos, comme le remarque une journaliste du quotidien israélien Haaretz, scandalisée, sur Twitter :

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“Sa réaction a été incroyable”, a déclaré sur Twitter Ronen Bergman.

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Selon un journaliste présent, la délégation israélienne était « sous le choc ».

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“Un manque de sensibilité face à la tragédie de notre peuple”, pour Netanyahou

De nombreuses personnalités politiques ont depuis condamné ces propos. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a réagi par communiqué en jugeant ces déclaration « scandaleuses » : “Il y a un problème lié à une incapacité de comprendre l’Histoire et un manque de sensibilité face à la tragédie de notre peuple”. Le Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, s’est aussi inquiété de cette « réécriture de l’histoire » :

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