Guatemala : découverte de la dépouille d’un roi maya @NatGeoFrance

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Pourquoi Aung San Suu Kyi a réagi si tard à la persécution des Rohingyas

Prix Nobel de la paix en 1991, icône de courage et de résistance face à la junte birmane, Aung San Suu Kyi,  “Conseillère spéciale de l’État et
porte-parole de la Présidence de la République de l’Union de Birmanie”, ce sont ses titres officiels,  est sous le feu des critiques pour son long silence puis ses timides déclarations sur le sort des Rohingyas qui subissent actuellement une véritable épuration ethnique, conduisant  410 000  membres de cette minorité musulmane persécutée à l’exil pour échapper aux massacres et aux exactions de l’armée birmane.

Selon Matthew Wells, d’Amnesty International, après des attaques par des combattants rohingyas dans l’État d’Arakan où vivent la majorité des Rohingyas. “Les forces de sécurité ont riposté avec des ‘opérations de nettoyage’, bouclé la zone et commis contre les civils de graves violations des droits humains pouvant constituer des crimes contre l’humanité.”

L’opprobre de la communauté internationale

Face à l’aggravation de la crise, l’absence de réactions de celle qui est officieusement à la tête du gouvernement lui valu l’opprobre de la communauté internationale sans compter les admonestations d’un autre prix Nobel de la Paix Malala Yousafzai, la jeune Pakistanaise victime des Talibans, et les critiques du cinéaste Barbet Schroeder qui a tourné le terrifiant film sur le bonze assassin Le Vénérable W.

“50 % de villages intacts”

Aung San Suu Kyi est enfin sortie de sa réserve en publiant un déclaration le mardi 19 septembre. Elle affirme ainsi : “Nous sommes inquiets de voir que beaucoup de musulmans fuient au Bangladesh et nous devons comprendre pourquoi.” Elle s’est bien gardée d’utiliser le terme Rohingya, mot tabou en Birmanie, et elle  a tenté de relativiser la situation des musulmans persécutés en évoquant le sort d’autres minorités :

“Nous sommes profondément désolés pour les souffrances de tous ceux qui se sont retrouvés pris au piège de ce conflit. Ceux qui ont dû fuir leurs maisons sont nombreux. Pas seulement les musulmans et les membres de l’ethnie rakhine (bouddhiste, Ndlr) mais aussi les autres minorités”

Les abus seront punis, “quelles que soient les origines ou la position de pouvoir”

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Autre minimisation de la violence, la mise en doute  : “Il y a eu des allégations et des contre-allégations”  sur les violations des droits de l’homme par les forces de sécurité. Elle a pourtant affirmé  que les abus seraient punis, “quelles que soient les origines ou la position de pouvoir”,  en ajoutant toutefois : “Encore faut-il que nous disposions de preuves solides.”

Maladresse de plus, elle s’est égarée  à préciser  : “On parle toujours de ceux qui ont fui, mais pas de ceux qui sont restés et ne sont pas à couteaux tirés avec leurs voisins.” Et de préciser : “Il y a plus de 50 % de villages qui sont intacts.” ce qui signifie que l’autre moitié a été touché par les exactions, ce qui fait quand même beaucoup.

“Nous condamnons toutes les violations des droits de l’homme (…) Des mesures seront prises contre toutes les personnes indépendamment de leur religion, de leur race ou de leur position politique qui vont à l’encontre des lois du pays et qui violent les droits de l’homme tels qu’ils sont définis par la communauté internationale”, a-t-elle ajouté.

“C’est une période très courte pour attendre de nous que nous ayons déjà surmonté tous les défis”

Plaidant pour l’indulgence de la communauté internationale, elle a rappelé que “la Birmanie est une nation complexe” et ”une démocratie imparfaite”,  et et que son “gouvernement était en place depuis moins de 18 mois”. “C’est une période très courte pour attendre de nous que nous ayons déjà surmonté tous les défis.”

Un pouvoir à la merci de la toute-puissante armée 

Comment la femme qui incarnait le courage face à une dictature militaire obtuse qui a ruiné le pays, celle qui, en héritière de Gandhi, affirmait la puissance de la non-violence comme arme de résistance peut-elle se retrouver empêtrée dans la répression meurtrière et le nettoyage ethnique ?

La pasionaria pacifiste est maintenant plongée dans le piège du nationalisme xénophobe et les compromissions du combat politique. Fille d’un opposant célèbre à l’occupation britannique, Aung San Suu Kyi a consacré sa vie à la politique pour tenter d’instaurer la démocratie dans son pays. Elle a passé près de vingt ans en résidence surveillée avant de se retrouver enfin à la tête du pays, dans des circonstances bien particulières.

Bien que dirigeante du parti majoritaire, la Constitution birmane lui interdisait de se présenter à l’élection présidentielle car elle était marié à un citoyen anglais. Elle possède en fait le titre de “conseillère spéciale de l’Etat” et le poste de ministre des affaires étrangères. Mais elle s’est débrouillée pour placer à la présidence un ancien camarade d’école Htin Kyaw, 69 ans, et exerce donc un réel pouvoir.

Un pouvoir cependant à la merci de la toute-puissante armée  qui s’est attribué 25 % des sièges au Parlement et nombre de ministères clés : la Défense, l’Intérieur et les Frontières. Ainsi les militaires gardent la mainmise sur les “Zones périphériques” de ce pays aux très nombreuse minorités.

Comme l’expliquait à Paris Match Morgane Eches, spécialiste de la Birmanie à Amnesty International. “Ils ont la force. Ils peuvent à tout moment déclarer l’état d’urgence et reprendre les pleins pouvoirs.”

La madone bouddhiste de la non-violence se retrouve ainsi coincée dans les  affres de la realpolitik. Une position peut-être encore plus inconfortable que lors des dures années de l’opposition au régime.

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