Archives pour la catégorie acutalité

Le duel McEnroe/Borg: retour sur l’un des plus grands combats de l’histoire du sport

Björn Borg et John McEnroe avant leur homérique finale à Wimbledon, le 5 juillet 1980 © Bob Thomas/Getty Images

Nous sommes en 1979. John McEnroe est opposé à Björn Borg en demi-finale du tournoi de La Nouvelle-Orléans. C’est la troisième confrontation en carrière entre les deux hommes, une victoire partout pour le moment. On est à 5-5 au troisième set, et McEnroe est en train de péter un câble au fond du court, pour changer.

Mac est le feu, et Borg la glace. “Fire and Ice”, c’est ainsi qu’on a surnommé leur rivalité, qui au fond n’en était pas vraiment une… A La Nouvelle-Orléans, McEnroe est fou de rage donc, il jette sa raquette, shoote dedans, crache, hurle, se tire lui-même les cheveux. Le public américain siffle. Borg, 23 ans, n’en revient pas de voir Mac – qui vient d’en avoir 20 – se mettre dans un état pareil.

Une confrontation majeure dans l’histoire du tennis

Le Suédois est au filet, et il fait un signe à l’Américain. On pourrait craindre le pire, mais Borg a le sourire. Il dit : “Viens voir John, viens voir. McEnroe a le trouillomètre à zéro. Il hésite à y aller. Il a peur de se faire pulvériser par le numéro un mondial. Il a honte, presque. “Je pensais qu’il allait me hurler dessus”, confiera Mac quelques années plus tard. Borg insiste, ramène-toi mec.

L’Américain avance et arrive à la hauteur d’un type qui lui sourit à nouveau et lui lance : “Pourquoi tu te mets dans un état pareil, ce n’est qu’un jeu.” McEnroe repart avec un sourire étrange. On pense que c’est de l’ironie, et qu’il se demande bien au fond de lui-même pourquoi ce grand échalas nourri aux Krisprolls peut lui dire une connerie pareille. Mais non, Mac est soulagé, il se sent alors, il le racontera ensuite, “accepté par Borg”. Et vous imaginez bien qu’en 1979, quand on est joueur de tennis, ça n’est pas rien.

A La Nouvelle-Orléans, McEnroe finira par cuire Borg en trois sets. On est aux prémisses d’une confrontation majeure dans l’histoire du tennis et du sport en général, qui durera en gros quatre ans, jusqu’à la retraite anticipée de Borg en 1983 (il a alors tout juste 26 ans).

Quatorze matchs, sept victoires partout, du grand art à chaque rencontre, avec un sommet en 1980 en finale de Wimbledon, remportée par Borg 8-6 au cinquième set dans ce qui pourrait être l’un des sommets du tennis mondial avec quelques Nadal-Federer (celui de janvier dernier en Australie n’était pas si mal, avouez).

(suite…)

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Projet de loi anti-terroriste : vers un état d’urgence permanent

JACQUES DEMARTHON / AFP

Emmanuel Macron avait annoncé le 3 juillet dernier devant le Parlement réuni en congrès à Versailles qu’il lèverait l’état d’urgence. Instauré au lendemain des attaques terroristes du 13 novembre 2015 à Paris, il a été prorogé six fois par l’Assemblée Nationale et a été vivement critiqué par nombre d’observateurs de la vie juridique, accusé d’être inefficace et liberticide. Seulement voilà, la sortie annoncée de l’état d’urgence s’accompagne de l’adoption d’un projet de loi anti-terroriste. Débattu cette semaine au Sénat après un passage express à l’Assemblée Nationale, il constitue pour Vanessa Codaccioni ni plus ni moins qu’une transcription des mesures d’état d’urgence dans le droit commun.

“On va rendre l’état d’urgence permanent !”

En effet, malgré l’emploi de termes nouveaux, l’esprit demeure le même et on retrouve les principales mesures d’état d’urgence dans le projet de loi présenté au Parlement. Les perquisitions sont ainsi renommées “visites” et les assignations à résidence “mesures de surveillance individuelles”.

“C’est exactement la même chose mais en pire !” affirme Vanessa Codaccioni. Selon elle, le principal problème du projet de loi consiste en ceci qu’il ne sera désormais plus attaquable puisqu’inscrit dans le marbre de la loi et par conséquent invisibilisé. “La première dérive c’est qu’on ne pourra plus critiquer l’état d’urgence. […] Je préfère qu’on proroge l’état d’urgence plusieurs fois que ce qu’on est en train de faire.” En effet, jusqu’à présent, c’était l’Assemblée Nationale qui décidait s’il fallait ou non proroger l’état d’urgence, chaque fois qu’il arrivait à son terme. L’adoption de ce projet de loi en revanche, donne aux dispositions adoptées un caractère définitif.

Qui plus est, le fait de conférer à l’administration et à la police des pouvoirs aussi étendus, pose la question des dérives. “Tout ça va rester dans le droit et pourra potentiellement être utilisé par d’autres personnes au pouvoir dont on ne connaît pas les intentions” ajoute V. Codaccioni en s’inquiétant de qui accédera au pouvoir dans cinq ans, dix ans…

Inefficace et porteur de dérives

Plusieurs associations et organisations internationales dont des rapporteurs de l’Organisation des Nations Unies qui dénonçaient des “restrictions excessives et disproportionnées sur les libertés fondamentales” et Amnesty International s’étaient déjà inquiétés des dérives de l’état d’urgence et de l’usage détourné qui était fait de ses dispositions. L’association rappelle ainsi que dans le cadre de l’état d’urgence, “639 mesures d’interdictions individuelles de manifester ont été prises contre des personnes dont 21 dans le cadre des manifestations liées à la COP21, et 574 dans le cadre des manifestations contre la loi travail”.

Déplorant l’utilisation qui a été faite du dispositif par les gouvernements de M. Valls et B. Cazeneuve qui ont “appliqué des dispositifs anti-djihadistes à des militants écologistes et contre la loi travail”, Vanessa Codaccioni précise “Dans l’état d’urgence comme dans le projet de loi, à aucun moment il n’est fait référence au terrorisme islamiste. La cible visée n’est pas spécifiquement identifiée. […] Ces dispositifs vont pouvoir être réutilisés contre la contestation politique et contre les militants.”

Il est en effet à craindre qu’en dépit de ses déclarations en matière de protection des libertés individuelles, le gouvernement ne poursuive la dynamique d’“assimilation du militantisme au terrorisme” engagée sous le précédent quinquennat. Cette tendance remonte même plus loin, on peut voir dans l’affaire dite de Tarnac et dans le traitement qui en avait été fait par Nicolas Sarkozy (ou encore dans la répression des manifestations du G8 ou du G20 à l’étranger), les prémisses de cette mise sur un pied d’égalité de la contestation politique et du terrorisme islamiste.

Normaliser l’exceptionnel : la banalisation d’un état d’urgence pourtant inefficace

“On est en train de construire un appareil antiterroriste monstrueux” déplore la chercheuse pour qui l’inscription des mesures d’état d’urgence dans le droit commun relève d’une volonté d’écarter le pouvoir judiciaire pour confier la gestion du risque terroriste à une administration beaucoup moins soucieuse de protection des libertés individuelles.

On vit dans une société où la grande majorité des gens est favorable à l’état d’urgence pour de mauvaises raisons parce qu’ils croient que c’est efficace et que ça ne les concerne pas directement.

Outre les limitations apportées au droit de manifester, la surveillance de masse développée par les législations antiterroristes successives depuis les années 1980, concerne en effet tout un chacun.

De plus, on passe selon elle “de la répression d’un acte à la répression d’une intention”, si la justice prédictive est le propre de l’antiterrorisme, ses conséquences sur les libertés individuelles s’annoncent potentiellement dévastatrices. Selon V. Codaccioni toujours, la justice – jugée trop lente, trop laxiste, trop indépendante aussi – a perdu son rôle central depuis longtemps au profit de la police et de l’administration : “le moment du jugement n’est plus important, c’est l’avant procès qui compte”.

La relative inefficacité de l’état d’urgence a pourtant été démontrée. Les attentats déjoués depuis deux ans ne l’ont en effet pas été grâce à lui et il n’y a pas de raison de penser qu’il sera capable de prévenir les attentats à venir. “Il n’est pas efficace en matière de lutte antiterroriste, ça a été démontré” affirme la chercheuse en s’appuyant sur les maigres résultats obtenus malgré les nombreuses perquisitions effectuées.

Une opération de communication de l’exécutif ?

Alors pourquoi cette loi ? Si Vanessa Codaccioni considère l’état d’urgence inefficace, elle estime néanmoins “qu’il a une efficacité politique et une efficacité en termes de communication”. Devant le parlement réuni en congrès, Emmanuel Macron avait déclaré :

Abandonner nos libertés c’est apporter à nos adversaires une confirmation que nous devons leur refuser. De tous temps, les adversaires de la démocratie ont prétendu qu’elle était faible et que si elle voulait combattre, il lui faudrait bien abandonner ses grands principes. C’est exactement le contraire qui est vrai. Le code pénal tel qu’il est, les pouvoirs des magistrats tels qu’ils sont, peuvent, si le système est bien ordonné, bien organisé, nous permettre d’anéantir nos adversaires. Donner en revanche à l’administration des pouvoirs illimités sur la vie des personnes, sans aucune discrimination, n’a aucun sens, ni en termes de principes, ni en termes d’efficacité.

Pour la chercheuse “c’est un tour de passe-passe incroyable. […] C’est pour le coup de la poudre de perlimpinpin !”, une “manoeuvre de communication politique consistant à faire croire qu’on sort de l’état d’urgence alors qu’on y est toujours […] on explique qu’on va écourter l’état d’urgence comme règle d’exception, mais on va seulement banaliser l’exception en la faisant rentrer dans le droit”, il s’agit selon elle d’une “incohérence totale dans le propos”.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Sénat a voté plusieurs amendements qui viennent édulcorer le texte avant son second passage devant l’Assemblée Nationale prévu en octobre. Il est cependant vraisemblable que les députés En Marche qui composent la majorité ne retirent les modifications apportées au projet de loi et ne rajoutent les mesures voulues par un exécutif soucieux de soigner sa posture d’autorité. “On ne peut pas se satisfaire de ces amendements, il faudrait ne pas le voter du tout” conclut-elle.

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Prostitution en Allemagne: bientôt la fin des soirées gangbang ?

Une prostituée dans un bordel berlinois (© John MacDougall / AFP)

Au King George, le client est roi… pour la modique somme de 49 euros. Une fois les billets alignés, les clients de cette maison close du quartier berlinois de Schöneberg peuvent consommer bières, cocktails et prostituées à volonté. Ce bordel fait partie des nombreux établissements allemands qui ont repris ces dernières années le modèle économique du “all you can eat” des buffets à volonté chinois en le transformant en “all you can fuck”. Surnommés bordels “flatrate” (“au forfait”), ces lieux sont devenus en Allemagne le symbole de ce que le secteur de la prostitution peut avoir de plus sordide.

Le commerce du sexe est légal outre-Rhin depuis 2002, et c’est un secteur florissant : selon l’Office allemand de la statistique, le chiffre d’affaires des bordels représenterait chaque année plus de 14 milliards d’euros à l’échelle du pays. Avec sa législation libérale, l’Allemagne est devenue au cours de la décennie passée “le bordel de l’Europe”, comme on peut le lire dans les nombreux articles de presse parus ces dernières années sur le sujet.

“Paradis pour les trafiquants d’êtres humains»

Berlin n’attire pas seulement les touristes pour son Mur et ses clubs électro, mais aussi pour ses bordels. La capitale allemande compte à elle seule près de 400 maisons closes et plus de 2 000 prostituées selon les estimations de la police berlinoise.

En 2013, la féministe allemande Alice Schwarzer, fondatrice de la revue Emma, a relancé le débat sur la libéralisation de la prostitution en publiant une enquête qui dénonce les nombreux abus dont continuent d’être victimes les prostituées qui travaillent dans ces bordels au fonctionnement relativement opaque. Dans son livre Prostitution, un scandale allemand, Alice Schwarzer affirme que cette législation permissive a fait le lit des réseaux mafieux, et que l’Allemagne s’est muée en “paradis pour les trafiquants d’êtres humains”.

“Plus facile d’ouvrir un bordel qu’une baraque à frites”

Trois ans plus tard, une nouvelle loi entrée en vigueur début juillet est censée mieux protéger les prostituées en encadrant plus la pratique du sexe tarifé: le port du préservatif est désormais obligatoire chez les clients, les travailleuses du sexe sont tenues de déclarer leur activité auprès des autorités sanitaires et les patrons de bordel de demander une autorisation pour pouvoir poursuivre leur activité ou ouvrir un nouvel établissement.

“Ici il est plus facile d’ouvrir un bordel qu’une baraque à frites”, avait déploré l’an dernier Manuela Schwesig, ancienne ministre allemande de la Famille, lorsque le projet de loi avait été examiné au Bundestag. Un des grands objectifs de cette loi était d’interdire l’organisation de soirées gangbang, durant lesquelles une prostituée a des rapports sexuels avec plusieurs clients à la fois, et le principe-même des formules “sexe à volonté”, au motif que ces pratiques seraient dégradantes pour les travailleuses du sexe.

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Mais le texte qui a finalement été adopté par le Bundestag, après maints remaniements, ne fait pas explicitement référence à ces pratiques, mais à la notion de “consentement sexuel”.

Quelques semaines après l’entrée en vigueur de la loi, force est donc de constater que rien ne semble avoir changé. Les bordels flatrate de la capitale allemande continuent d’attirer le client avec des “forfaits tout compris”, des dizaines d’orgies et soirées gangbang sont annoncées pour les prochaines semaines sur les sites spécialisées et les prostituées qui ont fait de cette pratique leur fonds de commerce continuent de proposer leurs services sur la toile. La nouvelle loi entretient en effet le flou sur la conduite à adopter, dénonce Charlie, une des porte-parole du BesD, l’Association allemande des services érotiques et sexuels:

“Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas aujourd’hui si ce qu’ils font est interdit ou pas. Les gens continuent donc à faire ce qu’ils estiment être correct et attendent de voir ce qu’il va se passer.”

“La dynamique de groupe va plutôt dans le sens d’un contrôle mutuel”

Charlie considère que la pratique du gangbang n’est qu’“une forme du travail du sexe» et que celle-ci est d’ores et déjà encadrée:

“Les gangbangs obéissent à des règles précises. On définit à l’avance ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Les limites que pose la prostituée sont explicitement communiquées aux clients. Il est bien sûr difficile, pendant un gangbang, de dire à chaque client si on veut ou pas avoir des relations sexuelles avec lui, mais cela irait contre le principe d’un gangbang, car sur le moment cela importe sans doute peu.”

Elle estime d’ailleurs que la présence simultanée de plusieurs clients garantirait un certain contrôle social plus qu’elle ne constituerait un danger pour la prostituée:

“Je pense que la dynamique de groupe va plutôt dans le sens d’un contrôle mutuel plutôt que d’un pétage de plombs collectif.”

Au suivant…
Ouvert depuis 2010, le bordel berlinois Erlebniswohnung s’est spécialisé dans les gangbangs. Le tenancier, Mustafa, insiste à maintes reprises sur le fait que les Herrenüberschuss-Parties – comme on appelle dans le jargon ces orgies où les hommes sont en surnombre par rapport aux femmes présentes – qu’il héberge n’ont pas uniquement lieu avec des prostituées mais aussi avec des femmes qui ont envie de vivre ce fantasme, bien que ces dernières soient également “défrayées” pour leur participation. Lui aussi insiste sur le fait que les gangbangs qui ont lieu dans son bordel ne donnent pas lieu à un déchaînement de violence:

“Chacun attend que l’autre ait fini, et c’est la femme qui est au centre qui décide.”

Son établissement de la banlieue berlinoise ouvre chaque jour ses portes dès le matin. Droit d’entrée avec buffet à volonté: 89 euros les jours de semaine, 99 euros le week-end. “Les hommes payent uniquement pour participer à la fête, ils ne peuvent pas prétendre à avoir des relations sexuelles une fois à l’intérieur”, assure-t-il, même si on imagine mal des clients débourser une telle somme pour passer leur après-midi en claquettes, une serviette de bain autour des hanches, à grignoter des cacahouètes au comptoir. Le bordel attire de nombreux touristes étrangers:

«Ils représentent environ un tiers de notre clientèle. On a beaucoup d’Italiens, d’Israéliens, de Français, mais aussi des Américains, des Suédois, des Britanniques…»

Depuis début juillet, son établissement est plus calme qu’à l’accoutumée: “Il n’y a pas assez d’hommes en ce moment. Beaucoup de clients m’ont appelé pour me dire qu’ils étaient embarrassés, qu’ils ne savaient pas quelles conséquences avait la loi et qu’ils avaient peur d’être sanctionnés”, rapporte Mustafa.

La nouvelle loi prévoit en effet tout un éventail de sanctions pour les clients qui ne respecteraient par exemple pas le port du préservatif ou fréquenteraient des prostituées exerçant contre leur gré. Peine maximale: cinq ans de prison.

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Ses chansons semi-parodiques cartonnent sur YouTube : mais qui est vraiment Maxenss ?

Maxenss, par la photographe Alice Kong

De son propre aveu, il ne connaît pas encore très bien son quartier du XVIIe arrondissement. Ainsi, le café où il nous propose de nous retrouver en cette belle fin de matinée ensoleillée est finalement fermé. Heureusement, Maxenss se souvient d’une petite terrasse une centaine de mètres plus loin. Sur le chemin, il nous raconte son week-end aux Francofolies de La Rochelle, où il est monté poser quelques couplets sur scène avec le groupe de rap VSO : “On était sur une petite scène en pleine journée, mais franchement il y avait énormément de monde donc c’était très cool !“. Et les images de leur prestation viennent confirmer ses dires.

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Comme VSO, Maxenss est originaire de Nîmes. Et c’est sur la scène locale qu’il fait ses débuts avec son groupe de pote du lycée, dans un style metal très éloigné du cloud rap pour lequel on le connaît aujourd’hui, avec un son digne du grunge des années 90. Ecouter le premier EP de Fysh, c’est s’imaginer facilement cinq garçons dans un garage se déchaîner sur leurs guitares tout un samedi après-midi pour retrouver des riffs à la Korn, avant une bonne bière bien fraîche.

C’est quelque chose qui me tente encore. A terme, j’aimerais bien revenir à des sonorités de ce style, peut-être pas néo-metal, mais avec plus de piquant. Un peu comme dans la chanson Cheveux (sortie sur sa chaîne en mars)” se rappelle celui qui tenait le micro de Fysh.

 

“Quelque part, je vis dans la nostalgie”

Conscients qu’ils cherchent un peu trop à ressembler à leurs groupes favoris, les cinq membres de Fysh décident pour leur second EP Imago sorti en 2015 de mieux fusionner leurs influences. Le son devient plus pop, plus dansant, mais subsiste toujours cette patte années 90 dont Maxenss ne s’est depuis jamais défait. “Les années 90, toute cette esthétique, c’est quelque chose qui est hyper présent dans ma vie. Quelque part, je vis dans la nostalgie“, confesse-t-il à cœur ouvert.

Si aujourd’hui sa musique est plus actuelle, tout dans les clips de Maxenss transpire le rétro, des bandanas aux vestes de survêtement, et ce jusqu’au grain de l’image qui sent bon la VHS. Dans ses textes, les expressions comme “top moumoute” et “on va se poiler” sont légions, et certains de ses sons tournent même complètement autour de la thématique de l’enfance comme La quéquette à Jacques Chirac, un autre de ses succès.

Une goutte d’humour pour une flaque de mélancolie

Mais si un drôle de décalage naît de ces textes et de cette ambiance, subsiste toujours une poésie très premier degré dans l’ensemble de ses morceaux. “Pour moi, ce n’est pas de la chanson parodique. Quand j’écris Dimanche (chanson parue sur sa chaîne en mars), je suis ému. La mélancolie, c’est très présent dans mes créations, parce que c’est à l’intérieur de moi. Quand je conçois la musique, c’est pour exprimer quelque chose d’assez mélancolique“, raconte Maxenss en sirotant sa grenadine.

“Je vais dans ces eaux mélancoliques naturellement, même dans ce que j’écris pour moi. La musique, c’est un exutoire”

Amateur de photos, ses yeux s’illuminent quand il narre sa nostalgie des appareils jetables, qu’il continue d’utiliser pour son plaisir. “On a perdu le suspens du développement, des photos non-instantanées. On prenait le temps de les faires, et souvent les photos étaient ratées mais on les gardait pour nous“. Pour autant, le jeune homme n’est pas du genre à cracher sur son époque. “Il y avait une sorte de galère sans les réseaux sociaux, on connaissait moins la vie des gens, et ça développait un genre de fantasme. Mais au final, je ne dirais pas que c’était mieux avant. C’est juste d’autres plaisirs et d’autres façons de faire“.

Faire rire pour se sentir bien

Si Maxenss est venu habiter sur Paris, c’est pour poursuivre l’un de ses rêves d’enfant : devenir comédien. Mais son arrivée sur YouTube n’a pas vraiment de visée carriériste. “Ça ne me gêne pas forcément qu’on me considère comme un youtuber, mais ce n’est pas vraiment ce que je suis. Je me sers de YouTube pour héberger et partager ce qui m’amuse, mais je ne réfléchis pas à une logique de production comme le font les youtubers“, explique-t-il avec sa franchise et sa simplicité touchante.

“Petit, je faisais des espèces de petits spectacles au fond de la cour. Quelque part, je sentais que j’étais important pour les gens quand je les faisais rire, et ça me donnait confiance en moi”

Pourtant, Maxenss semble être aujourd’hui la nouvelle coqueluche de YouTube, en tout cas du côté des vidéastes. Le jeune chanteur multiplie les apparitions dans les vidéos de Squeezie et passe des après-midi avec Mcfly et Carlito. “Y’a des gens qui doivent penser que je paye pour apparaître chez les autres, comme un genre de placement de produits, plaisante-t-il. Alors que c’est juste des rencontres qui se font, avec des gens que j’adore et qui me proposent des projets, c’est aussi simple que ça“. Au-delà des collaborations avec certains, c’est une vraie complicité qu’il noue avec les vidéastes qu’il a pu rencontrer.

Quelques années plus tôt, Maxenss faisait déjà partie de la bande de copains des youtubers Seb La Frite et Sofyan, dont les abonnés se comptent aujourd’hui en centaines de milliers, voire en millions. “J’ai connu Sofyan au lycée, et c’est par lui que j’ai rencontré Seb et Amine pour un projet de vidéo. On a vite sympathisé. Seb nous hébergeait quand on montait sur Paris, au point que beaucoup de gens pensent encore aujourd’hui qu’on est coloc’“. Les vidéos montrant les quatre garçons dans leur appartement laissent en effet penser à une sorte de coloc’ de l’enfer où personne ne dort jamais, une version adolescente rebelle de l’île aux enfants qui pour Maxenss est à l’époque un puit de créativité précieux.

Un nouveau projet avec VSO pour la rentrée

Pour lui, la suite se joue toujours en musique. Et passe par une collaboration avec VSO, connaissances de longue date desquelles il s’est rapproché plus concrètement cette année. Après avoir partagé la scène ce week-end aux Francofolies, Maxenss et VSO vont porter ensemble un EP, Southcoaster, dont le premier titre vient d’être dévoilé sur sa chaîne. Confiant pour l’avenir, Maxenss nous quitte en promettant de grandes choses cet été, et l’envie de s’affirmer plus encore comme un chanteur premier degré pour se dégager de cette image de parolier parodique forgée par son récent succès. Entre son ton décalé et sa mélancolie enfantine, le succès devrait (encore) être au rendez-vous.

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Malala se lance sur Twitter : journal d’une ado ou visées politiques au Pakistan ?

Malala Yousafzaï a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2014. (©AFP PHOTO / OLI SCARFF)

“Hi, Twitter”. C’est avec ce simple tweet que Malala Yousafzaï a fait son entrée sur le réseau social, le 7 juillet dernier. Depuis, la ligne suivie par la jeune Pakistanaise reste très floue. Elle alterne entre les posts légers d’une jeune ado de 20 ans, sur son dernier jour au lycée, un Gif d’auto-tamponneuses, des encouragements au tennisman Roger Federer, et des messages politiques, comme ceux au gouvernement Irakien ou Colombien.

Elle lance au même moment un hashtag qui fait sens : #GirlPowerTrip. La lauréate du Prix Nobel de la Paix en 2014, pour sa lutte pour l’éducation des filles, décide ainsi d’entamer un vrai voyage à travers le monde pour partager l’histoire des femmes déscolarisées. Bizarrement, cela coïncide au moment où Malala fête ses 20 ans, et termine donc ses années d’ado. “Malala est en mission”, titre alors le site de sa Fondation, Malala Fund. Elle part à la rencontre de ses fans, tweete à chaque déplacement, et fait des propositions de réformes de lois… exactement comme un candidat en campagne électorale.

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Le journal intime d’une ado

Et s’il ne s’agissait que d’un simple coup de tête d’une ado ? C’est ce que pensent beaucoup d’internautes, dont certains se sont même demandé ce qu’elle faisait sur la twisttosphère :Personnellement, j’ai été surprise qu’elle ait rejoint Twitter et je me demande qui l’a conseillée. Je ne pense pas que quelqu’un de sa stature en ait besoin. Peut-être que Malala a terminé l’école et qu’à vingt ans, elle veut expérimenter soi-même les réseaux sociaux”, regrette Bina Shah, une écrivaine et blogueuse pakistanaise très active sur Twitter, qui vit à Karachi, la capitale.

Depuis son plus jeune âge, Malala est en effet un symbole : à 15 ans, elle survivait à une tentative d’assassinat par les talibans, sur le chemin de l’école. A 17 ans, elle recevait le Prix Nobel de la Paix, et obtenait autant d’encouragements de la part du couple Obama que des stars comme Angelina Jolie.

A quelques jours de ses 20 ans, elle faisait ses premiers pas sur le premier réseau mondial de communication politique, et cela suppose évidemment des intentions cachées pour une telle personnalité.

Malala, le symbole de la lutte féministe. (©Flickr/Brunosan)

Malala semble gérer à la perfection l’art du community management : elle fait sa propre com’, et ne divulgue jamais trop sa vie privée, juste ce qu’il faut pour attiser l’engouement des followers.

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Future candidate à l’élection présidentielle ?

Avec cette nouvelle activité 2.0, Malala refait surface à une période très précise : au Pakistan, le Premier ministre Nawaz Sharif pourrait être destitué par la Cour suprême, pour une affaire de corruption et d’enrichissement illégal. La bataille judiciaire pourra être longue, mais bouleverse déjà le paysage politique et l’avis des sympathisants. Surtout qu’au même moment, les partis politiques préparent déjà la prochaine élection présidentielle qui aura lieu dans moins d’un an. “J’ai l’impression que son projet a toujours été de devenir une personnalité politique. Elle reste jeune donc elle n’a peut-être pas l’envie de candidater à des élections maintenant, mais elle a désormais tous les outils médiatiques pour se lancer”, analyse Virginie Dutoya, chercheuse au CNRS, spécialisée sur la représentation des élites politiques au Pakistan, et de la place des femmes.

Twitter lui servirait donc d’une vitrine de son activisme, pour préparer le terrain en amont. Pour être éligible à l’Assemblée nationale pakistanaise, Malala devrait en effet être au moins âgée de 25 ans, et de 45 ans pour la présidentielle. Pourtant, ni dans les médias, ni sur son blog, Malala n’a affirmé vouloir une carrière en politique. Cette nouvelle “mission” aurait pour unique but d’aider les 130 millions de femmes déscolarisées.

Une entrée passée inaperçue au Pakistan

L’engouement des internautes a été immédiat : son premier tweet a enflammé la toile en quelques heures seulement, en générant 273 000 likes et 56 000 retweets. Pourtant, son inscription soudaine a été beaucoup moins relayée dans son propre pays que dans les médias internationaux. “Ce n’est pas une grande nouvelle dans les médias pakistanais. Je n’ai presque pas vu d’articles en parler, ce n’est pas un événement majeur pour eux”, avoue la spécialiste du Pakistan. Déjà, parce qu’une bonne partie des Pakistanais désapprouvent sa lutte. D’autres lui reprochent d’avoir quitté son pays natal pour l’Angleterre, pour échapper aux menaces de mort qui pèsent sur elle, ou encore d’être “instrumentalisée” par les médias internationaux.

En 2013, Malala est invitée à rencontrer Barack Obama à la Maison Blanche. (© Creative commons Official White House/Pete Souza)

Ensuite, parce que dans ce pays Twitter est beaucoup moins populaire que Facebook. “Twitter n’est pas forcément le média le plus indispensable à suivre quand on est politiquement engagé au Pakistan”, appuie Virginie Dutoya. Ce n’est que très récemment qu’il est devenu indispensable pour les entreprises, les activistes ou même le Gouvernement et l’ISPR, le média des forces armées pakistanaises, qui s’en sert désormais pour faire des campagnes politiques.

Retrouver l’image d’une “femme”, au lieu d’une “victime”

Twitter lui sert donc à une chose simple : montrer qu’elle est désormais “accessible”. Elle n’est pas que cet être “exceptionnel” avec un certain “aura”, ni cette “activiste engagée” qui racontait son enfance difficile sous la domination des Talibans, sur son blog hébergé par la BBC. Ni la “survivante” qui a survécu à une balle dans la tête, lors d’une tentative d’assassinat par ces fondamentalistes musulmans. Elle n’est pas que “la plus jeune lauréate” du Prix Nobel de la Paix. C’est avant tout une jeune femme.

“En étant sur Twitter, on ne la voit plus comme une petite fille, une victime, ou une icône lointaine, c’est désormais une femme politiquement engagée, une vraie actrice de la lutte pour les droits des femmes”, analyse Virginie Dutoya, spécialiste du Pakistan.

Désormais plus “humaine”, Malala pourrait néanmoins avoir perdu sa particularité, cet “aura”. “J’aimais son côté “mystique”, mais elle l’a peut-être perdu”, déplore Bina Shah, qui craint qu’elle ne devienne une fille comme les autres.

On sent d’ailleurs un léger essoufflement dans ses derniers tweets : après des centaines de likes, ses publications n’en génèrent plus qu’une dizaine. “Twitter ne jouera pas en sa défaveur, il va renforcer la légitimité qu’elle avait déjà”, certifie de son côté Vigirnie Dutoya.

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Malala se lance sur Twitter : journal d’une ado ou visées politiques au Pakistan ?

Malala Yousafzaï a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2014. (©AFP PHOTO / OLI SCARFF)

“Hi, Twitter”. C’est avec ce simple tweet que Malala Yousafzaï a fait son entrée sur le réseau social, le 7 juillet dernier. Depuis, la ligne suivie par la jeune Pakistanaise reste très floue. Elle alterne entre les posts légers d’une jeune ado de 20 ans, sur son dernier jour au lycée, un Gif d’auto-tamponneuses, des encouragements au tennisman Roger Federer, et des messages politiques, comme ceux au gouvernement Irakien ou Colombien.

Elle lance au même moment un hashtag qui fait sens : #GirlPowerTrip. La lauréate du Prix Nobel de la Paix en 2014, pour sa lutte pour l’éducation des filles, décide ainsi d’entamer un vrai voyage à travers le monde pour partager l’histoire des femmes déscolarisées. Bizarrement, cela coïncide au moment où Malala fête ses 20 ans, et termine donc ses années d’ado. “Malala est en mission”, titre alors le site de sa Fondation, Malala Fund. Elle part à la rencontre de ses fans, tweete à chaque déplacement, et fait des propositions de réformes de lois… exactement comme un candidat en campagne électorale.

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Le journal intime d’une ado

Et s’il ne s’agissait que d’un simple coup de tête d’une ado ? C’est ce que pensent beaucoup d’internautes, dont certains se sont même demandé ce qu’elle faisait sur la twisttosphère :Personnellement, j’ai été surprise qu’elle ait rejoint Twitter et je me demande qui l’a conseillée. Je ne pense pas que quelqu’un de sa stature en ait besoin. Peut-être que Malala a terminé l’école et qu’à vingt ans, elle veut expérimenter soi-même les réseaux sociaux”, regrette Bina Shah, une écrivaine et blogueuse pakistanaise très active sur Twitter, qui vit à Karachi, la capitale.

Depuis son plus jeune âge, Malala est en effet un symbole : à 15 ans, elle survivait à une tentative d’assassinat par les talibans, sur le chemin de l’école. A 17 ans, elle recevait le Prix Nobel de la Paix, et obtenait autant d’encouragements de la part du couple Obama que des stars comme Angelina Jolie.

A quelques jours de ses 20 ans, elle faisait ses premiers pas sur le premier réseau mondial de communication politique, et cela suppose évidemment des intentions cachées pour une telle personnalité.

Malala, le symbole de la lutte féministe. (©Flickr/Brunosan)

Malala semble gérer à la perfection l’art du community management : elle fait sa propre com’, et ne divulgue jamais trop sa vie privée, juste ce qu’il faut pour attiser l’engouement des followers.

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Future candidate à l’élection présidentielle ?

Avec cette nouvelle activité 2.0, Malala refait surface à une période très précise : au Pakistan, le Premier ministre Nawaz Sharif pourrait être destitué par la Cour suprême, pour une affaire de corruption et d’enrichissement illégal. La bataille judiciaire pourra être longue, mais bouleverse déjà le paysage politique et l’avis des sympathisants. Surtout qu’au même moment, les partis politiques préparent déjà la prochaine élection présidentielle qui aura lieu dans moins d’un an. “J’ai l’impression que son projet a toujours été de devenir une personnalité politique. Elle reste jeune donc elle n’a peut-être pas l’envie de candidater à des élections maintenant, mais elle a désormais tous les outils médiatiques pour se lancer”, analyse Virginie Dutoya, chercheuse au CNRS, spécialisée sur la représentation des élites politiques au Pakistan, et de la place des femmes.

Twitter lui servirait donc d’une vitrine de son activisme, pour préparer le terrain en amont. Pour être éligible à l’Assemblée nationale pakistanaise, Malala devrait en effet être au moins âgée de 25 ans, et de 45 ans pour la présidentielle. Pourtant, ni dans les médias, ni sur son blog, Malala n’a affirmé vouloir une carrière en politique. Cette nouvelle “mission” aurait pour unique but d’aider les 130 millions de femmes déscolarisées.

Une entrée passée inaperçue au Pakistan

L’engouement des internautes a été immédiat : son premier tweet a enflammé la toile en quelques heures seulement, en générant 273 000 likes et 56 000 retweets. Pourtant, son inscription soudaine a été beaucoup moins relayée dans son propre pays que dans les médias internationaux. “Ce n’est pas une grande nouvelle dans les médias pakistanais. Je n’ai presque pas vu d’articles en parler, ce n’est pas un événement majeur pour eux”, avoue la spécialiste du Pakistan. Déjà, parce qu’une bonne partie des Pakistanais désapprouvent sa lutte. D’autres lui reprochent d’avoir quitté son pays natal pour l’Angleterre, pour échapper aux menaces de mort qui pèsent sur elle, ou encore d’être “instrumentalisée” par les médias internationaux.

En 2013, Malala est invitée à rencontrer Barack Obama à la Maison Blanche. (© Creative commons Official White House/Pete Souza)

Ensuite, parce que dans ce pays Twitter est beaucoup moins populaire que Facebook. “Twitter n’est pas forcément le média le plus indispensable à suivre quand on est politiquement engagé au Pakistan”, appuie Virginie Dutoya. Ce n’est que très récemment qu’il est devenu indispensable pour les entreprises, les activistes ou même le Gouvernement et l’ISPR, le média des forces armées pakistanaises, qui s’en sert désormais pour faire des campagnes politiques.

Retrouver l’image d’une “femme”, au lieu d’une “victime”

Twitter lui sert donc à une chose simple : montrer qu’elle est désormais “accessible”. Elle n’est pas que cet être “exceptionnel” avec un certain “aura”, ni cette “activiste engagée” qui racontait son enfance difficile sous la domination des Talibans, sur son blog hébergé par la BBC. Ni la “survivante” qui a survécu à une balle dans la tête, lors d’une tentative d’assassinat par ces fondamentalistes musulmans. Elle n’est pas que “la plus jeune lauréate” du Prix Nobel de la Paix. C’est avant tout une jeune femme.

“En étant sur Twitter, on ne la voit plus comme une petite fille, une victime, ou une icône lointaine, c’est désormais une femme politiquement engagée, une vraie actrice de la lutte pour les droits des femmes”, analyse Virginie Dutoya, spécialiste du Pakistan.

Désormais plus “humaine”, Malala pourrait néanmoins avoir perdu sa particularité, cet “aura”. “J’aimais son côté “mystique”, mais elle l’a peut-être perdu”, déplore Bina Shah, qui craint qu’elle ne devienne une fille comme les autres.

On sent d’ailleurs un léger essoufflement dans ses derniers tweets : après des centaines de likes, ses publications n’en génèrent plus qu’une dizaine. “Twitter ne jouera pas en sa défaveur, il va renforcer la légitimité qu’elle avait déjà”, certifie de son côté Vigirnie Dutoya.

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Après 6 mois à la tête des Etats-Unis, quel bilan pour Donald Trump ?

Donald Trump rencontrant les sénateurs pour parler de la nomination de Neil Gorsuch à la Cour Suprême Washington, DC, le 9 février, 2017.
(© Nicholas Kamm / AFP)

Donald Trump est-il un génie de la communication ? A voir comment ses agitations médiatiques et ses poignées de mains insistantes avec les chefs d’Etats du monde entier couvrent le fait qu’il ne mène à bien que très partiellement les grandes réformes qu’il a promises, on pourrait croire que oui. Alors que le 45e président américain a été élu il y a six mois, son bilan se résume surtout aux affaires qui lui collent à la peau – des soupçons d’ingérence russe dans son élection –, et à ses attaques répétées contre les médias accusés de répandre des “fake news”. D’ailleurs, CNN s’est fendu d’une alerte cinglante et éloquente à ce propos : “En 6 mois, le président Trump a tweeté 991 fois, a passé 40 jours dans les golfs qu’il possède, et a passé 0 réforme majeure”. Voyons tout de même en quelques points ce qu’on peut retenir de ces six mois particulièrement chaotiques pour un début de mandat.

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 Le ministre de la Justice attaqué 

Le milliardaire de 71 ans a tout d’abord eu maille à partir avec la justice, en raison de soupçons de collusion entre des membres de son équipe de campagne et des responsables russes. Ce qui l’a conduit à s’en prendre à son ministre de la Justice, Jeff Sessions, pourtant un de ses fidèles, dans une interview au New York Times le 19 juillet. “Sessions n’aurait jamais dû se récuser, et s’il voulait se récuser, il aurait dû m’en parler avant d’accepter le poste et j’aurai pris quelqu’un d’autre”, a déclaré le président, humiliant son ministre. En cause, la décision de Jeff Sessions, en mars dernier, de se retirer de toute enquête sur l’ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle (alors que son poste lui permettait de superviser le FBI). Après ce coup de massue, le ministre a annoncé qu’il ne démissionnerait pas pour autant.

Le directeur du FBI, James Comey, limogé

Trump a limogé en mai dernier le directeur du FBI, James Comey. En cause, officiellement, sa mauvaise gestion de l’affaire des e-mails d’Hilary Clinton. “James Comey sera remplacé par quelqu’un qui fera un bien meilleur travail, pour retrouver l’esprit et l’éclat du FBI”, a assuré le président américain sur Twitter.

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Mais James Comey était aussi chargé de l’enquête sur les relations occultes entre des membres de l’administration Trump et la Russie. L’ex-candidat démocrate défait à la primaire pour la présidentielle, Bernie Sanders, a fait part de ses inquiétudes suite à ce licenciement :

“Il est clair que, la personne choisie par le président Trump pour diriger le FBI, quelle qu’elle soit, ne pourra pas mener l’enquête sur la Russie de manière objective. Nous avons besoin d’une enquête indépendante sur les liens entre la campagne de Trump et la Russie.”

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>> A lire aussi : FBI vs Trump : en route vers la destitution du président des Etats-Unis 

Le fils de Donald Trump interrogé par le Sénat 

Autre rebondissement dans cette affaire, le fils aîné de Donald Trump, Donald Trump Junior (ça ne s’invente pas), doit être interrogé par le Sénat la semaine prochaine. En effet, il a avoué avoir participé à une rencontre avec une avocate russe en juin 2016, pour tenter d’obtenir des informations potentiellement compromettantes sur Hillary Clinton.

Des trolls d’extrême droite accrédités à la Maison Blanche

Trump a fait entré dans le vocabulaire courant le terme “fake news”. Et de manière parallèle à ses attaques répétées contre les grands médias, il a fait entrer à la Maison Blanche des trolls d’extrême droite, comme Lucian Wintrich. Leur mission est simple : défendre Trump et déstabiliser la presse traditionnelle, comme nous vous le relations dans notre enquête.

Un comportement cavalier avec le Montenegro, et des batailles de poignées de mains

Sur la forme, le premier semestre du mandat de Trump est évidemment marqué par une gestuelle qui a suscité beaucoup de commentaires. Notamment son fameux “handshake”, devenu une arme diplomatique. Longue et humiliante avec le Premier ministre japonais :

Absente avec Angela Merkel :

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Retenons également son “tassage” du chef d’Etat du Montenegro lors du sommet de l’Otan à Bruxelles en mai :

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Mais peu de réformes sur le fond

Sur le fond, le bilan de Trump est très mitigé, malgré une com’ bien rodée. En effet, le président a essuyé deux camouflets majeurs. La réforme de la santé a échoué pour l’instant, et l’Obamacare n’a pas été abrogé, faute d’avoir convaincu assez de sénateurs (pourtant à majorité républicaine). D’autre part son décret anti-immigration n’a obtenu de la Cour suprême qu’une application partielle, et il n’a pas obtenu d’accord pour financer le mur qu’il veut construire à la frontière avec le Mexique. En revanche, Trump a bel et bien fait passer un décret anti-immigration contre six pays musulmans.

Quelques “succès”

Au nombre des “succès” de Donald Trump, on peut retenir la nomination d’un juge conservateur à la Cour suprême (Neil Gorshuch), et la bonne santé de l’économie. Il relaye d’ailleurs sur Twitter ce graphique de Fox News :

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“En juste six mois en poste, le président Trump a engagé l’action historique d’éliminer des réglementations inefficaces et coûteuses ayant entravé les Américains travaillant dur”, défend l’exécutif.

D’autre part, Trump a annoncé qu’il se retirerait de l’accord de Paris sur le climat. Ce retrait ne sera cependant pas réel avant la prochaine présidentielle, en 2020.

Enfin, en matière de lutte contre l’organisation Etat islamique, le président américain se targue de l’avoir fait reculer. Il s’est d’ailleurs rendu au Pentagone ce 20 juillet pour s’en féliciter. “Nous faisons très bien contre l’EI. L’EI tombe vite, très vite”, a-t-il soutenu.

Après six mois, Donald Trump est cependant le président américain le plus impopulaire depuis 70 ans d’après un sondage ABC News-Washington Post : il aurait un taux d’opinions favorables de seulement 36%. Une “fake news”, évidemment :

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Les élections de mi-mandat, qui auront lieu l’année prochaine, diront si la stratégie de M. Trump s’avère payante politiquement…

>> Lire aussi : Les sept répliques à retenir de l’interview sidérante de Donald Trump au “NY Times” <<

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