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Angleterre: la mort des baby-boomers peut-elle empêcher le Brexit ?

Helena a 77 ans, Aneeqa est au lycée. Helena est en guerre contre ce qu’elle présente comme la tyrannie du “politiquement correct” et n’attend qu’une occasion de pouvoir interpeller ceux qui gouvernent son pays ; Aneeqa critique ses condisciples qui soutiennent le Brexit par peur de l’immigration, y compris sa mère pakistanaise. Helena a sans doute voté pour le départ de la Grande-Bretagne de l’Union européenne ; Aneeqa aurait probablement voté contre, si elle avait eu l’âge. Helena et Aneeqa sont deux des personnages de Middle England, le dernier roman de Jonathan Coe, paru début novembre outre-Manche. Le troisième épisode de sa trilogie dite des “enfants de Longbridge” (après Bienvenue au club, en 2001, et Le Cercle fermé, en 2004), où l’auteur de Testament à l’anglaise brosse le portrait des divisions sociales et générationnelles de l’Angleterre des années 2010, du départ du dernier Premier ministre travailliste en date Gordon Brown, en 2010, jusqu’au Brexit.

Des divisions que l’auteur, âgé de 57 ans, soulignait, début décembre, à l’occasion d’une rencontre avec ses lecteurs anglophones à la librairie parisienne Shakespeare and Company : “Je me suis surpris à développer moi-même un genre d’‘âgisme’ récemment dont j’essaie de me défendre. Je crois que 75 à 80% des plus de 65 ans, non seulement ont voté pour le Brexit mais sont nombreux à défendre dans les sondages des mesures de type autoritaire comme le rétablissement de la peine de mort ou la baisse de l’immigration. On peut dire ce qu’on veut des millennials mais j’ai un certain espoir en leur capacité, une fois que nous aurons évacué la scène, à régler un peu les choses. Une des nombreuses ironies du Brexit est ce que les sondeurs appellent le ‘jour du basculement’ : même si personne ne change d’avis sur son vote de 2016, par le simple effet de la démographie, début 2019, le Royaume-Uni sera un pays ‘Remain’, deux mois avant notre départ.”

Le jour du basculement

Ce “jour du basculement” est un des angles d’analyse fascinants du débat sur le Brexit, qui plonge une nouvelle fois l’Angleterre dans la tourmente politique depuis quelques semaines avec notamment un vote infructueux de défiance envers la Première ministre conservatrice Theresa May, ce mardi. Depuis la fin janvier 2018, quand on demande par sondage aux Britanniques si leur pays a eu raison de voter son départ de l’Union européenne, le oui est constamment minoritaire (44% ou moins) même si le non ne dépasse jamais la majorité absolue en raison des indécis. Ce qu’on appelle le “Bregret”, le regret du Brexit, a atteint un niveau record dans un sondage publié il y a dix jours par l’institut YouGov : 38% des sondés y affirment que le vote du 23 juin 2016 était le bon, 49% que c’était une mauvaise idée. Ces chiffres peuvent bien sûr fluctuer en fonction de l’actualité et de l’évolution des négociations entre le Royaume-Uni et les 27. Mais ce que nous enseigne le “jour du basculement”, c’est que de toute façon, la majorité du 23 juin 2016 n’existera bientôt plus physiquement.

>> A lire aussi : Comment le Brexit a relancé le rock contestataire en Angleterre

Le concept a été ébauché ces derniers mois par un chroniqueur politique et ancien sondeur, Peter Kellner. Ce dernier constate qu’entre les décès d’électeurs âgés (chaque jour, le Royaume-Uni voit mourir 1 400 habitants âgés de plus de 65 ans, qui ont voté aux deux tiers “Leave”) et l’arrivée en âge de voter des jeunes adultes (chaque jour, un peu moins de 1 900 habitants du Royaume-Uni fêtent leurs 18 ans, or les 18-24 ans ont voté aux trois quarts “Remain”), la seule démographie est défavorable au Brexit, même si absolument aucun électeur ne changeait d’avis. “Elle réduit chaque jour la majorité du Leave de 1 350 voix, soit près d’un demi-million par an, écrivait-il en septembre. Le jour du basculement, celui où le ‘Remain’ passe en tête, tombe le 19 janvier. Le 29 mars, le jour où le Royaume-Uni est censé quitter l’Union européenne, la majorité du ‘Remain’ sera de près de 100.000 voix. […] Cela signifie que le 29 mars, il sera difficile d’argumenter que la vision gravée dans le marbre des électeurs britanniques, c’est que le Brexit doit avoir lieu.”

“Tant qu’il y a de la mort, il y a de l’espoir”

Le vote en faveur du Brexit, qui variait de quarante points selon la classe d’âge, a révélé une fracture démographique rare dans une grande démocratie occidentale. Aux États-Unis, l’amplitude du vote en faveur de Trump selon l’âge ne dépassait pas dix-huit points. En France, lors des référendums européens de 1992 et 2005, le vote “oui” ne variait que de cinq à quinze points selon la génération. Sans surprise, les opposants au Brexit se sont donc emparés de cet argument. Parfois maladroitement, comme l’eurodéputé travailliste Richard Corbett, qui a fait polémique en lâchant début novembre : “Comme me l’a dit quelqu’un en blaguant : tant qu’il y a de la mort, il y a de l’espoir.”

>> A lire aussi : Brexit : “Il y a un chaos institutionnel effrayant au Royaume-Uni” 

Son camarade de parti Paul Farrelly a lui interpellé Theresa May à la Chambre des communes le 26 novembre en lui demandant pourquoi elle avait peur d’offrir “aux millions de jeunes gens” qui fêteront leur majorité d’ici la fin 2020 “un moyen d’expression direct sur les dispositions vis-à-vis de l’Europe qui vont affecter leur futur”. Fin de non-recevoir de la Première ministre : “À n’importe quel moment, on peut arguer du fait qu’un groupe de jeunes gens a atteint l’âge de voter. À n’importe quel moment, il serait alors possible de dire qu’il faut un nouveau vote.” Sauf que, rétorquent ses opposants, il n’y que dans le cas du référendum qu’on refuse aux électeurs la possibilité de confirmer ou déjuger leur premier vote, alors que quand ils élisent leurs députés, ils savent que ceux-ci reviendront devant eux quatre ou cinq ans plus tard. Le 1er janvier 2021, jour prévu pour la sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Brexit viendra de fêter ses quatre ans et demi.

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Blessé le 8 décembre : “Si ma main n’avait pas pris cette balle, c’était mon front ou mon œil”

Marien tient d’abord à mettre les choses au clair : sa blessure n’est pas la pire qui soit. Samedi 8 décembre, alors qu’il manifestait aux côtés des “gilets jaunes” (sans pour autant en porter un) à Bordeaux, il n’a eu “qu’une” double fracture à la main droite, due à un tir de flashball. “Je m’en sors bien par rapport à d’autres”, affirme ce jeune homme de 27 ans qui travaille dans une agence d’urbanisme. Sur les photos qu’il nous envoie, des doigts bleutés et gonflés dépassent du bandage qu’on lui a mis à l’hôpital. Il s’en tire avec une immobilisation de la main pendant six semaines minimum, et doit revoir un chirurgien dans les jours qui viennent : “Il n’est pas encore sûr qu’il ne faille pas opérer”, confie-t-il. Un manifestant de 26 ans, également présent ce jour-là et dont Libé a recueilli le témoignage, ne peut pas en dire autant : il a eu la main arrachée par une grenade lancée par les forces de l’ordre, qu’il pensait composée de simple gaz lacrymogène.

Marien, lui, n’est pas mutilé. Mais alors que les images des affrontements qui ont opposé “casseurs” et forces de l’ordre en fin de journée dans l’hypercentre de Bordeaux ont tourné en boucle, véhiculant l’idée que les nombreux blessés l’ont en quelque sorte bien cherché, il tient à rectifier la vérité. S’il a “ses idées” – de gauche -, Marien n’est pas un élément incontrôlé, ni un adepte du cortège de tête. Ce jour-là, “la violence a été provoquée par un usage disproportionné de la force de la part des CRS, qui étaient dans une posture offensive”, nous dit-il.

(courtesy Marien)

“On a été choqués par la quantité de grenades lacrymogènes”

Il est 15 h 30 quand Marien débarque place Pey-Berland, près de l’Hôtel de Ville, avec ses parents de passage à Bordeaux pour le week-end. C’est sa première manifestation des “gilets jaunes”, et il vient davantage “par curiosité” et “en soutien” que par identification au mouvement, qu’il souhaite mieux connaître. La manif’ converge dans le calme avec la marche pour le climat, quand une grêle de grenades lacrymogènes est lancée sur la foule. Après la journée tumultueuse du 1er décembre, les forces de l’ordre semblent avoir opté pour une stratégie plus dissuasive. Comme l’explique Mediapart, le changement de stratégie du ministre de l’intérieur “a conduit les policiers à aller ‘au contact’ des manifestants”. Aveuglés et suffoqués par la nuée, Marien et ses parents déguerpissent. “On a été choqués par la quantité de grenades lacrymogènes, alors qu’il n’y avait aucune confrontation, rapporte Marien. Mes parents ne viennent pas d’un centre urbain, ils avaient une vision des choses biaisée par ce qu’ils voyaient dans les médias. Cette expérience a changé radicalement leur point de vue”.

Vers 18 h 30, le jeune homme et son père tentent une nouvelle excursion en ville : “On voulait discuter avec les gens, nous n’avions ni gilet jaune ni masque. On était pacifiques, de simples observateurs”. Mais l’ambiance a changé. Sur la place de la République, des barricades ont été érigées. Les CRS tentent de les démanteler. Marien et son père s’en écartent, et se retrouvent au niveau de l’arrêt de tram’ Musée d’Aquitaine, où l’atmosphère est plus respirable : “L’essentiel des gens étaient là, dans une assez bonne ambiance. Ils chantaient la Marseillaise, ça faisait assez ambiance rugby”, décrit Marien.

“J’allais passer ma main dans mes cheveux, quand j’ai reçu l’impact de la balle”

Alors qu’ils entament la conversation avec quelques “gilets jaunes”, les CRS chargent des deux côtés du cours Pasteur, créant un mouvement de foule. Les manifestants battent en retraite sur le cours Victor Hugo. C’est là, alors qu’il est à “100 ou 200 mètres” des CRS, derrière plusieurs rangées de “gilets jaunes”, et sur le bord de la chaussée, que Marien reçoit une balle de Flash-Ball (un lanceur de balle de défense ou LBD). Il détaille la scène : “J’allais passer ma main dans mes cheveux, quand j’ai reçu l’impact de la balle. J’étais complètement sonné. J’ai ressenti une douleur extrême. Je suis parti dans une petite rue, et j’ai fait un malaise vagal. Des gilets jaunes m’ont apporté de l’eau. Au bout d’une ou deux minutes, ma main était violette, elle gonflait. Je suis rentré, j’avais le bras paralysé. J’ai fait une radio aux urgences de l’hôpital Saint-André, qui a montré deux fractures, à l’annulaire et à l’auriculaire. Si ma main n’avait pas pris cette balle, c’était mon front ou mon œil”.

Les tirs de munition en caoutchouc, destinés à disperser la foule, sont pourtant interdits au niveau de la tête. Pourtant, une demi-douzaine de manifestants ont été grièvement blessés au visage par des balles en caoutchouc rien que sur les Champs-Élysées à Paris, parmi lesquels deux étudiants. Comme l’explique le chercheur et militant anti-sécuritaire Mathieu Rigouste, auteur de La Domination policière, “théoriquement les policiers n’ont pas le droit [de viser le visage, ndlr], mais ces pratiques sont instituées historiquement dans le mode d’intervention et la formation ‘par le terrain’ des unités de BAC. (…) Lorsqu’on déploie toutes les unités BAC de Nuit de banlieue le 8 décembre 2018 en les dopant avec un discours martial faisant peser sur leurs agents la menace d’être tués, il n’y a pas besoin de leur donner de consignes pour blesser, on sait très bien à quel régime de violence on donne la possibilité d’exister”.

“On ne se sent plus protégés”

Selon Marien, au moment où il a été touché, la situation n’avait pas atteint le niveau de tension connu plus tard dans la soirée dans l’hyper-centre de Bordeaux. “Je sais que ce n’était pas une manifestation réglementée, mais il n’y avait pas de violence”, martèle-t-il. Ce 12 décembre, après avoir laissé passé quelques jours, le temps de digérer, il est allé au commissariat porter plainte. Il voudrait que l’Etat soit mis en cause. Finalement, ce sera une plainte “contre X”. Comme il le craignait, les policiers l’ont reçu sans cacher leur sarcasme ni leur hostilité : “On m’a bien fait comprendre qu’on ne me croyait pas, qu’au mieux j’étais simplement un ‘dommage collatéral’, et que ma plainte ne servait à rien. Je sentais clairement un jugement moral de la part du policier”, résume-t-il. Il tenait pourtant à le faire, même symboliquement, pour que l’on sache que les blessures ne se réduisent pas au face-à-face médiatique omniprésent entre “policiers héroïques” et “casseurs” : “Il y a des blessés comme moi qui n’ont pas demandé grand chose. Une ligne a été franchie par les forces de l’ordre. On ne se sent plus protégés”.

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Les photographes chinois sous haute surveillance : reportage et témoignages d’artistes dans le viseur

Ne cherchez pas Lianzhou sur une carte de la Chine, vous resteriez bredouille. Pour accéder à ce petit village de 500 000 âmes (une goutte d’eau à l’échelle du pays), quatre heures de route sont nécessaires pour s’éloigner de Canton, au Nord, la mégalopole aux imposants gratte-ciel. 250 kilomètres d’un trajet sinueux jalonné de montagnes en pain de sucre et d’une épaisse fumée provenant de l’agriculture sur brûlis.

Sur place s’offre alors une ville hors du temps dont les ruelles déglinguées restent sillonnées par des tuk-tuks. Ici, les salades pendent aux balcons non loin de la dernière lessive et l’on mange encore du chien. C’est dans cette cité populaire que se tient, depuis 2005, l’un des plus prestigieux festivals de photographie de l’empire du Milieu.

La veille, une centaine d’œuvres avait fait les frais de la censure

Cette prouesse est l’œuvre de la Chinoise Duan Yuting à qui l’on doit l’ouverture, dans cette même ville, du premier musée public de la photographie du pays qu’elle codirige avec le Français François Cheval, ex-directeur du musée Nicéphore-Niépce.

Samedi 1er décembre, lors de l’inauguration de cette quatorzième édition du Lianzhou Foto Festival, cette femme d’une combativité à toute épreuve portait pourtant le masque des mauvais jours. La veille, une centaine d’œuvres avait fait les frais de l’impitoyable censure chinoise : coups de marqueur au mur, cadenas aux portes ou bien encore salles aux murs immaculés.

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En Espagne, le salaire minimum va augmenter de 22%

Un pays riche ne peut pas avoir de travailleurs pauvres” : c’est ainsi que Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a justifié l’augmentation du salaire minimum national de 22,3% en 2019. De 637€ actuellement sur 14 mois, son montant va atteindre 900€, ce qui équivaut à 1050€ étalés sur une année. Cela correspond à la plus forte hausse du salaire minimum adoptée depuis 1977. Selon des chiffres tirés d’une étude datée de février 2018, l’Espagne rejoint ainsi le 8e rang des salaires minimums les plus élevés de l’Union Européenne.

Au nombre de 2,4 millions – dont 700 000 travailleurs agricoles et 400 000 femmes de ménage – les emplois concernés par ce revenu représentent un peu plus d’un dixième des travailleurs espagnols en 2018, et sont occupés majoritairement par des femmes. Ils correspondent à des milieux divers : emplois de commerce et de garage automobiles, postes administratifs et d’hôtellerie. Devant le Congrès mercredi 12 décembre, le chef de l’exécutif issu du PSOE, le parti socialiste espagnol, a confirmé par cette annonce l’adoption de la mesure en conseil des ministres qui se réunira à Barcelone le 21 décembre.

Alliance avec Podemos

Porté au pouvoir après une motion de censure adoptée en juin contre le gouvernement de Mariano Rajoy à cause d’un scandale de corruption, Pedro Sanchez ne bénéficie pas de la majorité pour gouverner au parlement. En octobre, il a présenté son projet de loi de finances pour 2019 conjointement avec Pablo Iglesias, le chef du parti Unidos Podemos. C’est dans ce cadre qu’a été proposée cette hausse de salaire. Le texte de l’accord sur le budget justifiait la hausse proposée par le fait que “les salaires minimums sont un outil social puissant qui peut contribuer significativement à prévenir la pauvreté et favoriser une croissance générale des rémunérations plus dynamique. Pour cela, les salaires doivent garantir aux travailleurs un niveau de vie digne et la satisfaction de leurs besoins et de leur famille”.

Sanchez, avec 85 élus sur 350, doit nécessairement trouver des alliés dans les partis politiques rivaux pour faire adopter ses réformes. En plus de Podemos, qui bénéficie de 71 élus, il a dû bénéficier du soutien des nationalistes basques et catalans pour engager ses réformes contre l’opposition des partis de droite. Lors de son discours devant le Congrès, le chef du gouvernement a insisté sur l’unité du territoire espagnol, et a abordé successivement les sujets du Brexit et de l’indépendantisme catalan. Les mesures sociales adoptées ont vocation selon lui à ressouder une population nationale divisée. Il a de fait justifié l’augmentation de salaire de la manière suivante : “Nous devons renforcer le projet commun de l’Espagne, un projet que le mouvement pour l’indépendance défie”.

Lutte contre la montée des populismes

Le fait d’avoir convaincu les partisans indépendantistes catalans de cette réforme n’est pas anodin, car ces réformes sociales ont vocation à endiguer la montée des mouvements séparatistes et populistes de tous bords. Lors du compromis passé en octobre 2018 pour la loi sur le budget, Pablo Iglesias a déclaré sur un plateau de télévision : “On peut prendre soin de l’Etat-providence et construire un modèle européen éloigné de l’austérité et des populismes xénophobes”. L’élection récente du parti d’extrême droite Vox aux élections régionales en Andalousie au début du mois, qui a remporté un peu plus de 10% des voix, est aussi un facteur d’inquiétude que la hausse du salaire minimum permettrait d’endiguer. Selon Le Monde, une dirigeante socialiste andalouse a constaté que “l’augmentation du salaire minimum à 900€ est le genre de mesures qui freinent les poussées de populisme et de xénophobie dans les zones les plus déprimées”.

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La Cour de cassation annule la condamnation du militant Cédric Herrou qui a aidé des migrants

La Cour de cassation a partiellement annulé, mercredi 13 décembre, la condamnation de Cédric Herrou, le renvoyant, ainsi que Pierre-Alain Mannoni, devant la cour d’appel de Lyon. Le premier, producteur d’olives bio de 38 ans et le second, chercheur à l’université de Nice-Sophia-Antipolis, avaient respectivement été condamnés à quatre mois avec sursis et deux mois avec sursis pour avoir apporter une aide humanitaire à des migrants. La condamnation de Cédric Herrou pour « installation sur le terrain d’autrui sans autorisation », est maintenue. Le site en question appartient à la SNCF à Saint-Dalmas-de-Tende.

Une « très grande victoire »

L’avocat des deux accusés a annoncé « une très grande victoire » et salue la reconnaissance d’une « exception humanitaire qui doit conduire à la relaxe » des deux hommes. M. Herrou a été condamné en août 2017 par la cour d’Appel d’Aix-en-Provence pour avoir « facilité la circulation et le séjour » de clandestins sur le territoire national. Il avait été arrêté un mois plus tôt à Cannes parmi 156 migrants en route pour Marseille. Il les accompagnait pour les aider à faire leur demande d’asile. C’était alors sa 6e garde-à-vue prolongée et une information judiciaire pour aide à l’immigration clandestine avait été ouverte. M. Mannoni était, quant à lui, venu en aide à trois migrantes érythréennes.

Pierre Alain Mannoni. (Photo de Yann COATSALIOU / AFP)

La loi du 31 décembre 2012 accorde l’immunité pénale à toute personne offrant une aide humanitaire désintéressée. La cour avait néanmoins décidé qu’à ses yeux ce caractère n’était pas évident dans la démarche de l’un et l’autre militants. C’est à ce titre que Cédric Herrou a déposé un recours auprès le Conseil constitutionnel qui, le 6 juillet, faisait de la devise républicaine de fraternité un principe constitutionnel. L’aide au « séjour » et à la « circulation » des migrants entrent ainsi dans la délimitation de l’exemption pénale. Ce n’est pas le cas de l’« aide à l’entrée irrégulière », toujours condamnée d’après l’article 38 de la loi du 10 septembre 2018 « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie ». C’est néanmoins sur cette loi que la Cour de cassation s’est appuyée pour rendre son avis.

La fin du « délit de solidarité » ? 

Dans cette loi est, en effet, précisé que « lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte et a consisté à fournir des conseils ou accompagnements juridiques, linguistiques ou sociaux, ou toute autre aide apportée dans un but exclusivement humanitaire », l’auteur de l’acte n’est passible d’aucune poursuite pénale.

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[Vidéo] « Fils de pute », « Dans ta gueule »: quand la police crie de joie en tirant sur les « gilets jaunes »

« Dans ta gueule », « fils de pute », « Bouyaka »…. Les images font froid dans le dos. Lundi 10 décembre C à vous (France 5) diffusait une vidéo dans laquelle on voit des membres de la BAC tirer au flashball sur des manifestants tout en hurlant de joie des insultes. Situé à quelques mètres un groupe de « gilets-jaunes » se trouve coincé face à ces policiers par une barrière, dans une rue de Paris. Plus effrayant encore, l’un des membres de force de l’ordre crie « a voté » lorsque qu’il atteint sa cible avec son flashball.

264 personnes blessées

Samedi 8 mars, selon le ministre de l’Intérieur, 125 000 manifestants ont été recensés dans toute la France, dont 10 000 à Paris. Avec un dispositif exceptionnel, 89 000 policiers ont été déployés dans toute la France. Au moins 264 personnes ont été blessées dont 39 membres des forces de l’ordre, selon les données de l’Intérieur. Depuis plusieurs jours maintenant, journalistes, lycéens et manifestants témoignent de leurs blessures commises par des flashballs.

Selon les instructions signées du directeur général de la police nationale, les lanceurs de balles de défense peuvent être utilisées lors d’un attroupement susceptible de troubler l’ordre public « en cas de violences ou voie de faits commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si les forces de l’ordre ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent », rapporte Le Monde. Le tireur doit viser uniquement le torse ou les membres supérieurs.

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