La France insoumise rassemble ses partisans contre la réforme du code du travail

La liberté qu’ils veulent est celle du renard dans le poulailler” lance Eric Coquerel, député de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis, en conclusion de son intervention. A partir de 18h30, les députés de la France insoumise épaulés par des figures du mouvement et des syndicalistes se sont relayés pour dénoncer ce qu’ils qualifient de “coup d’Etat social“.

“Nous sommes fiers d’être appelés tribuns du peuple”

En plus du meeting parisien, une centaine de rassemblements se tenaient partout en France, réunissant 200 personnes à Rennes, 600 à Toulouse, etc. La démarche est claire : engager un travail de mobilisation pendant l’été et la porter jusqu’en septembre. La France insoumise avait déjà organisé un rassemblement place de la République le 3 juillet dernier, jour de la convocation par le président de la République des parlementaires au Congrès qui s’est tenu à Versailles.

Jean-Luc Mélenchon, président du groupe FI à l’Assemblée a prévenu : son mouvement portera la voix de la contestation tout l’été jusqu’à la manifestation appelée par les syndicats le 12 septembre. En plus du travail parlementaire, l’ex-candidat à l’élection présidentielle qui avait recueilli 19,6% des voix, a annoncé que des “caravanes insoumises” sillonneraient les quartiers comme elles l’avaient déjà fait l’été dernier. L’objectif ? Opérer un travail de “conscientisation” autour des enjeux de la loi d’habilitation actuellement débattue à l’Assemblée Nationale, qui doit permettre au gouvernement de légiférer par ordonnances.

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“18 millions de personnes vont voir leur situation changer dans 3 millions d’entreprises” déclare Jean-Luc Mélenchon avant de détailler les implications concrètes de l’inversion de la hiérarchie des normes et la substitution de ce qu’il qualifie de “principe de défaveur” au principe de faveur qui existe actuellement. Contre la primauté de la loi sur les accords de branche, et la primauté de ceux-ci sur les accords d’entreprise, le gouvernement souhaite consacrer la primauté de ces derniers sur le reste ; ce que dénonce le leader de la France Insoumise, qui considère que la prévalence des “accords micro-locaux” sur la loi va “rayer d’un trait de plume” l’héritage des conquêtes sociales de 1936, 1968 ou 1981.

“L’ordre public social va être totalement renversé après-demain soir quand sera intervenu le vote sur les ordonnances.”

Un pied dans la rue, un pied dans les institutions

En guise d’introduction, Charlotte Girard, a présenté la stratégie dite du “dedans-dehors” : les députés mènent d’une part une bataille parlementaire contre le projet de loi du gouvernement – ils revendiquent notamment le dépôt de 132 amendements sur les 200 enregistrés – et en appellent à la mobilisation populaire d’autre part.

Les députés se relaient donc pour prendre la parole et regagnent les bancs de l’Assemblée sitôt leur intervention achevée… un roulement parfois mal calibré comme l’admet François Ruffin en ouverture de son discours : “Bon je suis là pour meubler, les autres sont en retard, c’était pas prévu”.

La volonté affichée est donc de ne pas se couper du mouvement populaire et de considérer le groupe parlementaire comme une émanation de celui-ci. Jean-Luc Mélenchon précisait dans son discours du 3 juillet : Il faut que vous vous prépariez à agir en interaction avec vos parlementaires, qu’il y ait une osmose entre le mouvement de masse et la représentation politique que nous sommes”.

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