Quelle est l’origine de l’incendie qui a dévasté le Portugal ?

Un incendie s’est déclaré samedi 17 juin au Portugal, dans la région de Leira. (AFP PHOTO / MIGUEL RIOPA)

Il a suffi d’un arbre. D’un seul arbre touché par la foudre, pour déclencher l’incendie le plus dévastateur de l’histoire récente du Portugal. Ces flammes immenses qui ravagent le Portugal depuis samedi 17 juin, faisant un bilan d’au moins 62 morts, et des centaines de pompiers toujours mobilisés ce lundi, ont été déclenchées de manière naturelle.

Tout serait parti d’un “orage sec”, a affirmé dimanche la police judiciaire, qui enquête sur les causes de l’incendie. La piste criminelle a donc très vite été écartée. Un arbre aurait été touché par la foudre samedi peu avant 15 heures (16 heures à Paris) dans la commune de Pedrogao Grande. “Nous avons trouvé l’arbre frappé par la foudre”, a même précisé son directeur national, Almeida Rodrigues.

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Un “orage sec” à l’origine de la catastrophe

Contrairement à un orage classique, un orage sec ne produit que très peu de pluie. Dès qu’un arbre est touché par la foudre, celui-ci prend instantanément et le manque de précipitation rend très difficile la maîtrise des flammes. Le feu se serait propagé très rapidement, puisque le Portugal est en alerte canicule depuis le 14 juin. Samedi, les températures ont dépassé les 40 degrés dans certaines villes.

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Cette région très montagneuse du district de Leiria est notamment recouverte de pins et d’eucalyptus, qui étaient alors tous très secs. Si le feu n’était au départ que de faible intensité, des “vents incontrôlés” l’ont transformé en “incendie impossible à contrôler”, a précisé le secrétaire d’État pour les affaires intérieures, Jorge Gomes.

Les flammes, attisées par ces vents très violents, se sont rapidement étendues sur quatre fronts dans les collines entre les villages de Pedrogao Grande, Figueiro dos Vinhos et Castanheira de Pera. Les flammes dépassaient très largement la hauteur des arbres, rendant les conditions “imprévisibles”, a précisé le président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa. “Ce qui a été fait est le maximum de ce qui pouvait être fait”, a-t-il ajouté.

L’alerte canicule prise à la légère ?

Pourtant, comme le souligne Le Monde, de nombreux riverains dénoncent le manque d’entretien de ces forets et une possible défaillance dans le protocole de sécurité enclenché lors des canicules. Pour eux, “tout” n’a pas été fait pour empêcher la propagation des flammes, rapporte le journal. “Excusez-nous président, mais face à la plus grande de nos tragédies, nous ne pouvons pas continuer à dire ce n’était pas possible de faire plus””, indique le journal local Publico, dans son éditorial.

L’inflammabilité de ces zones rurales très isolées, pleine de végétation et d’arbres, est en effet bien connue. Le Portugal est même l’un des pays d’Europe les plus exposés aux incendies, et a déjà connu de nombreux épisodes, comme en 2016, où 100 000 hectares avaient été dévastés sur l’île de Madère. Malgré le plan d’évacuation mis en place dès le samedi, de nombreuses personnes ont trouvé la mort sur les routes, piégées dans leurs voitures.

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. “L’incendie a atteint une dimension de tragédie humaine jamais connue jusqu’ici”, a annoncé le Premier ministre, Antonio Costa. Lundi matin, plus de 900 pompiers, 304 véhicules et un Canadair étaient toujours sur place pour tenter d’arrêter l’incendie.

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