Une fourgonnette fonce sur la foule à Barcelone, faisant de nombreux blessés

Barcelone, juste après l’attaque, le 17 août 2017 (JOSEP LAGO / AFP)

L’Espagne est à nouveau endeuillée. Ce 17 août, une fourgonnette a percuté la foule de plein fouet sur les Ramblas – l’avenue la plus densément fréquentée de Barcelone – sur plus de 530 mètres. Elle a renversé de nombreux piétons. Il y aurait au moins 20 blessés et deux morts, d’après le live d’El Pais. Le service de communication de la police catalane a alerté sur Twitter à 17h20 : “Collision massive sur les Ramblas de Barcelone menée par une personne à bord d’une camionnette, plusieurs blessés”. 

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Plusieurs ambulances et des policiers se sont rendus sur les lieux immédiatement. La police a diffusé un message invitant les personnes à “éviter la zone des Ramblas pour ne pas entraver le travail des services d’urgence”. 

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De source policière, il s’agirait d’une “attaque terroriste”. D’après El Pais, les sources officielles ne connaissent cependant pas encore les motivations du conducteur.

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Un journaliste d’El Pais a filmé la police en train de fermer l’accès aux Ramblas sur la Plaza Catalunya.

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L’auteur de l’attaque n’a pas encore été arrêté, mais la police le recherche activement, comme on peut le voir sur cette vidéo :

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Par respect pour les familles des victimes, la police nationale a appelé à ne pas diffuser les images des blessés.

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La police catalane fait était de “morts et de blessés” après l’attaque, sans donner de bilan plus précis, mais précise : “Il n’y a pas eu de tirs”. Les services d’urgence  demandent aux personnes présentes sur les lieux d’utiliser les réseaux sociaux pour communiquer et rassurer leurs proches, afin de “libérer les lignes téléphoniques”

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La police de proximité a-t-elle une chance de faire son retour d’ici la fin de l’année ?

Des policiers à Bobigny, le 16 février 2017, jour d’une manifestation demandant justice pour Théo (Philippe Lopez / AFP)

Le sujet est tellement inflammable que Gérard Collomb a dû lui trouver un nouvel avatar sémantique. Ce 15 août dans Le Figaro, le ministre de l’Intérieur a annoncé la mise en place d’une “police de sécurité du quotidien” d’ici la fin de l’année. Les mots ont changé, mais pas la chose : c’est bien d’une nouvelle police de proximité qu’il s’agit. Objectif, énoncé dans le programme d’Emmanuel Macron : “Construire avec les élus de terrain, avec la population et l’ensemble des acteurs les solutions de sécurité”.

Mise en place par Lionel Jospin en 1998, la police de proximité avait été supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003. L’ancien président de la République, alors ministre de l’Intérieur, avait scellé son destin d’une phrase qui avait marqué les esprits, en s’adressant aux policiers : “Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux. Organiser des matchs de rugby pour les jeunes du quartier c’est bien, mais ce n’est pas la mission première de la police”.

Pour une partie de la droite aujourd’hui, ce dispositif est donc marqué au fer rouge : “C’est la réussite symbolique de Nicolas Sarkozy : il a insinué dans l’opinion, et dans les têtes des policiers, l’équation selon laquelle : ‘police de proximité = police des faibles = police des gentils = police inefficace’. D’où le besoin de Gérard Collomb de trouver une alternative dans le vocabulaire”, explique Jacques de Maillard, professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin, co-auteur en 2015 de Sociologie de la police. De fait, le député LR Eric Ciotti est déjà vent debout contre cette réforme, qu’il considère comme “une vieille lubie de la gauche”, et le député FN Sébastien Chenu a demandé au gouvernement “des explications” à ce propos.

“Une demande de meilleure relation au quotidien avec la population”

Alors que le ministre n’a précisé ni le budget ni les effectifs qui seront alloués à ce dispositif, qui fait partie des engagements d’Emmanuel Macron, sa mise en pratique d’ici fin 2017 est-elle vraiment crédible ? Tout dépendra d’abord de sa réception chez les policiers. Par le passé, les réticences des syndicats ont entravé sa réalisation : “Quand la police de proximité a été lancée en 97 et mis en place en 99, la hiérarchie des syndicats a été profondément hostile à cette idée, parce qu’ils préféraient rendre des comptes à l’Etat plutôt qu’à des habitants ou des maires dont ils ne savaient pas quelle serait sa couleur politique, et que cela entraînait selon eux une confusion des rôles. Ils n’ont donc rien fait pour que cette réforme se mette bien en place”, relate Sophie Body-Gendrot, chercheuse au CNRS, auteure de Police et discriminations raciales : le tabou français.

Aujourd’hui, certaines prises de position parmi les policiers vont dans le sens de sa mise en œuvre. L’ancien directeur de la police nationale, Patrice Bergougnoux, a ainsi déclaré que l’établissement d’une police de proximité était “indispensable pour renforcer le lien de confiance entre la police et la population”. De même, un officier de police s’est prononcé pour “la nécessité du rapprochement police-population” sur le blog du chercheur Laurent Mucchielli en mars dernier. Si le syndicat Alliance se dit encore très réservé sur cette annonce, d’autres signes semblent indiquer que les policiers de base y seraient favorables.

“Les policiers ont ces derniers mois exprimé un malaise lié à leurs conditions de travail, au sentiment de ne pas être aimés de la population, de ne pas être compris par les médias, la justice, et leur hiérarchie. Mais dans ce malaise, il y a aussi la demande d’une meilleure relation au quotidien avec la population, d’une relation pacifiée, apaisée, analyse Jacques de Maillard. Les policiers expriment à la fois une demande de protection, mais aussi d’être mieux compris et de pouvoir travailler plus facilement. C’est ambivalent, mais des signes montrent qu’ils ne sont pas satisfaits de la façon dont la relation police-population fonctionne aujourd’hui.”

L’affaire Théo : “un catalyseur”

Côté citoyens, le rétablissement de la police de proximité semble faire consensus. D’après l’institut de sondages Harris interactive, 93% des Français seraient ainsi favorables à son rétablissement. Plusieurs candidats à la présidentielle avaient senti le vent tourner. Pendant la campagne de 2017, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon s’y étaient ainsi engagés. Le retentissement de l’affaire Théo n’y est pas pour rien. “Cette affaire a montré que ce n’était pas un problème individuel, mais que le modèle de police français de manière générale – basé sur l’intervention, avec des unités offensives avant tout – était mis en cause. Ça a été un catalyseur”, convient Jacques de Maillard.

De plus, les enquêtes d’opinion sur la police montrent que certaines pratiques policières en France recueillent des avis contrastés, qui plaident pour un rapprochement avec les populations. Aux questions : “La police est-elle équitable ?” et “Fait-elle un usage proportionné de la force ?”, on observe “un écart très important entre des zones HLM de Seine-Saint-Denis et le reste de la France”, constate le sociologue. Même au niveau européen, la France accuse à cet égard un retard non négligeable.

“En Europe, sur ce sujet, la police française a très mauvaise réputation. En Angleterre, la police fait son travail avec le consentement des habitants, avec l’idée de coproduction de la sécurité. Il n’en est pas question en France, où il est hors de question de voir dans les habitants des conseillers, des aides”, remarque Sophie Body-Gendrot.

“Tout dépend de la façon dont la réforme sera conduite”

Il y aurait pourtant des raisons de soutenir ce dispositif, qui d’après les études change la perception de l’action de la police, améliore la satisfaction des policiers au travail, ainsi que le sentiment de sécurité de la population. Mais pour y parvenir, un long chemin reste encore à parcourir pour le gouvernement. “Tout dépend de la façon dont la réforme sera conduite, avance Jacques de Maillard. Créer des unités spéciales sera insuffisant si on ne demande pas aux policiers de travailler autrement. Il faut définir au plus haut niveau une philosophie d’action dans laquelle les policiers se reconnaissent, et y allouer les moyens humains et financiers nécessaires”. Sans quoi, passé l’effet d’annonce, la police de proximité pourrait ne rester qu’à l’état de gadget.

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Que faut-il retenir de la première interview de Brigitte Macron ?

Brigitte Macron, le 6 juillet 2017, à l’Elysée (Andrzej / Wikimedia Commons)

C’est un évènement. Ce vendredi 18 août, Brigitte Macron fera la une de l’hebdomadaire ELLE auquel elle a accordé sa toute première interview depuis la présidentielle. L’épouse d’Emmanuel Macron a limité ses apparitions médiatiques jusque-là, restreignant ses déclarations et multipliant les déplacements sans presse.

Dans un entretien-fleuve, elle aborde son enfance, son métier d’enseignante et l’amour qu’elle porte à la littérature. Nouvelle icône de la “femme française dans le monde“, Brigitte Macron s’est assuré une apparition parfaitement maîtrisée sur fond de confidences.

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Activer la transparence de la “première dame”

Le timing ne doit rien au hasard : cet entretien intervient à un moment-clé. L’Elysée vient de révéler la mise en place d’une “communication” pour activer la transparence du rôle de la “première dame” et des moyens mis à sa disposition. Une réponse à la polémique suscitée par la pétition s’opposant à la création d’un tel statut, signée par plus de 200 000 personnes.

Première dame. Un terme que Brigitte Macron affectionne peu et ne revendique pas. “C’est la traduction d’une expression américaine, une périphrase dans laquelle rien ne me plaît”, assure-t-elle selon Le Parisien.

Elle accorde néanmoins beaucoup d’importance à son statut qui sera déterminé non pas “par une loi, mais par une charte de transparence”. “Elle expliquera que je ne suis pas rémunérée“, ajoute Brigitte Macron en expliquant que “les Français sauront désormais quels moyens sont mis à ma disposition“. Sur le site de l’Elysée seront mis en ligne ses “rendez-vous” et ses “engagements“.

Restaurer l’image du président

À l’heure où le couple présidentiel verrouille son image médiatique depuis Marseille, la parole revient à l’épouse d’Emmanuel Macron. Cette ex-enseignante est appréciée des Français et occupe une place non négligeable dans la communication de l’Elysée. Alors que le président connaît une chute de popularité, Brigitte Macron esquisse son portrait entre deux lignes. Celui d’un homme “extraordinaire“, altruiste et travailleur.

Elle évoque également ses réactions pendant l’élection présidentielle. Personne ne pensait que tout était joué dès le premier tour, souligne-t-elle.

“En fin de compte, je n’ai été vraiment déconcertée qu’un soir, celui du second tour de l’élection. Beaucoup ont cru qu’après le premier tour, nous pensions que c’était gagné. À tort. Jamais nous n’avons pensé ça. D’autant que je ne suis pas dans l’anticipation, pour moi, une chose n’existe que quand elle arrive, pas avant.”

Elle est obsédée par l’idée de ne pas nuire à l’image d’Emmanuel Macron”, déclare Erin Doherty, auteur de l’interview et directrice de publication d’ELLE, auprès de BFMTV. Une obsession assumée par celle qui déclare au sujet de son époux : “si un jour je sens que ma présence est compliquée pour sa présidence, je m’effacerai”.

“Le seul défaut d’Emmanuel, c’est d’être plus jeune que moi”

Brigitte Macron évoque immanquablement sa relation avec Emmanuel Macron. À propos de son arrivée à l’Elysée, elle estime être “habituée à ce qu’il [lui] arrive des choses extraordinaires avec Emmanuel“. Selon Le Figaro, elle ajoute également, à demi-sérieuse : “le seul défaut d’Emmanuel, c’est d’être plus jeune que moi“.

“Quand je lis des choses sur notre couple, j’ai toujours l’impression de lire l’histoire de quelqu’un d’autre. Pourtant notre histoire est si simple. […] Ce qui a pu être dit, c’est tellement rien. Bien sûr, on petit-déjeune, moi avec mes rides, lui avec sa fraicheur, mais c’est comme ça.”

Si je n’avais pas fait ce choix, je serais passée à côté de ma vie“, ajoute celle qui était jadis sa professeur de théâtre. Avant d’insister sur sa nécessaire liberté, notamment face aux contraintes de l’Elysée. “Il n’est pas né celui qui m’enfermera !

Les coulisses d’un interview “assez magique”

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Ce sont plusieurs mois de discussions et de travail en amont que clôt cet entretien avec Brigitte Macron. Erin Doherty explique avoir mené un “travail d’approche assez long” et avoir “commencé bien avant le premier tour à poser les premiers jalons“. “Il y a eu des moments où nous avons eu des silences radio alors on était un petit peu fébrile“, déclare la directrice de publication à propos des premiers contacts avec l’épouse du président.

L’interview a finalement eu lieu le 26 juillet, au cours d’un déjeuner à l’Elysée. Brigitte Macron “n’a esquivé aucune question, nous avons échangé sur absolument tout”, assure Erin Doherty avant de la décrire non sans éloge. “C’est une femme extrêmement douce, très à l’écoute. Et l’interview a été un moment assez magique, j’avoue.”

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Homophobie en prison : cette violence que l’on tait

© Fanny Michaëlis

Alban (1) a pris dix ans ferme. Il est homosexuel et séropositif. Au début de son incarcération, l’homme de 46 ans a caché son orientation sexuelle et sa maladie. Mais quelques mois après son arrivée en maison d’arrêt, alors qu’il rentre de l’infirmerie où il reçoit son traitement, son dossier médical, barré des capitales rouges “VIH”, est resté sur la table de consultation, à la vue des suivants.

Le lendemain, Alban descend en promenade. Sans sommation, il est passé à tabac par un détenu qu’il n’a jamais vu. Il est désormais catalogué “homo” et assimilé à un “pointeur” (un violeur). Terrifié, il évite la cour et se cloître dans sa cellule. La semaine suivante, il se rend aux douches. Alors qu’il se déshabille, il a juste le temps de se retourner pour voir son agresseur d’il y a quelques jours se ruer sur lui avec deux autres détenus.

Ces derniers saisissent Alban, le collent contre le mur de la douche du fond pendant que le premier tente de lui enfoncer un manche à balais dans l’anus. Alerté par les cris, le codétenu d’Alban se jette dans la bagarre offrant un sursis à ce dernier. Alban porte plainte et écrit au procureur de la République.

L’idée d’une enquête est évoquée. Mais l’agression, pourtant rapportée à l’administration pénitentiaire, n’a pas été inscrite au registre des incidents. Pas de constatation. Pas de trace. Affaire classée. Aujourd’hui, il reste plusieurs années au compteur d’Alban. Plusieurs années de craintes quotidiennes, d’insultes, de coups et de viols.  (suite…)

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“Frankenfish” : le saumon OGM va-t-il se retrouver incognito dans nos assiettes ?

© Charly Triballeau/ AFP

Il y a du sushi à se faire. L’entreprise américaine Aquabounty Technologies, qui a créé le saumon AquAdvantage ®, a annoncé qu’elle venait de distribuer 4,5 tonnes de filet de saumon génétiquement modifié sur les marchés canadiens. Et cela dans dans l’invisibilité la plus totale, puisque rien ne précise dans l’étiquetage que le produit a été génétiquement modifié.

“C’est une première mondiale, dénonce Thibault Rehn, coordinateur de Vigilance OGM, une organisation anti-OGM. Le premier animal génétiquement modifié arrive sur le marché et les consommateurs du Québec et du Canada deviendront, à leur insu, les premiers cobayes.”

En effet la réglementation canadienne n’impose un étiquetage des produits que s’ils présentent un risque avéré, comme par exemple la présence d’un allergène. Et  en mai 2016, après quatre années de tests, le ministère canadien de la Santé et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments   ont estimé que ce saumon OGM était aussi sûr que son équivalent non modifié et ont donné leur autorisation à sa commercialisation.

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25 ans de lobbying

Cette innovation gastronomique, scientifique et commerciale est en fait le résultat d’un lobbying acharné. Depuis 25 ans d’Aquabounty, presse pour faire passer dans la loi et les directives sanitaires internationales l’autorisation de créer des produits OGM destinés à la consommation humaine. Tout cela malgré les réticences des consommateurs, qui veulent savoir à juste titre ce qu’ils ont dans leur assiette, et les inquiétudes de nombreux scientifiques qui s’inquiètent de ces manipulations prométhéennes.

Quelles seront les retombées à long terme de ces produits non naturels sur la santé humaine ? Que se passera-t-il si ces créatures inédites s’échappent des éprouvettes de leurs créateurs apprenti sorciers et se répandent des les milieux naturels. Ce n’est pas pour rien que les opposants à ce “sur-saumon” l’ont surnommé “Frankenfish”.

En effet, ce poisson d’un troisième type est le résultat de l’introduction chez un saumon de l’espèce chinook de gènes issus d’un poisson assez vilain qui répond au doux nom de loquette d’Amérique (ou Zoarces americanus), et résiste admirablement au froid.

Zoarces americanus (Wikipedia cc)

Ainsi modifié, le saumon grossit beaucoup plus rapidement. Il atteint sa taille adulte entre 16 à 18 mois, au lieu de 30 mois pour un saumon d’Atlantique “normal”. Ce qui permet une diminution notable de la nourriture requise et donc une réduction d’un facteur 25 de son empreinte carbone.

Ronald Stotish, PDG d’Aquabounty basée dans le Massachusetts affirme que les risques sont nuls puisque les poissons sont stériles. Ils sont élevés dans des bassins enclavés, ce qui les protège des infections et des métaux lourds. Selon Le Monde, leurs œufs sont produits dans un centre piscicole sur la côte Est du Canada, mais ils sont ensuite élevés au Panama.

“Les poissons génétiquement modifiés sont (…) attractifs,  car ils peuvent être élevés à proximité des zones métropolitaines plutôt que d’être transportés de l’étranger, ramenant ainsi des emplois aux Etats-Unis et au Canada”, a-t-il expliqué à la revue Nature.

Boycott du “fake fish”

Les opposants à cette innovation lourde d’incertitudes sont nombreux, on s’en doute, et leur principal recours, hormis la justice et le boycott est de convaincre les distributeurs de refuser de vendre ce “frankenfish”. On trouve parmi ces réfractaires des écologistes mais aussi des politiques. Ainsi la député de l’Alaska Lisa Murkowski, un Etat qui tire un revenu important de l’élevage et de la pêche au saumon sauvage. Pour elle ce saumon AquAdvantage ® est un “fake fish” et elle a tenté vainement de le faire interdire mais espère bien persuader les consommateurs de continuer à consommer du saumon “sauvage, en bonne santé et économiquement soutenable”.

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Mais que va-t-il se passer chez nous, dans nos assiettes ? Le nouvel accord L’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Canada (CETA) qui va être appliqué “provisoirement” à partir du 21 septembre ne va-t-il pas aboutir à nous faire consommer discrètement du “Frankenfish”, sans que nous le sachions ? Vous reprendrez bien un peu de sashimi ?

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Le roman, la meilleure arme politique

Premier geste du matin : ouvrir son portable et checker les news. A l’heure où j’écris, je viens d’apprendre que la villégiature du couple Macron est “mystérieuse”, que trois cents migrants africains ont été jetés à la mer par des passeurs et que nombre d’entre eux sont morts noyés, qu’Airbnb est montré du doigt, que le nouvel amant de Rihanna est marié, que Kim est jalouse de Kylie et que la deuxième saison de The Crown sortira le 8 décembre… “Aujourd’hui, tout est plate-forme”, déclare Alan Moore dans l’entretien (lire p. 26) qu’il nous a accordé fin juillet à Northampton, en Angleterre, “et les artistes ne sont plus vus que comme des générateurs de contenus pour ces plates-formes”. Pas tous. Pas lui.

Premier geste politique contre la fragmentation du monde via les news et la simplification du langage qu’elles véhiculent : avoir signé Jérusalem, un roman de près de 1 300 pages. Une fresque folle, un tourbillon de mots et d’images oniriques pour mieux restituer tous les signes que nous apporte la vie, les lier entre eux et en faire jaillir du sens, et surtout une multitude d’histoires ; et aussi faire coïncider tous les temps, montrer qu’ils s’enchâssent et se répondent, et que nos vies et l’époque ne se réduisent pas à cet éternel “maintenant” auquel nous accule l’info.

Beaucoup de découvertes et de jeunes romanciers étonnants

On en profite d’ailleurs ici pour saluer les éditions Inculte, petites en taille mais grandes par leur courage et leur exigence littéraire, pour s’être lancées dans l’aventure de la publication d’un texte aussi pharaonique. Jérusalem s’impose sans conteste comme le roman le plus beau et le plus ambitieux de cette rentrée 2017 qui s’avère être un excellent cru : 581 romans, dont 390 français et 191 étrangers (1), qui rattraperont sans doute en librairie les ventes catastrophiques du printemps (pour cause de campagne présidentielle sous tension).

Parmi eux, beaucoup de découvertes et de jeunes romanciers étonnants. C’est pourquoi nous avons décidé de consacrer notre rubrique livres aux premiers romans : du gothique Le Presbytère d’Ariane Monnier, sur le thème de l’enfermement et de la claustrophobie – sensations que l’on éprouve de plus en plus tant on se sent piégés entre la folie de Trump, celle de Kim Jong-un et le terrorisme –, au virtuose Fief de David Lopez. Dans Fief, le jeune écrivain nous entraîne dans la lointaine banlieue parisienne, sorte de no man’s land où une bande de jeunes n’a plus que la tchatche pour sortir de l’ennui et tromper l’injonction sociétale à rester à sa place.

Joutes verbales, jeux de mots, vannes et rap : c’est le langage dans tous ses états qui est le véritable héros d’un roman qui prouve encore, si l’on en doutait, que les mots sont la meilleure des armes existentielles et politiques. Ce mois d’août, un film va d’ailleurs dans ce sens : le très attendu 120 battements par minute de Robin Campillo, plongée dans l’histoire d’Act Up, en salle le 23 août et sur lequel nous reviendrons dans notre prochain numéro. D’ici là, bonne rentrée à tous et surtout, bonnes lectures !

1. Chiffres Livres Hebdo

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Une semaine bien remplie

La Caméra de Claire de Hong Sang-soo

33es Rencontres Cinéma de Gindou
Petit village situé au nord de Cahors, Gindou accueille depuis trente-trois ans un festival de cinéma qui attire des cinéphiles de toute la France. Au programme de cette édition : un hommage à la directrice de la photographie Agnès Godard, des projections en avant-première (120 battements par minute de Robin Campillo, La Caméra de Claire de Hong Sang-soo, photo) et des reprises (Trouble Every Day de Claire Denis, Le Dictateur de Charlie Chaplin…)
ciné du 19 au 26 août, Gindou (Lot)

 

Anjelica Huston portant The Jealous Husband (vers 1940) d’Alexander Calder par Evelyn Hofer, 1976
© Estate of Evelyn Hofer/Calder Foundation New York 2017/ADAGP, Paris 2017

Medusa, bijoux et tabous
Objet ultracodifié ou subversif, précieux, bling-bling ou sado-maso, le bijou est loin d’être seulement décoratif, comme le prouve cette exposition qui rassemble plus de quatre cents pièces. Ce petit ornement est un formidable objet sociologique, marqueur des codes sociaux, instrument de pouvoir, et même objet de domination. L’exposition déconstruit ses tabous et explore ses pouvoirs subversifs.
expo jusqu’au 5 novembre au Musée d’Art moderne de Paris, XVIe

Lampe par Inga Sempé pour Wästberg © Lothaire Hucki/Villa Noailles

Festival international Design Parade
La Villa Noailles organise ce festival en deux volets : le premier à Toulon, pour l’architecture d’intérieur, le second à Hyères, pour le design. Au menu de cette 12e édition : concours, expositions et rencontres. Les œuvres des jeunes designers sélectionnés invités à présenter leur travail devant un jury de designers de renom international sont exposées à la Villa Noailles.
expo jusqu’au 24 septembre, entrée libre, à la Villa Noailles, Hyères (Var)

PJ Harvey © Maria Mochnacz

La Route du rock
Qu’il s’agisse de têtes d’affiche impressionnantes (PJ Harvey, photo, Interpol, The Jesus And Mary Chain, Ty Segall, Thee Oh Sees…) ou d’outsiders non moins convaincants (Angel Olsen, Car Seat Headrest, Alex Cameron, Helena Hauff et bien d’autres), la programmation de cette vingt-septième édition du festival La Route du rock garantit un week-end totalement démentiel. Immanquable.
musique du 17 au 20 août, Saint-Malo (Ille-et-Vilaine)

Femme étendue au soleil, 1932 — Collection particulière. Photographie Claude Germain © Succession Picasso, 2017

Picasso
Le fonds Hélène et Edouard Leclerc pour la culture accueille une rétrospective Picasso grâce à la donation de Catherine Hutin. Plus de 200 œuvres appartenant à la collection privée de Picasso y sont exposées, dont certaines n’ont jamais été montrées au public, offrant ainsi un nouveau regard sur la peinture du maître de l’art moderne. Ce sont des œuvres très intimes, en grande majorité des tableaux peuplés de portraits de femmes, que le peintre a gardées près de lui toute sa vie.
expo jusqu’au 1er novembre, FHEL pour la culture – Les Capucins, Landerneau (Finistère)

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réinformation positive